Interview – Tunng, un point c’est tout!

Rien à faire, les Tunng ne se débarrasseront jamais de l’étiquette folktronica qui leur colle à la peau. C’est d’ailleurs comme ça qu’on les a reconnus et suivis dans la loge du Grand Mix de Tourcoing pour un entretien avec le grand Mike et la petite Becky. Une interview détendue autour de « And Then We Saw Land », leur dernier album magique, juste avant un concert qui remplit à ras bord la salle d’humour, d’énergie positive, de danse, de sourires, de convivialité, de folk et d’électronica?. Mais surtout pas de prise de tête.

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Commençons avec une question à propos du line up, puisqu’il y a eu beaucoup de modifications au sein du groupe entre les albums. Pouvez vous résumer la petite histoire de Tunng?

Mike: Ca a commencé en 2004 avec moi, et un autre mec appelé Sam. Becky était aussi impliquée dès le début. On essayait d’expérimenter dans une espèce de studio en sous-sol, avec des guitares folk traditionnelles et de l’électronique. Les cinq années suivantes, on a développé le projet avec un groupe de six personnes, plus énergique, joyeux, spirituel… Je sais plus trop ce qu’on jouait, c’était une espèce de folk avec… euh? (la machine à café émet un bruit bizarre, ndlr)? …des bruits comme ça! (rires) Du disco, du rock un peu crade, et aujourd’hui on y met plus de puissance et d’énergie.

Ok, et maintenant vous avez un batteur?

Becky: Oui, la première fois qu’il a joué avec nous, c’était à la fin de l’année dernière à Birmingham. Ça rend les shows live vraiment différents!

Est ce que tout ça a un impact sur votre son?

Mike: Oui, absolument. « Bien sûr! » (en français dans le texte, ndlr). A partir du moment où tu es dans un groupe comme le nôtre, le son évolue naturellement dans tous les cas, parce que tu ne peux jamais faire un disque qui ressemble au précédent. Mais oui, il y a eu de gros changements: les structures sont plus douces, les sons plus synthétiques, des percus… Tu sais, maintenant, on est un rock band de stades! D’une certaine manière, c’est devenu plus accessible, plus pop.

image-4Vous êtes six désormais. C’est pas trop difficile en studio? Quelle est votre manière de composer? Est ce que vous fonctionnez avec des jam sessions?

Becky: Nous ne jammons pas vraiment?.
Mike: Becky déteste jammer! (rires)
Becky: Je DETESTE jammer! Je trouve que c’est ?ennuyeux.
Mike: ?Donc on jamme en secret!
Becky: Oui, sans moi!
Mike
: Pour les autres disques, on était tous en studio, mais pour celui là en particulier, c’était plus une « collaboration ». Tout le monde avait beaucoup d’idées, et c’était parfois plus difficile de se concentrer. Et mon job en tant que producteur était de tout fusionner en une matière solide. Ça n’est pas du genre « tout le monde dans la pièce avec son instrument ». Ça changera pour le prochain album, on aura un plus gros studio avec une grande salle pour le live (il se tourne vers Becky avec un regard pervers) et on jammera toute la nuit? (rires).

Je ne vous ai jamais vus sur scène, c’est mon baptême ce soir. A quoi ça ressemble? Est ce que vous essayez de faire quelque chose de différent chaque fois que vous jouez?

Mike: Je ne dirais pas « à chaque fois qu’on joue ». Le disque est différent, c’est plein de nouvelles saveurs, ça procure de nouveaux sentiments par rapport aux concerts précédents. Je pense que, durant toute l’année qui a suivi la sortie de l’album, le show a évolué en permanence.

Mais quelles sont les grosses différences entre le live et le disque?

Mike: Je crois que c’est beaucoup plus puissant en live, on y met plus d’énergie, et il y a de quoi danser sur scène: le genre de trucs que les gens n’attendent pas en écoutant l’album. C’est probablement encore plus joyeux, c’est un live très complet je pense.

Vous avez joué dans de gros festivals, et il vous arrive parfois de jouer dans des petites salles comme ici, le Grand Mix. Quel genre d’atmosphère préférez-vous?

Becky: Jouer dans des festivals, en particulier en Angleterre, parce que la foule est beaucoup plus motivée que dans une salle. Mais je pense qu’en France, les gens qui viennent dans des petites salles comme ici sont comme les anglais: ils respectent, applaudissent, crient et slamment!
Mike
: Je pense que ça dépend de la salle et des gens. Dans certaines petites salles, tu dois créer des connections pour rendre le truc spécial et le concert génial. Quand t’es sur des grosses scènes, tu as peut être cinq milles personnes qui te connaissent ou inversement ne savent même pas qui tu es. Mais le soleil brille, tu croises des nouveaux groupes, tout le monde est excité, c’est une super expérience. Tu vois, c’est difficile de recréer ça dans une petite salle. Mais la dernière fois qu’on a joué à Paris, il y a quelques mois, c’était à mon avis l’un des meilleurs concerts qu’on ait donné. C’était blindé, les gens faisaient du bruit avant qu’on arrive sur scène, le genre d’ambiance que tu peux aussi avoir en festival.

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Chaque fois que je lis quelque chose sur Tunng, je trouve le mot « folktronica ». Que pensez vous de ce genre d’étiquette?

Mike: Je pense qu’on a été catalogué folktronica il y a quelques années, mais c’était plus valable avant qu’aujourd’hui. Je pense qu’il y avait un mouvement, en particulier en Angleterre avec Four Tet par exemple, et c’est vrai que ça ressemble à un mélange entre electronica et folk music. Ça nous a aidés à être bookés dans des festivals, ça a focalisé l’attention des journalistes sur nous. Je pense que maintenant, notre son a évolué et c’est plus difficile de nous étiquetter. On sonne comme du Tunng?.

Et si vous deviez inventer un terme pour vous définir?

Mike: Récemment, un ami m’a dit que ça sonnait comme du epic-folk-disco-bros-magnificent! (rires)

Quelles sont, selon vous, les différences fondamentales entre ? »And Then We Saw Land » et le précédent disque?

Mike: Il y a un chanteur/songwriter, Sam Genders, qui a quitté le groupe. Je pense que vocalement, il y a déjà une différence notable.
Becky
: « And Then We Saw Land » incarne un peu plus ce qu’est Tunng, la manière dont on joue en live. Je pense que ça nous représente en tant que groupe, parce que nous nous sommes tous beaucoup plus impliqués. Mais comme dit Mike, c’est toujours Tunng, et ça sonne comme du Tunng.

C’est votre préféré?

Becky (enthousiaste): YEEAAAH!
Mike
: Chaque album a des saveurs différentes… En fait je suis toujours aussi fan du premier, mais celui là est l’un de mes préférés!

image-3Y a t-il un sens métaphorique dans le choix du titre, ? »And Then We Saw Land »?

Mike: Oui, il y a deux sens. Le premier, c’était un challenge de faire ce disque, et on était content d’arriver au bout, contents d’être contents du projet, voir que ça valait le coup! Et c’est aussi une référence aux paroles de la première chanson « Hustle », qui parle de voyages, d’aventures, de mers et de bateaux!

Une autre question, à propos de cinéma: vous avez composé la bande originale d’un film français, « Ensemble c’est trop ». Comment c’est arrivé?

Mike: La réalisatrice s’appelle Léa Fazer, une Belge qui vit à paris. Elle est fan de notre groupe. On a donc fait une BO avec notre facette la plus poppy et positive pour cette comédie française un peu « bittersweet »! C’était une bonne expérience, on n’avait jamais fait de BO complète pour un film. Je ne sais pas si le film a marché. Je pense que le contexte était un peu triste étant donné que Jocelyn Quivrin, l’un des acteurs principaux, est décédé avant que le film ne sorte. C’est avec Nathalie Baye et Pierre Arditti, c’est une comédie familiale. Pas le plus cool des films, mais une superbe expérience!

Si vous pouviez choisir un film et en faire la BO, lequel choisiriez-vous?

Mike: Waouh…? Soit « The Wickerman », un film d’horreur anglais des années 60, ou « Farenheit 451 »! Peut être l’un de ceux là?, ou alors « Retour Vers Le Futur 1, 2 et 3 »! (rires)

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2 réponses à Interview – Tunng, un point c’est tout!

  1. Lavignotte 27 décembre 2010 à 13 h 00 min #

    Lire l’interview en écoutant le dernier album, c’est un régal, on écoute différemment, j’ai eu l’impression de mieux comprendre l’un et l’autre, d’être avec eux.
    Merci pour cette interview et pour m’avoir fait découvrir ce groupe.
    Grâce à Mowno et aux radios de la Ferarock que j’écoute via leur site, j’ai l’impression de sortir de 10 ans d’hibernation musicale…

  2. François 5 juin 2011 à 23 h 50 min #

    « Régal »… c’est le mot idéal! Tu les as déjà vus en concert?
    Merci pour ton soutien

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