Interview – The Phantom Band brûle les étiquettes

Issu d’une scène écossaise qui pointe rarement le bout de son nez, The Phantom Band tire son épingle du jeu avec un second album aux chansons aussi disparates que sa pochette, entre folk, pop, rock pur ou math-rock… De quoi rendre fou le plus méticuleux des disquaires. Malgré un chanteur aux cordes vocales diminuées par une saloperie de virus, le groupe enchante le public du Grand Mix, juste après nous avoir accueillis dans sa loge pour un entretien autour de son album « The Wants ». Avec un accent à couper au couteau…

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Vous avez sorti un nouvel album fin 2010 intitulé « The Wants ». Selon vous, quelles sont les principales évolutions entre ce disque et le précédent?

Andy (claviers): D’abord, nous avons mis beaucoup plus de temps à élaborer le premier que « The Wants ». « Checkmate Savage » était le résultat de plusieurs années de travail en studio, d’enregistrements entre potes, sans l’intention de les sortir un jour. C’était la récré en quelques sortes! On avait donc eu beaucoup de temps pour y penser avant d’entrer en studio. Puis on a composé « The Wants » très rapidement, environ un an après le premier. On l’a réalisé principalement en studio, c’est là qu’on en a écrit une bonne partie, in situ. Pour moi, celui là ressemble plus à un vrai album. C’est plus un disque qu’une simple collection de chansons. L’autre grosse différence, c’est que nous jouons beaucoup plus en live depuis le premier opus. On est ainsi plus en symbiose les uns avec les autres en tant que musiciens, on écoute ce que chacun fait, et ça crée forcément une dynamique au sein du groupe. C’était plus facile sur le deuxième, grâce à cette expérience de la scène.

Quand j’écoute le dernier album,  je peux entendre des chansons rock, un peu d’électro, même du folk ou du math-rock. Comment définissez-vous votre musique?

Pffffffff… (ils soufflent tous)
Duncan (guitare): On n’a jamais vraiment eu besoin de la définir, sauf devant des personnes comme toi ! (rires). Je ne sais pas, c’est juste de la musique.
Andy: Pop et rock music!
Duncan: Beaucoup de gens font référence à des styles musicaux différents. Surtout sur « The Wants ». Si tu prends l’album morceau par morceau, l’un peut sonner comme du rock classique, le suivant peut être influencé disco… Mais d’un point de vue général, c’est du rock.

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En parlant de rock, vos influences sont elles plutôt tournées vers les nouveautés ou vers les vieilleries?

Duncan: On écoute des choses contemporaines, mais je pense qu’il est de toute façon plus facile d’aimer les « vieux » morceaux grâce à la distance qui nous sépare d’eux.
Andy: Oui, c’est plus facile de te rendre compte que tu es influencé par la vieille musique. Il y a cette influence naturelle qui vient de toi-même ou… de l’espèce humaine (rires). Mais on écoute tous aussi des nouveaux trucs. On est tous inspirés par des choses différentes et on tire chacun le groupe dans une direction, ce qui fait que The Phantom Band n’est pas un projet solo. Tout dépend des jours! Parfois, je vais écouter de la techno et faire des truc répétitifs en studio le soir-même, Duncan peut écouter du blues et du folk… The Phantom Band est un amalgame de toutes ces influences, et c’est pour ça que c’est fun. Tout dépend de comment on se sent!

Pourquoi l’avez-vous appelé « The Wants »?

Andy: … Je ne sais même plus pourquoi on l’a appelé comme ça! (rires)
Duncan: C’est un titre qui semblait bien marcher. Je pense que c’est une bonne expression pour exprimer le sentiment général autour d’une chose. Bref, ça signifie quelque chose pour nous, mais je suis sûr que ça signifiera autre chose pour quelqu’un d’autre. C’est ce qui est intéressant: les gens peuvent l’interpréter chacun à leur manière.
Andy
: Ca peut être utilisé comme un terme d’argot assez soft qui représente le désir sexuel. « Having The Wants », c’est avoir du désir pour une personne. Ca n’était peut être pas intentionnel, mais quand on a réécouté l’album, on a eu ce sentiment de quelque chose d’inaccessible. A travers les paroles, les histoires, on a l’impression d’être dirigé vers quelque chose sans jamais l’atteindre. « The Wants » est l’un des titres qui a été suggéré et qui est venu naturellement pour résumer l’album. Ca collait mieux que les autres proposés ce jour là. Mais tu vois, un jour, « The Wants » nous  a semblé être une bonne idée, mais on aurait pu l’appeler complètement différemment le lendemain!

the-phantom-band-the-wants-300x300A propos de la pochette, que signifie t-elle? Quel est le concept visuel autour de « The Wants »?

Andy: En fait, il n’y a pas de signification particulière, on n’a pas vraiment été obsédé par l’artwork…

Qui l’a réalisé?

Andy: Moi en grosse partie, mais tout le monde y a contribué. On ne saurait même pas dire ce qu’on voulait faire à ce niveau là. La seule chose, c’est qu’on ne voulait pas une pochette en relation avec le titre. Imagine un disque qui s’appelle « Sexy Lady », avec une fille sexy sur la pochette! (rires). On trouve ça stupide, pas besoin de mettre de titre dans ce cas là. C’était la seule règle! Ca pouvait être n’importe quoi à partir du moment où ça n’illustrait pas directement le titre. En ce qui concerne la pochette, ce sont des mains qui sortent d’un espèce de…marécage. Tu ne sais pas si elles veulent attirer cette étrange matière vers le fond, ou si elles essayent de s’en sortir. C’était un peu l’idée de ce collage. Et dans le livret, c’est juste des montages avec des images qui vont bien ensemble, censées refléter le sentiment qui se dégage de chaque chanson. Chaque morceau de l’album y est associé à une image. On a aussi fait appel à des potes comme The Lonely Piper, qui a fait l’image pour « Everbody Knows It’s True », sa chanson préférée. Mais c’était aussi pour donner un bel objet aux gens, qui finalement aiment se poser des questions…

Un peu comme moi!

Andy: Exactement! Des gens qui apprécient l’album en tant que vrai objet tactile, mais aussi en tant que truc à écouter, tu vois? C’est quelque chose qui a tendance à se perdre dans la musique, l’album en tant qu’objet, que tu peux tenir, apprécier, examiner, admirer… On voulait absolument conserver cela. On collectionne nous-même des disques et on est du genre à accrocher les belles pochettes au mur!

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Cela dit, je parcourais le livret en me demandant où étaient les paroles… De quoi parlez-vous dans vos chansons?

Greg (guitare): (après une longue hésitation) De sexe et de mort! Des choses un peu obscures…
Andy: Les seules choses qui guident notre existence sont le sexe et la mort ! Pas uniquement, mais bon… Proverbes, histoires issues du folklore… Mais on en revient tout le temps au sexe et à la mort (rires).
Duncan: Je pense qu’il faut le prendre avec un certain degré d’humour, car ça peut sembler lourd de parler uniquement de cela.
Andy: Mais parfois, on entre dans cette bulle où on peut chanter autant des choses qui ont un sens narratif, qu’un simple alignement de syllabes. Finalement, on essaye de faire sonner nos voix comme n’importe quel autre instrument, le plus important étant de compléter la musique. La manière dont ça sonne est, selon moi, plus importante que le contenu des mots.

Avez-vous déjà des chansons pour le prochain album?

Greg: Dans notre processus de création, on n’a pas vraiment à se soucier du concept de répétition. On ne cherche pas spontanément à écrire puis à enregistrer. Nous enchainons les sessions ou nous prenons simplement plaisir à jouer. Il y en a des bonnes, des moins bonnes. Mais, oui, on a déjà commencé à développer quelques idées.
Andy: On a gardé pas mal d’enregistrements pour les retravailler plus tard, dès qu’on aura du temps!
Duncan: Oui, parce qu’on a du mal à gérer les trucs basiques d’un groupe. Tourner autant est très difficile, il faut dégager du temps, on est tout le temps pressés, et c’est délicat de se pencher sur des vidéos, de composer… On joue ensemble tous les soirs, mais on n’a pas trop d’opportunités encore de penser au prochain album!

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