Interview : The Procussions (07-2005)

The Procussions

The Procussions existent depuis à peu prés sept ans maintenant. Comment tu t’y prendrais pour rendre curieux celui, ou celle, qui n’a jamais entendu parler de vous?

Je dirais que The Procussions sont une combinaison de plusieurs choses: 30% de bon vieux hip-hop, 20% de live (instruments), 10% de punk, la musique pas l’attitude, 20% de musique soul, et 10% de rock classique et le tout donne un son 100% hip-hop.

Comment s’est déroulé votre hip-hopisation? Qui étaient vos gurus?

On a tous grandi en écoutant du hip-hop. C’était la musique du salon quand j’ai grandi, pareil pour Jay et Stro. On est nombreux de cette génération à avoir été élevé dans cette « culture », peut-être plus importante que la musique en elle-même en terme d’influence.On a puisé partout, de Chuck D à Stereolab, de J-Dilla à Jay Z, de Mars Volta à Death Cab… On a écouté un peu de tout ça. Mais la meilleure influence, c’est suivre sa voix, s’inspirer de ce qu’on vit au quotidien, et en faire des chansons. On a un avantage en ayant grandi dans le Colorado: on a été influencé par la West Coast comme par la East, et le fait qu’on fasse partie de ces premières générations à avoir grandi en écoutant du hip-hop fait qu’on a une approche spéciale de cette musique. C’est une culture en pleine mutation, les groupes qui émergent, qui sont dans la même situation que nous, font énormément évoluer la musique. Il y a un nombre de sub-culture hip-hop aujourd’hui qui font que, pour moi, on est en plein dans l' »ère hip-hop ». Y a eu l’ère West Coast Gangsta, l’ère « Native Tongues », l’ère « Bling-Bling », ou l’Indie… C’est juste le parcours classique d’une musique… Comme le jazz ou le rock à leur époque. J’ai commencé à écouter du hip-hop avec le mouvement « Native Tongue », mais les sons West Coast ou East Coast de l’époque étaient très importants aussi. C’était les années collège!

Si je te dis qu’en vous écoutant, on a parfois la sensation que vous ne portez absolument pas attention aux évolutions musicales récentes, tu le prends comme un compliment ou un reproche?

Ca dépend ce que t’entends par là…

Si je te dis qu’à la première écoute, c’est difficile de ne pas penser à « Labcabincalifornia » de Pharcyde…

Donc ce que tu viens de dire est un compliment, parce que ça te renvoie à quelque chose qui a certainement été important pour toi. On a été comparé à plein de monde. De Rage Against the Machine, au Roots en passant par Nas… Y en a même un une fois qui nous a comparé à Tribe Called Quest! J’ai souri… On peut même nous comparer à Cher. Tant que la personne me compare à un artiste qu’il aime bien, moi ça me va! Mais bon, j’étais assez fier le jour où on nous a comparé à De La Soul…

Le marché de la musique évolue énormément ces derniers temps. De votre côté, vous avez l’air assez à l’aise avec la communication sur Internet. C’est quoi ton point de vue sur cette situation?

Je vais pas mettre toutes les évolutions dans le même panier. Le piratage c’est d’un côté des gosses qui te volent, mais de l’autre c’est les mêmes gosses qui deviennent tes fans et qui courent te voir sur scène. Imagines le nombre de personne qui n’aurait jamais entendu parler de nous si on n’avait pas été téléchargé! Et pourtant on va vite se retrouver fauché si on fait que nous downloader.

L’avenir c’est donc la scène?

Sans hésitation! C’est pour ça qu’on attache tellement d’importance à nos performances, qu’on donne franchement tout ce qu’on peut à chaque fois. Aujourd’hui, il faut que ceux qui viennent te voir en concert sortent sans se demander pourquoi ils ont payé pour ça. On doit divertir.

Tu penses que vous auriez pu entamer une carrière internationale en restant dans le Colorado?

Possible, mais franchement le problème c’est qu’on n’était pas soutenu là-bas. Là, je parle pas de nos fans, à ce niveau là c’était sympa, mais plutôt de la part de la minuscule industrie musicale du Colorado. C’était dur. Heureusement, on avait des gens qui scrutaient l’horizon pour nous et qui nous ont trouvé les bons concerts. C’est en faisant ces concerts qu’on a rencontré ceux qui nous ont encouragé à bouger à Los Angeles. On a suivi le conseil. Depuis qu’on est là-bas, ça s’est bien accéléré: plus de scènes, d’enregistrement, et c’est moins cher en plus pour enregistrer.

Comment s’est passée votre rencontre avec vos fans japonais?

Très, très, très, très, très bien!!! Jouer à l’étranger en général c’est bon, que ce soit en Australie ou en Europe… Ca a toujours été un grand plaisir.

Vous vous contenterez du circuit Indie, ou si il y a moyen de signer chez une major…

On y travaille… Signer avec une grosse structure, c’est avant tout toucher plus de monde, en conservant notre style et en portant le même message. On a un album qui est presque prêt, il sortira dans quelques mois donc si on peut passer à la vitesse supérieure ce serait bien.

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