Interview : Skatalites (01-1999)

DS: Mon nom est Doreen Shaffer, chanteuse d’origine des Skatalites.

LB: Je suis Lloyd Brevett, contrebassiste d’origine des Skatalites.

Est-ce qu’il y a des membres qui jouent dans d’autres groupes que les Skatalites?

DS: Devon, le guitariste joue avec les New York Ska Jazz Ensemble, moi je joue avec Dr Ring Ding.

Pourquoi avoir fait ce choix?

DS: A l’époque, les musiciens des Skatalites enregistraient pour Island et la maison de disque ne voulait que des morceaux instrumentaux. Donc, notre manager s’est arrangé pour que je puisse enregistrer avec Dr Ring Ding And The Senior All Stars. Nous sommes rentrés en contact et je suis allée en Allemagne pour que l’album puisse voir la jour.

Vous étiez les seuls autrefois à apprendre la musique à l’école. D’après vous, est-ce que cela vous a donné une longueur d’avance sur les autres groupes de ska?

DS: Les musiciens ont tous appris 1a musique et je pense que cela a peut être un rapport avec la succès des Skatalites aujourd’hui. Mais en tous les cas, c’est également beaucoup du au fait que nous avons travaillé jours et nuits en studio. A partir du moment ou tu travailles, tu en récoltes les fruits à plus ou moins long terme.

Mais il n y a aucun groupe qui égale votre musique…

DS: Les Skatalites forment un groupe unique. Tout le monde pioche et est influencé par les Skatalites.

Il y a de plus en plus de jeunes membres aujourd’hui. Est-ce plus difficile de composer avec ce mélange des générations?

DS: Non, tout le monde amène ses idées, nous les jouons et les enregistrons. C’est plutôt un avantage qu’un inconvénient.

Ne craignez vous pas que ce mélange de générations puisse décrédibiliser le groupe vis à vis du public?

DS: Les membres d’origines sont décédés donc ils doivent être remplacés. L’important, ce sont les compositions.

LB: Nous ne sommes plus que trois membres fondateurs. Nous prenons en charge les nouveaux arrivants, et nous leurs disons ce que l’on voudrait qu’ils fassent. Nous avons ouvert la voix à de nombreux artistes comme Marley, Jimmy Cliff, nous leur avons montré comment passer les ponts de la musique.

Selon vous, quel groupe pourrait prendre 1a relève des Skatalites aujourd’hui?

LB: Nous les aidons à jouer la musique des Skatalites, à avoir le rythme. Tous essayent de le faire. Nous voulons que d’autres groupes atteignent notre niveau et fassent ce que nous avons l’habitude de faire. Nous nous faisons vieux maintenant, et il y a de nombreux jeunes autour de nous qui doivent être encouragés. Dans la salle ce soir, il y aura des jeunes de 14-15 ans et nous devons leur montrer ce qu’ils doivent faire. Après, ils ne voudront plus partir, nous serons frères. C’est ce que j’aime.

Etes vous en relation avec les groupes de reggae tels que Gladiators ou Israel Vibration. Y a-t-i1 une certaine unité entre les deux scènes?

DS: Tous ces groupes savent que les Skatalites représentent leur point de départ.

LB: Tous les artistes jamaïcains tels que Sly And Robbie savent ce qu’ils doivent aux Skatalites. Ils aiment notre musique, plus que tout.

Votre public est assez jeune en Europe. Quels sont les pays ou l’on peut trouver des personnes de votre génération dans le public?

LB: C’est surtout en Jamaïque et aux Etats Unis ou beaucoup de jamaïcains ont émigré.

Que ressentez-vous lorsque les groupes vous citent comme principale influence?

LB: Ca nous fait énormément plaisir.

Et votre motivation est toujours la même depuis toutes ces années? Vous avez toujours le même plaisir à jouer?

DS: C’est même encore mieux qu’avant. Nous aimons jouer devant un public, c’est ce qui nous fait le plus plaisir.

Quels sont vos projets?

DS: Nous allons rentrer en studio pour un nouvel album aux environs de novembre.

Si vous voulez ajouter quelque chose…

DS: Je dirais aux jeunes groupes de ska que les Skatalites sont devenus plus qu’un nom. C’est une marque. Chacun de ces groupes puisent dans les Skatalites. Il est bon de savoir que vous avez quelque chose que quelqu’un peut faire comme vous. Continuez de travailler.

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