Interview – Totorro ne compte pas pour du beurre

Bien qu’actif depuis pas mal de temps maintenant, Totorro n’aura sorti ‘Home Alone‘, son premier album, que cette année. L’occasion pour un plus large public de saisir le talent des rennais et de comprendre pourquoi leur nom tournait jusque-là avec insistance sans qu’on ait forcément eu quelque chose à se glisser dans l’oreille. C’est à la veille de partir en tournée au Canada avec Laetitia Sheriff qu’on a pu poser quelques questions au quatuor, histoire de revenir avec lui sur le chemin parcouru, et mesurer par la même occasion ce qu’il est en passe d’accomplir. 

Sur Mowno, on ne parle de vous que depuis cette année alors que vous existez depuis 2008. Que s’est-il passé pendant les six ans avant la sortie de ‘Home Alone’?

Nos vies ont beaucoup changé, on a eu le temps de finir nos études et d’apprendre à mieux jouer de nos instruments. Bertrand – à la batterie – est rentré dans le groupe en 2009. À partir de là et jusqu’en 2012, on profitait de nos vacances scolaires pour tourner dans des squats, et autres lieux alternatifs pour les jeunes. On a pas mal joué à l’étranger, avec l’aide d’amis comme le tourneur belge Kuistax. Ça explique peut-être en partie pourquoi notre nom n’a pas beaucoup circulé en France. Il y a deux ans, une fois nos études finies, on a emménagé dans une maison dans laquelle on voulait investir tout notre temps dans la musique. Et l’année dernière, on a rencontré notre label Recreation Center ainsi que Kongfuzi, notre tourneur français. On est aujourd’hui bien entouré, et content d’avoir cette chance.

On a dû vous le demander cent fois mais votre nom de scène a-t-il un rapport avec le film d’animation ‘Mon Voisin Totoro’? C’est parce que vous avez peur d’avoir des problèmes que vous avez changé l’orthographe?

Oui, ça vient de là, même s’il n’y a que la moitié du groupe qui a vu le film. On était au lycée quand le nom a été choisi. En fait, on ne sait jamais trop quoi répondre à cette question, le choix du nom remonte à 2006… Des ados qui aiment les mangas et qui passent trop de temps sur guitariste.com, ça s’inspire comme ça peut… Le ‘r’ supplémentaire, c’est pour se démarquer de l’orthographe du film. Encore une démarche d’ados très inspirés. Mais aujourd’hui, on se rend compte que ce n’est pas si mal, ça nous permet d’être trouvés plus facilement sur internet.

‘Motte-Rock’… Est-ce comme cela que vous définissez votre musique? Un mélange de math-rock et de motte de beurre? Plus sérieusement, êtes-vous d’accord avec cette étiquette math-rock?

On est des gros consommateurs de beurre, c’est quand même trop bon sur du pain. Le math-rock, c’est effectivement une influence qu’on assume. On aime beaucoup les breaks, rajouter des temps, mais le genre peut vite paraître indigeste. Alors on essaie d’y ajouter un côté pop tout en conservant un certain esprit post-rock, déjà présent sur nos premières sorties. C’est amusant, on écoute aujourd’hui moins ces styles, mais c’est ce qu’on aime jouer.

‘Tonton Alain Michel’, ‘Chevalier Bulltoe’, ‘Eric Colson’, ‘Osao San’… Qui sont tous ces personnages? Essayez-vous de raconter une histoire tout au long de cet album?

Tous ces personnages sont le fruit de multiples mauvais jeux de mots, de rencontres, de blagues. ‘Tonton Alain Michel’ est le nom du doudou de la fille d’un ami par exemple, et on ne trouvait pas que ça faisait très nom de doudou. C’est chouette de se dire que ces personnages inventés puissent avoir une deuxième vie à travers l’interprétation de l’auditeur. C’est aussi pour ça qu’on essaie de ne pas trop révéler l’origine des titres.

Et cette histoire de porte-avion, c’est quoi?

On n’est malheureusement pas tous aussi bons paroliers que Gérard Lenorman. On voulait caser un mot jamais entendu dans un morceau, alors on a décidé de mettre ‘le porte-avion’, pour que ce mot ne soit pas trop triste.

Vous disiez avoir beaucoup tourné en Europe… Quel est le pays/public qui vous a le mieux accueilli?

On a eu la chance de pouvoir visiter plusieurs pays en Europe, notamment à l’Est. Nos meilleurs souvenirs sont en République Tchèque où nous sommes retournés plusieurs fois! La Belgique est aussi une bonne terre d’accueil, on a joué autant de fois à Mouscron qu’à Rennes. Là, on part fin Août au Canada avec Laëtitia Sheriff, autant dire qu’on compte les jours…!

Totorro est-il votre seul projet ou avez-vous chacun des side-projects?

On a bien d’autres projets, histoire de sortir de chez nous. Xavier joue dans The Missing Season, du rock des années nonante, ainsi que dans Alivekill, du rap inconscient. Christophe joue dans Eshol Pamtais, dans Fago Sepia, groupe d’algèbre-rock, ainsi que dans Mha, pop ensoleillée avec Bertrand et Jonathan.

Vous écoutez quoi en ce moment?

Xavier: Laëtitia Shériff et Swans, pour la douceur et le mal de tête.
Bertrand: Moi j’écoute ‘Sleep Sound’ de Jamie XX et le nouvel album de Todd Terje, c’est sympa pour l’été. Sinon Jean Jean c’est bien, c’est nos copains, il faut écouter. Et le nouvel album de Mermonte aussi.
Christophe: Un morceau de techno sur Youtube, je ne sais plus le nom, il y a 148 vues.
Jonathan: Todd Terje parce que c’est chouette quand on conduit. Kyari Pamyu Pamyu, ce que le Japon a fait de plus fou. J’écoute aussi un vinyle de musique hawaïenne quand j’ai envie de partir en vacances.

J’aime bien la pochette. Qui l’a dessinée?

Merci! C’est … On ne se souvient plus de son nom! Mais c’est lui qui a dessiné la pochette, sur une originale de Jérémie Hirigoyen de Birds In Row.

Quelle est votre bière préférée?

Saint Feuillen, Philomen, Tsing Tao, L’Orval et la Corona pour la piscine. On a fait plusieurs dates en Belgique, donc on a eu le temps de tomber amoureux de plein de bières.

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