Interview : The Explosion (02-2005)

Avec quelques mois de recul, quelle est ton opinion sur ce nouvel album? Que ressens tu?

Damian: Nous sommes très heureux du résultat et pensons que les titres que nous jouons live en ce moment sont à la hauteur du meilleur des albums précédents. C’est un vrai marathon de tournée et de promotion, bien plus qu’avant.

Le gros changement concernant ce « Black Tape » est votre signature sur une major. A t-il été difficile de faire le pas? Est-ce que les expériences d’AFI, Rancid, et Distillers vous ont aidé?

Quand nous avons commencé le groupe, nous n’aurions jamais pensé intéresser une major. Durant les années passées, beaucoup de soit disant groupes punks ont attiré les lumières des médias et labels, et ont connu le succès. Je pense qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure. A voir les expériences de AFI, Rancid et Distillers, cela nous donne surtout très envie de prendre part à ce mouvement.

Qu’est ce que Virgin vous apporte de positif exactement?

Virgin nous permet d’être un groupe à plein temps. Cela est bénéfique pour nous comme pour nos fans. Ils nous permettent de bénéficier de plus de moyens pour tourner, maintiennent notre van en bon état de marche. En plus de cela, le disque jouit d’une distribution mondiale.

Peux tu donner aux lecteurs français la raison pour laquelle vous êtes entrés en conflit avec Revelation?

Quand j’ai eu 19 ans, j’ai signé un contrat avec Revelation pour un groupe dont je faisais partie et qui s’appelait In My Eyes. The Explosion a commencé en vrai groupe sans intention sérieuse, mais quand nous avons enregistré une démo je leur ai envoyée. Je n’ai eu aucun retour de leur part, ni aucun commentaire sur le fait que j’ai un side project. Dés qu’ils ont entendu dire que Jade Tree allait nous signer et sortir notre nouveau disque, Revelation a soudainement été intéressé. Ils ont prétendu qu’ils avaient les droits pour nous produire et nous ont menacé de nous traîner en justice si nous ne nous y soumettions pas. Nous avons donc réfléchi à comment se sortir de là mais nous avons été contraint de sortir un disque pour eux. Nous l’avons donc enregistré à la va vite, entre deux tournées cet été là. Nous avons ri les derniers puisque nous l’avons intitulé « Steal This » (volez le, ndlr), et personne chez Revelation ne l’a remarqué ou du moins commenté. Cependant, j’aime bien ces morceaux même s’ils ne sont pas à la hauteur du reste.

Est ce que cette expérience a contribué à votre signature chez Virgin?

Nous nous sommes seulement occupés de trouver un très bon avocat, sur lequel nous pouvions placer toute notre confiance. Il s’est donc assuré que nous avions un bon deal et que nous ne vendions pas notre âme au diable.

Est-ce que votre opinion sur les labels indépendants a changé de ce fait?

Je pense que les labels indés sont super. D’ailleurs, ils sortent la plupart des disques que j’achète. Mais, comme les majors, ils ont comme but de faire de l’argent. Ce que nous avons apprécié chez Jade Tree est leur tendance à ne pas remettre en question notre musique et de comprendre facilement ce que nous voulions. Je pense que Virgin nous proposera de temps en temps des choses qui ne nous correspondent pas du tout. Tu sais, un truc comme un gonflable publicitaire qui parcoure la ville!

Vous dites sur votre site internet que Tarentula, votre propre label, est un mouvement. Que ce que cela signifie exactement?

Nous voulons dire par là qu’il ne s’agit pas simplement d’une entreprise qui sort des disques de groupes. C’est un vrai noyau. Et nous avons tous les mêmes idées en matière d’art, de musique, et de vie. Je pense qu’il y a beaucoup de gamins qui pensent comme nous et qui sont attentifs à ce que nous faisons. Nous voudrions aussi à l’avenir sortir des fanzines, des livres, organiser des évènements, des concerts, des fêtes. Je pense que nous serons un label en constante évolution.

Comment avez vous été amené à créer ce label?

J’ai toujours été un grand collectionneur de disques et j’adore les packagings cools de labels comme Bacteria Sour ou Youth Attack!. Des groupes comme Rocket From The Crypt, Le Shok, et The Locust font vraiment des choses intéressantes en terme de packaging et de design. Je voulais monter un label qui ait ces qualités. Je pense que c’est vraiment bon pour les musiciens ou les mélomanes de connaître le processus entier de la fabrication d’un disque. Je sais que j’ai personnellement beaucoup appris. Mais notre plus grosse motivation est de produire des disques sympas de groupes que nous aimons et avec qui nous voulons travailler.

Est-ce que The Explosion est un groupe politique? Quels sont les sujets que tu aimes aborder dans les chansons?

C’est impossible pour n’importe quel groupe punk de ne pas aborder la politique dans ses chansons. Nous avons toujours été engagé, et ce depuis notre tout début. Nous ne sommes pas aussi directs qu’Anti Flag, par exemple, dans nos revendications mais je pense que l’auditeur les comprend tout autant. Nous avons sur ce dernier album des textes sur la guerre, notre putain de gouvernement, la crainte et l’anxiété de notre génération d’être menée par un groupe de droite.

Quelle est ta réaction face à la réélection de Bush?

Tout le groupe était fortement déçu. Nous avons incité à voter lorsque nous avons tourné cet été, nous avons travaillé avec Music For America pour informer les gens sur leur droit de vote. Fat Mike a également fait de très bonnes choses avec Punkvoter, et nous espérions tous que la jeunesse allait changer les choses en votant. Ca n’a pas été suffisant et je tremble à l’idée des quatre années à venir.

Quels sont vos projets pour l’avenir? Comptez vous passer par la France?

Nous partons le 8 février pour l’Europe et l’Angleterre et nous allons y rester presque deux mois. Nous jouons à Paris à la fin du mois de mars (en ouverture de New Found Glory, ndlr). Ca va être un gros concert. Nous espérons donc revenir à Paris plus tard pour partager les planches avec des groupes français et investir un lieu plus petit et plus intime. J’ai quelques amis qui vivent à Paris, ce sont tous des artistes et musiciens incroyables.

Le mot de la fin…

Merci pour cette interview! Si vous nous croisez en France, venez nous saluer, nous sommes des mecs cools. Ah oui, j’oubliais aussi: (en français dans le texte) Dans quel cimetière pourrais je trouver la tombe de Serge Gainsbourg?

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