Interview : Ten Foot Pole (01-1998)

Nous avons commencé la musique en jouant dans un garage à l’âge de 13 ans. Nous faisions des reprises de Black Sabbath, AC/DC, Circle Jerks, Minor Threat, Seven Seconds… C’est alors que nous avons monté Scared Straight qui a duré dix ans. II y a six ans nous avons changé de nom en prenant Ten Foot Pole. Nous avons autoproduit notre premier album « Swill » qui nous a fait connaître chez Epitaph avec qui nous sommes toujours maintenant après trois albums. Le dernier s’intitule « Insider » et est sorti en janvier 99. Le line-up du groupe a évolué: le dernier arrivé est Gien, le bassiste qui a remplacé Pete qui est maintenant ingénieur du son et qui est le premier canadien a intégrer le groupe. Le reste du groupe est de Los Angeles et plus particulièrement de Hollywood et Simi Valley.

Comment a réagi votre public face aux changements de membres et notamment en ce qui concerne le chant?

Le chant fut le plus gros changement. C’était il y a quatre ans maintenant. Scott chantait avec nous et est maintenant avec Pulley. II est vrai que des gens aimaient la voix de Scott mais la mienne aussi, car je suis dans le groupe depuis ses débuts. Je pense que certaines personnes doivent préférer ce que nous faisons aujourd’hui. II y a toujours des raisons qui expliquent les départs des musiciens. II faut se dire que ce qui arrive agit pour le bien du groupe. Cela apporte une évolution, une énergie. Pete a quitté le groupe pour des raisons professionnelles et financières car il ne parvenait plus à payer ses factures. Être dans un groupe est difficile, car nous devons quitter notre travail, tourner, en retrouver un en rentrant…

Parles nous de cette tournée avec Buckwild et Undeclinable Ambuscade…

C’est cool, nous avons déjà fait une douzaine de concerts, un super festival en Belgique. En France, nous avons fait Strasbourg, Caen et nous sommes là à Rennes aujourd’hui. Nous voyageons tous dans le même bus, nous sommes dix-huit et tout le monde est aimable. Parfois, il y a une petite gueulante car certains laissent traîner leurs affaires mais sinon nous nous amusons beaucoup, nous avons une console de jeux vidéos…

Peux-tu nous présenter votre dernier album?

Nous avons pris plus de temps cette fois-ci pour composer. J’ai écrit une grosse quinzaine de chansons, et nous avons longtemps travaillé dessus afin qu’elles soient le mieux réussies possible. La musique est la chose la plus importante alors si vos morceaux sont faits à la va-vite et que vous devez les jouer sans cesse en tournée… Nous sommes assez fiers de cet album.

Parait-il que pour « Unleashed », Mr Brett vous aurait demandé de jeter quelques morceaux avant la sortie de l’album. Apprécies-tu cette attitude qui est plus ou moins celle d’une major?

II nous a laissé le choix. Une major ne laisse pas d’alternatives. Brett m’a dit: « Dennis, je vous donne l’opportunité de retourner en studio afin de ré-enregistrer certains morceaux’. Pour moi, c’est un don, j’ai apprécié. J’aime travailler jusqu’à atteindre la perfection. II nous a repayé du studio. Nous avons bien sûr accepté car nous savions qu’il faisait ça pour que l’album soit encore meilleur. Par exemple, Nerf Herder est sur une major dont le boss a produit de nombreux tubes. Pete, notre ancien bassiste, les a rejoint pendant un temps et les a quitté parce qu’ils enregistraient et le boss refusait de le sortir à chaque fois car il jugeait que ce n’était pas assez bon pour passer à la radio. C’est l’esprit major. Epitaph n’impose rien mais propose.

Est-ce qu’un groupe doit avoir l’esprit de famille pour être sur Epitaph ?

Je ne pense pas qu’il y ait vraiment un esprit de famille. C’est une entreprise. Nous jouons avec des groupes dont certains sont des amis mais lorsqu’on voit Rancid, on ne se fait pas la bise. On prend des nouvelles, c’est tout.

As-tu des news fraîches from Epitaph ?

Tom Waits, c’est intéressant et surprenant. Epitaph a toujours essayé de signer de très bonnes choses comme Wayne Kramer. Tom Waits est totalement underground et je comprends tout à fait qu’ Epitaph l’ait signé.

Vous avez joué avec les Burning Heads, ressentez-vous des différences entre l’esprit français et américain?

C’est sûr qu’il y a des différences mais elles sont superficielles. C’est une culture et une langue différente. II y a quelques problèmes de compréhension mais au bout de quelques heures, tout rentre dans l’ordre. Nous avons eu de bons moments avec eux, ils sont cools.

Depuis votre split avec Satanic Surfers, en avez-vous fait d’autres?

Nous sommes très occupés. Nous travaillons sur les albums, nous tournons et travaillons car la musique ne nous permet pas de vivre correctement. C’est difficile de trouver le temps de faire ce genre de choses et nous préférons nous consacrer à nos albums. Nous avons fait ce split avec les Satanic Surfers car Scott est un joueur de baseball professionnel et nous ne pouvions tourner que quelques mois dans l’année. Nous avions donc eu pas mal de temps pour composer et enregistrer. De toutes manières, les gens préfèrent les albums aux splits. Nous ne faisons pas de promesses parce que nous n’avons pas le temps.

Quels sont vos projets?

Après l’Europe, nous partons au Canada et cet été nous prenons des vacances.

Pour quand est le prochain album?

Quand nous aurons de nouveaux morceaux, je pense dans un an, un an et demi.

Si tu veux rajouter quelque chose…

Nous avons un site internet ‘www.tenfootpole.com’ avec des infos, nos dates de concert, des photos. Beaucoup de gens nous envoient des photos alors faites pareil peut être que les vôtres y seront.

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