Interview : Voodoo Glow Skulls (01-1999)

Pouvez-vous nous résumer brièvement la carrière du groupe ?

Jarry O’Neill: Le groupe a commencé en 1988 avec seulement quatre membres: moi, batteur, et les trois frères Casella (Frank au chant, Eddie à la guitare et George à la basse). Le style musical était surtout punk-rock. Pendant trois ans, nous avons joué dans des garages ou dans des fêtes. En 1991, nous avons rencontré Joe à une fête, il s’est intégré au groupe et a amené, grâce au saxophone, la touche ska-punk que l’on a maintenant. Nous avons sorti quatre disques, un sur Dr Strange et les autres sur Epitaphe.

Pourquoi avoir quitté Dr Strange pour Epitaph?

JO: Nous voulions juste devenir plus importants et Epitaph nous a intéressé par sa grande distribution qui nous permettait de venir en Europe et ailleurs.

A cette époque, Dr Strange n’était pas distribué en Europe?

Jo Hernandez: Non, et c’est la principale raison qui a fait que l’on est allé sur Epitaph. Plus de gens pouvaient se procurer nos albums, mais nous ne sommes pas en mauvais termes avec Dr Strange, au contraire.

Ce disque « Who Is This ls » est celui qui s’est vendu le plus, non?

J0: Ce fut définitivement une surprise pour tout le monde. Le mec de Dr Strange a hésité longtemps pour le sortir alors que c’est le disque qu’il a le plus vendu. C’est un très bon label indépendant, maintenant il a une boutique de disques.

ourquoi avoir enregistré un album en version anglaise et espagnole?

JO: On a fait cela sur « Firme » juste parce qu’on a pu financièrement. Beaucoup d’entre nous ont des origines hispaniques, nous habitons en Californie du Sud ou la communauté hispanique est très importante avec les mexicains.

JH: Les paroles sonnent différemment en espagnol qui est une bonne langue pour chanter du punk-rock.

Vous devez être heureux de voir de plus en plus de groupes chanter en espagnol comme Falling Sickness, ou Union 13 ?

JO: Oui, mais ces groupes sont de la Californie du Sud et cela fait partie de leur culture tout comme des groupes tels que Cypress Hill. La scène de rock espagnol est importante à Los Angeles avec Fabulosos Cadillacs par exemple.

Pourquoi ne pas l’avoir fait pour les autres albums?

JH: Pour le premier, on n’y a pas pensé. Et puis, ça rend le disque unique, presque collector. Les espagnols de Californie et les mexicains ont très apprécié cela. Même les autres états des Etats Unis ont aimé cette version, le South Texas par exemple.

Pourquoi avoir intitulé votre dernier album Band Geek Mafia?

JO: C’est une longue histoire…

JH: Certaines personnes de la scène nous appelaient ainsi à cause de notre look, les lunettes… En plus, étant donné que nous sommes toujours ensemble, le terme « Mafia » nous est venu aux oreilles.

Vous avez repris un morceau de Black Sabbath. Pensez-vous que votre public cannait ce groupe?

JH: Probablement pas mais c’est bien. J’aime Black Sabbat, c’est l’un de mes groupes favoris.

De quoi parlent vos textes? Délivrez-vous un message en particulier?

JO: Tout le monde a un message mais le nôtre, c’est avoir du bon temps, notre vie quotidienne, notre vraie vie. Nous parlons aussi d’expériences passées qui nous ont marquées, des amis, des fêtes mémorables ou nous sommes allés. Nous n’avons pas de message à connotation politique car nous ne sommes pas un groupe engagé. Notre message est « Rock Hard’. Nous ne voulons rien dicter à notre public. Dans le passé, les groupes straight edge disaient tout le temps de ne pas boire ni fumer. Nous, on dit de se faire plaisir, la cigarette et l’alcool sont une réalité et il faut faire avec.

Votre succès est il le même partout?

JH: Non, c’est différent. Aux Etats-unis, cela dépend des endroits mais les conditions sont toujours bonnes, nous jouons dans des petits clubs. Le public est plus nombreux en Europe qu’aux Etats Unis, et encore plus nombreux au Mexique qu’en Europe. II y a tellement de groupes qui tournent aux Etats Unis que les gens finissent par être blasés.

Comment expliquez vous cette réputation qui vous tient?

JO: Nous n’avons de problème avec personne, nous aimons et respectons le public

Quel était le but de créer votre propre magasin de disque et studio d’enregistrement?

JH: Nous n’avons plus le magasin de disques. Nous venons d’une petite ville, Riverside, ou il y a beaucoup de groupes mais pas d’endroits pour jouer, pas de bons bars, pas de magasin de disques. C’est une ville de merde. Nous avons donc pris nos responsabilités durant les précédentes années afin de développer tout cela. Nous voulions construire la scène de Riverside. Nous n’avons donc plus le magasin car nous n’avions pas le temps de nous en occuper entre les tournées, mais nous continuons à travailler dans notre studio qui devrait être bientôt terminé. Nous enregistrerons des groupes locaux, nos propres disques. Notre prochain projet est de monter un bar-concert afin d’y organiser des concerts et faire jouer les groupes de notre ville et d’ailleurs.

Avec des groupes comme Falling Sickness, on peut se demander si tout le monde ne joue pas du skapunk à Riverside?

JO: Non, nous avons été les premiers à jouer ce style musical là-bas. II y a des groupes de rock’n roll… D’une manière générale, les groupes aiment mélanger les styles à Riverside.

Quels sont vos relations avec les autres groupes hardcore californiens?

JO: Nous jouons avec tout le monde, il n’y a pas de sectarisme entre les différents styles musicaux. Tout le monde aime tout. En Californie, les styles sont souvent mélangés le temps d’un concert. Des groupes ska, mélodiques, punks, hardcores peuvent se partager la scène. C’est moins chiant ainsi.

Aimez-vous la scène ska traditionnelle?

JH: Nous aimons cette scène. Des groupes comme Skatalites, Hepcat sont géniaux. Je préfère tout de même le hardcore. Nous jouons assez régulièrement avec des groupes ska comme les Toasters ou Hepcat. La scène a évolué. II y a cinq ou six ans, on n’aurait jamais pu jouer avec des groupes comme ça. Les deux scènes étaient beaucoup plus sectaires qu’elles le sont aujourd’hui.

Est-ce que cela a joué sur cette mode ska-punk dont vous avez largement bénéficié?

JH: Oui, je pense que le mélange ska-punk est attractif. Les gens sont fatigués d’écouter toujours la même musique, et préfèrent se divertir en écoutant des groupes aux compositions variées. Des groupes comme les Mighty Mighty Bosstones sont là depuis un bout de temps et n’ont pas suivi ni attendu la mode pour jouer du ska-punk. Les télévisions et magasines s’y intéressent aujourd’hui et ce n’est pas forcément préjudiciable sauf si les majors signent n’importe quoi pour avoir leur groupe ska-punk. Nous, nous ne dépendons pas des médias et nous avons bâti notre succès nous-mêmes.

Comment réagissez-vous lorsqu’on dit qu Epitaph est presque devenu une major?

JO: C’est vrai, mais à la base c’est un label indépendant. Aujourd’hui, de par ses moyens, ils peuvent rivaliser avec les majors. Ce n’est pas un problème. Leur fonction est de distribuer les groupes signés chez eux et ils le font bien.

Quels sont vos projets?

Ecrire de nouveaux morceaux, finir notre tournée européenne, prendre un peu de congés pendant l’été car nous n’avons jamais eu de vacances à cette période de l’année.

Le mot de la fin…

JH: Ayez l’esprit ouvert, venez nous voir, continuez de venir à nos concerts. Nous aimons donner du bontemps au public ainsi qu’à nous-mêmes durant les concerts.

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