Interview : Tokyo Sex Destruction (09-2005)

Tokyo Sex Destruction

Hors mis cette couleur plus soul, en quoi cet album est-il différent des autres?

Nous avons essayé de beaucoup répéter avant d’entrer en studio. Pour le précédent disque, on avait enregistré de manière plus chaotique, on revenait d’une tournée américaine et nous n’avions pas beaucoup de temps pour tout mettre en boite puisque nous devions repartir une semaine après pour une longue tournée européenne. C’est le problème qui se pose toujours à nous à l’approche des périodes d’enregistrement. De tout cela, nous avons tiré la conclusion que le prochain disque devait être plus réfléchi, mieux préparé. Tu sais, l’année passée nous avons donné plus de 150 concerts, c’est beaucoup et nous avons fini fatigués et un peu gavés de jouer la même chose tous les soirs. En janvier dernier, nous avons fait une pause et avons composé de nouveaux titres et quand est arrivé le moment de retourner en studio, tout était prêt. C’était super car la seule chose qu’il nous restait à faire était de se consacrer au son et aux arrangements. Je pense que c’est notre album le plus soul, le moins punk et nous venons de finir un nouveau disque. C’est fou, deux albums en un an! Nous sommes satisfaits de tout et nous travaillons désormais sans pression, et avec personne pour nous dire ce que nous avons besoin de faire la fois prochaine. C’est génial pour un groupe… Peut être que c’est notre évolution naturelle qui a provoqué tous ces changements dans notre musique.

Selon vous, est-ce que le groupe devait ou avait besoin de prendre des risques pour ce troisième album?

En fait, nous n’aimons pas jouer tout le temps la même chose. Oui, peut être qu’il y a des risques avec ces nouveaux morceaux, mais c’est agréable pour nous de jouer d’autres instruments, de jouer de nouvelles mélodies et de nouveaux morceaux. On aime la musique des années 60 et la soul depuis toujours, et je ne crois pas que ces nouveaux titres soient différents de nos influences. Tout a un sens dans ce nouveau disque. Prendre des risques, ça aide et le groupe ne s’en porte que mieux.

Ce nouveau disque est un peu court. Pourquoi ne pas y avoir mis plus de morceaux?

La première idée était d’enregistrer tous les morceaux que nous avions, personne ne pensait alors à un nouveau disque mais plutôt à un Ep. Mais on a trouvé le résultat si intéressant que nous avons vraiment voulu le sortir. « 5th Avenue South » n’est pas un album pour tout le monde. En Espagne, il est considéré comme un mini Lp, en Allemagne ils disent que c’est un album. C’était simplement nos meilleurs titres à ce moment là. Comme je te l’ai dit auparavant, nous avons une nouvelle galette d’enregistrée… Nous composons toujours entre nos longues tournées.

Vous dites que les collaborations externes ont été importantes pour ce nouveau disque. Qui a contribué au disque et de quelle manière?

Oui, les collaborations ont été enrichissantes. C’est toujours instructif de recueillir différents points de vue de gens qui ne font pas partie de Tokyo Sex Destruction. Ces mêmes personnes peuvent faire quelque chose de différent que notre idée de base et c’est cool! En ce moment, nous travaillons sur différents projets avec le mec qui joue de la trompette et du saxo sur le disque. Il est considéré comme un membre du groupe et vient sur quelques concerts. Aussi, la fille qui apparaît est anglaise et fan de soul music. C’était sa première expérience sur disque mais elle y tenait beaucoup car elle aime le groupe. En plus, une voix féminine convient toujours à un morceau soul. Tous ces gens apparaîtront aussi sur le prochain disque. Avec eux, Tokyo Sex Destruction est un nouveau groupe, meilleur que le premier. Peut être qu’un jour, si nous en avons l’opportunité, nous jouerons tous ensemble comme un soul big band.

Années après années, pensez vous que votre message engagé passe différemment qu’avant? A quoi la fougue de jeunesse laisse t-elle la place?

Je ne sais pas, nous sommes les mêmes personnes qu’avant. Je ne pense pas que nous ayons changé du tout au tout depuis nos débuts. Nous prenons du plaisir dans ce groupe et, chaque soir, nous voulons que les gens en prennent aussi. Notre message a toujours été le même: penses par toi-même et fous toi du reste. Mais nous n’avons jamais été un groupe politique, nous cherchons seulement la meilleure manière d’arriver à la parfaite chanson soul.

Votre musique évolue à chaque sortie. Dites nous donc comment va sonner le prochain…

Personne ne pense au prochain morceau mais nous essayons de jouer autre chose que la fois d’avant. Nous sommes un groupe qui se fatigue vite des vieux morceaux.

TSD sonne plus punk sur scène que sur disque. Est-ce une volonté de votre part ou est ce complètement naturel?

C’est naturel! Tu sais, les concerts sont ce qu’il y a de plus important pour nous. Un show est toujours différent chaque soir, et c’est ce qui motive à les enchaîner. C’est chiant de voir un concert ou le groupe joue exactement comme sur le disque. Nous voulons donner plus que cela, les gens viennent pour partager du bon temps avec nous. Si c’est juste pour écouter de la musique, il faut rester chez soi. Je veux danser, crier, sauter, taper des mains, toutes les choses que tu peux faire lors des meilleurs concerts.

Qu’avez-vous appris de la notion de groupe depuis votre premier album?

Beaucoup de choses mais je pense que nous apprenons encore. Ca ne finit jamais, chaque jour a son lot d’instruction. Mais nous sommes toujours punks! Des punks qui essayent de jouer de la soul. Je pense que nous avons appris à vivre ensemble tout ce temps et de comprendre notre vie dans ce contexte ou le monde est toujours plus malsain que la veille.

Comment la scène espagnole évolue t-elle ces temps ci? Est-ce que les labels du type BCore contribuent à son évolution?

Mmm… Nous sommes tout le temps en tournée, et chaque fois que nous revenons nous voyons les mêmes têtes. C’est si difficile d’essayer de changer la scène musicale espagnole. Nous ne chantons pas en espagnol, ce qui est un problème pour vendre des disques ici, car les gens veulent écouter des disques de leur langue. Aussi, tout le business de la musique est à Madrid, mais nous ne nous occupons pas de cela, et ne voulons même pas nous y intéresser. Il est toujours difficile de jouer en Espagne, même pour nous, car il n’y a pas de bons promoteurs, les conditions ne sont pas bonnes, les bonnes salles sont rares… Ca pue! BCore essaye d’entrer dans ce business central, mais notre groupe se sent plus proche de l’Europe que de l’Espagne profonde.

Est-ce que le manque de structure en Espagne n’est il pas finalement une chance? Je veux dire par là que cela vous pousse, quelque part, à sortir du pays plutôt que de rester en Espagne devant un public acquis qui vous connaît…

Bien sûr, c’est mieux pour nous de jouer à l’étranger et en ce moment, je pense que nous sommes plus populaires aux Etats-Unis et en Europe qu’en Espagne. Ici, le premier album a été une surprise pour le public et les médias mais nous sommes logés à la même ancienne que les autres groupes espagnols. Mais ca ne nous dérange pas, nous préférons être peu connu et n’avoir devant nous que des gens qui veulent vraiment nous voir. Nous ne voulons pas devenir un groupe à la mode, car nous ne jouons pas ce genre de musique, notre musique n’est pas originale, mais elle est libre.

Quand vous jouez en Europe, c’est différent car les gens vous considèrent véritablement comme un groupe, et ont une meilleure culture musicale qu’en Espagne.Vous avez pas mal de points communs avec The International Noise Conspiracy qui se fait de plus en plus connaître en ce moment. Comment vivez vous cette récurrente comparaison?

On se fout de ça, ce sont uniquement des potins de magazines, radios et télévisions. Ils ont toujours besoin de comparer les groupes. Je pense que si tu écoutes notre disque, il y a beaucoup de choses différentes entre nous et TINC. Nous ne nous arrêtons pas là-dessus, nous avons joué avec eux et c’était cool, ils nous ont vu sur scène, ont apprécié, point barre.

Vous allez jouer en France cet automne (voir la page concert) avec The Elektrocution. Connaissez vous ce groupe français? Que leurs diriez vous avant cette tournée?

Je connais le groupe, nous avons joué quelques fois avec eux. Ils sont très bons et ils vont prochainement sortir leur premier album également chez Overcome. Je pense que cela va être une bonne tournée. Je jouerai aussi sur quelques dates avec mon autre groupe, It’s Not Not. Je suis impatient…

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