Interview : Toasters (01-1998)

Peux-tu nous faire un petit historique des Toasters ?

Bucket : On a commencé en 1981, c’est à dire, il y a dix-sept ans et depuis 1987, nous n’arrêtons pas de tourner et nous sommes à plus de 2500 concerts.

Comment s’est créé le groupe ?

Je travaillais pour une compagnie britannique qui m’a envoyé aux USA pour virer des gens de leur boulot. J’étais le « hatchetman •. Cette compagnie avait un commerce à New York qui ne marchait pas et je devais remplacer les incompétents par des gens plus productifs. Je devais être là pour six mois. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que j’allais rester encore un bout de temps alors j’ai créé le groupe et nous avons décidé de jouer du ska. Mais, beaucoup de gens pensent aujourd’hui que je suis allé là-bas pour créer le ska mais pas du tout.

C’est parti de quelles influences?

J’ai acheté mon premier disque lorsque j’avais neuf ans et mon frère aîné était skinhead en 1977 alors j’ai été élevé avec le ska two tone qui a pris une grande place dans ma vie. Je me suis pointé à New York en 1980 et je suis allé voir English Beats. II n’y avait personne et j’ai eu un flash : il fallait faire monter le ska aux USA.

Comment vois-tu l’évolution du ska depuis tes débuts ?

II y a un nouvel élan pour le ska parce qu’il est mélangé avec le punk/hardcore.

Penses-tu que cela va aider le ska ?

Ce que je pense n’a rien à voir avec ce qu’il se passe. On va voir ce que l’on va voir… Je n’accepte pas ce nouvel engouement mais c’est une réalité. II y a des groupes comme Mighty Mighty Bosstones qui marchent très bien aux USA. On verra ce que ces groupes donneront en Europe parce que la scène ska européenne est plus traditionnelle. D’ailleurs, en ce qui concerne le ska traditionnel, il est un peu dans les vappes… Des groupes comme Millencolin, du label suédois Buming Heart, font du ska mais c’est quand même du punk avant tout. Ce label a tout de même de vrais groupes de ska comme Liberator ou Chickenpox. Mais tout ce mouvement skacore, je veux bien le pousser aux oubliettes Moi, les groupes punk qui font du ska parce que c’est cool ne m’intéressent pas, je ne veux pas traiter avec eux.

Et un groupe comme Rancid, tu le mets dans le même panier ?

C’est un cas spécial parce qu’ils faisaient partie d’Operation Ivy et eux n’ont jamais changé de style. Les groupes comme Goldfinger, c’est de l’arnaque, c’est la merde des majors et j’en ai rien à branler.

Tu penses que la scène européenne est plus roots que la scène américaine ?

Ce n’est pas du tout la même chose. II y a beaucoup de gens et de groupes qui aiment le ska. Ce qu’il vous faut, ici, c’est un réseau, des coopérations entre les groupes. II y en a ici qui ne veulent pas partager leur scène. Ce qu’il faut, c’est un catalysant pour électrifier les groupes parce que beaucoup de gens ici sont fans et soutiennent le ska mais ne travaillent pas du tout ensemble.

Est-ce pour cela que vous avez créé Moon Records ?

Avant 1985-86, il n’y avait pas de groupes ska en Amériques à part nous. Alors, on a créé Moon Records pour sortir notre premier single. Maintenant, il y a beaucoup de groupes, certains sont venus nous demander s’ils pouvaient sortir quelque chose chez nous, on a dit OK et ça a démarré comme cela.

Et comment se porte le label ?

On a voulu travaillé avec des labels européens mais il y a personne qui est vraiment capable de s’occuper du ska en Europe avec un point de vue universel. On va donc ouvrir une boîte Moon Records à Londres, « Moon Ska Europe », au mois d’août. J’espère qu’avec cela, on va tous être liés et que l’on va rassembler les différentes scènes nationales. Au niveau production, on va sortir une compilation avec les groupes français avec qui on a joué comme Rude Boy System, Ruda Salska, K2R, Les Ejectés, Skaferlatine…

L’absence du tromboniste et du raggaman lors de cette tournée vous a-t-elle handicapé ?

Vous n’avez pas de chance parce qu’en Espagne on était avec Dr Ring Ding mais il n’a pas pu faire les concerts en France. Et, le raggaman s’est fait virer de France parce qu’il n’avait pas ses papiers, il a perdu son passeport à Amsterdam. Nous sommes à six au lieu de huit mais ça peut arriver.

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