Interview : Second Rate (01-2001)

Votre maxi est sorti sur Prehisto et Kérosène. Quel est le rôle respectif de chacun de ces deux labels?

Ils se partagent les frais de studio, de pressage et géreront la promotion auprès des magazines, des fanzines et des radios. Le CD devrait normalement bénéficier d’une distribution nationale.

Qu’en est-il de cette éventuelle distribution aux USA par le biais de Kérosène?

Ce n’est pas véritablement une distribution mais Kérosène a récemment sorti la version vynile du dernier Marshes, un live de Indecision et souhaite s’investir de plus en plus sur son label. Il est donc en contact avec quelques labels et activistes ricains comme Dr Strange, Lookout, Revelation, Doghouse, Deep Elm… qui sont mal distribués en Europe. On va donc essayer de faire des échanges et d’entrer en contact avec le maximum de personnes qui sont susceptibles d’aimer ce que l’on fait. C’est toujours bon à prendre et c’est bénéfique pour les deux parties.

Pouvez-vous nous parler de cet album par rapport au maxi?

Dans l’ensemble, il sera plus pêchu, plus rentre dedans et plus mature. Toujours la même recette, c’est à dire un mélange de punk rock mélodique/pop-punk et de post hardcore. Pas de grands bouleversements, on a juste cherché à être plus efficace… Les nouveaux morceaux sont peut être un peu plus linéaires, mid tempo mais il y a toujours quelques passages tendus et émotionnels. Mais bon, je ne suis certainement pas la personne la mieux placée pour en parler. On a bossé avec Fred Gramage au studio Pôle Nord de Blois sur plusieurs périodes. L’enregistrement s’est étalé sur seize jours. On va essayer, grâce à cet album, de passer à la vitesse supérieure et de tourner un maximum. On espère qu’il sera bien accueilli…

Beaucoup de groupes aux influences assez larges se définissent comme rock. Est-ce votre cas et si oui, ne craignez-vous pas le côté vieillissant et négatif du terme?

Nous faisons du rock ni plus ni moins… A partir du moment ou il y a des guitares, une basse, une batterie qui respectent le format « chanson » avec ses couplets et refrains; pour moi, c’est du putain de gros rock qui tâche… et c’est ce qui nous branche vraiment. Ce côté vieillissant, suivant ton expression, c’est ce qui fait le charme du style, ce côté un peu has-been rempli de clichés, abusant des poncifs inhérents au style. C’est ce qui nous fait kiffer. On sait que l’on ne peut pas faire de miracles dans cette configuration, on se branche, on plaque deux ou trois accords, quelques harmonies, un refrain bien senti et c’est parti… Des boots tu-poin, un bracelet à clou, des lunettes noires sur le zen, un peu de pento dans les cheveux…emballé, c’est pesé. A grands coups de kick dans le menton et va z’y que j’te kick les ratiches… Les baggy pants, sweats à capuche et autres saloperies du genre, ce n’est pas notre univers. On revendique haut et fort notre côté lourdingue et vieillot. Heavy-Indie-Glam-Hard-Emo-Rock, cela me semble être un bon terme pour définir notre zik.

Pour Second Rate, vous avez dit vouloir prendre du recul sur le mouvement hardcore. Explications…

Comme je l’ai expliqué précédemment, on a du mal à se retrouver dans le milieu « hype » du hardcore. Ce microcosme se veut une réponse, une alternative à ce qui se fait dans d’autres styles alors qu’il fonctionne de la même manière et qu’on y retrouve les mêmes inepties et « valeurs » gerbantes comme l’unité, les poses, les fringues, l’intolérance flagrante et le côté politiquement correct. Dans le groupe, on est tous passionnés de musique. Majors ou labels indés, on s’en tamponne le coquillard. Quand ça l’fait, on ne se pose pas de questions… Le hardcore, c’est un truc de crétins, un pseudo mode de vie pour djeunes en manque de sensation. Cela ne rime plus à rien, c’est de l’esbroufe, de la poudre aux yeux. Au début, on évoluait un peu dans cette sphère, on a fait quelques concerts, quelques festivals avec des groupes qui se disaient appartenir à cette antique société secrète. Putain, la rigolade! Une bande de chafoins écervelés qui scandent éternellement les mêmes salades pour des convertis. La notion d’indépendance est très importante pour nous mais pour le reste, on a rien à voir avec cette fanfaronnade. Cet été, je suis allé au festival Vort’N Vis en Belgique, et crois moi, sur le site, j’ai dû me pincer les tétons à plusieurs reprises pour savoir si je n’étais pas encore dans mon plumard à rêvasser comme le dernier des saligauds… Un amas d’abrutis qui ont découvert le rock n’ roll avec le dernier Refused et toute la scène suédoise. Fini leur panoplie de chant-mé new yorkais, maintenant les gaillots se sapent comme Elvis et écoutent Chuck Berry… Bravo les gars, ne changez rien, vous êtes parfaits… Quelle catastrophe!

Vous composez en acoustique. Quels sont les avantages de cette méthode de travail?

Le principal avantage est que ça m’évite de transporter mon gros Marshall à chaque répétition; parce que le rock n’roll c’est bien beau mais s’il faut que j’me fasse un tour de rein à chaque fois que je tiens un bon riff, je démissionne. Plus sérieusement, la guitare acoustique nous plaît, beaucoup de groupes que l’on aime ont des morceaux acoustiques (Pixies, Samiam, Jawbreaker, Weezer, Farside…). Je trouve que ça apporte un petit plus sur un album. C’est un instrument qui demande pas mal de feeling, de précision. Il n’y a pas de triche possible: si le morceau sonne sur une sèche, il sonnera sur une électrique. Pour ma part, j’écoute énormément de disques intégralement acoustiques comme Elliot Smith, Red House Painters, Polar… Sur le maxi, on avait deux acoustiques et sur l’album, ce sera pareil.

Et ce projet de disque acoustique?

On y pensera sérieusement après l’album. On va enregistrer cinq ou six morceaux avec violoncelle. On fera circuler les bandes à droite à gauche et si cela branche quelqu’un, on le sortira…

Pour finir, présentez nous brièvement Unwell et Vampire?

Unwell est une association qui se divise en trois pôles: le label (Vampire), la liste de distrib’ (Unwell Distrib’) et le fanzine/news letter (Unwell). On sort fin décembre 2000, en collaboration avec Buzz Off un split cd single 6 titres inédits avec Dead Pop Club, Second Rate, Flying Donuts, Uneven, Homeboys, et Waterdown (groupe power emo en passe d’être signé sur Victory) qui s’appelle « The Emo Glam Connection ». On espère sortir un gros numéro de Unwell avant Noël avec des news, des chroniques zik et ciné, interviews et le fatras habituel… En ce qui concerne Unwell Distrib’, n’hésitez pas à nous demander la liste complète à mon adresse (zines, CDs, EPs, compilations…)

Le mot de la fin…

Merci, bonne continuation. On embrasse l’équipe du Wagon et bien sûr toutes les filles du Mans. consultez notre site: www.multimania.com/secondr8. Keep the scene alive and don’t forget hardcore is a way of life, only the strong survive (naaan! j’déconne les mecs…!!!)

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