Interview – Rendez Vous, messes synthétiques

Rendez-Vous pose les bases avec un premier EP sorti le 25 novembre dernier chez Zappruder Records, mais s’attelle déjà au second. Imagerie vintage, ambiance gabber, son à tendance new wave, le groupe dépoussière les années 80 et 90 pour réactualiser ces décennies passées, version 2014. Avec une touche de trash-romantisme, des sons synthétiques étourdissants et efficaces, ils ont réussi à créer une atmosphère rétro-futuriste basculant entre deux époques, et à sortir cinq singles qui pourraient chacun être un tube. Rencontre.

Vous avez monté Rendez-vous il y a deux ans. Racontez-moi comment vous avez formé le groupe…

Elliot: On a commencé par enregistrer des premiers morceaux à deux avec Francis (basse voix), puis Max est rapidement arrivé au synthé. On a voulu agrandir le groupe et faire des concerts, donc il nous fallait un guitariste. C’est à ce moment là que Simon nous a rejoints. Courant 2012, on a donc fait une démo à quatre. A partir d’un EP, on a fait d’autres morceaux qu’on a triés et travaillés. On les sort cet automne sur notre EP.
Max: Le but était de trouver une direction avant de le sortir. Les morceaux sont faits depuis un an. On a pris le temps, mais c’est ce qu’il fallait.

L’imagerie qu’évoque votre musique est un peu une atmosphère romantico-trash des années 1990. Vous êtes nostalgiques de cette époque?

Elliot: On a grandi dans les années 1990, donc on a tous un peu des images qui nous viennent de là. Quand je faisais de la musique au début des années 2000, j’écoutais du punk, alors on ne peut pas dire que j’étais véritablement touché par le son des années 1980-90. C’est venu après, en revenant dessus. J’ai fini par accrocher. Donc non, pas vraiment de nostalgie musicale en ce qui me concerne.
Max: Par exemple, dans la vidéo qu’on a choisi pour faire le clip de ‘Donna’, les styles vestimentaires nous rappellent cette époque. On est peut-être un peu nostalgiques de ces années-là par rapport à ça. Disons que ce sont ces choses qui nous plaisent.
Elliot: Cette imagerie un peu dépressive et romantique, c’est ce qu’on retrouve beaucoup dans le rock et le grunge des années 1990, beaucoup plus que dans le punk rock ou le post punk des années 1980. Il y a une forme de pathos qui nous est proche. Les Cure avait un peu ce truc new wave déprimant, dépressif et romantique qu’on aime bien. Dans les années 1990, ça a pas mal évolué, tu as eu le shoegaze, le grunge… On met un peu toute cette imagerie dans notre musique. C’est que qu’on retrouve dans le film ‘Donnie Darko’ qui nous représente pas mal. La BO du film exprime un peu tout cet univers justement.

Quels sont les groupes que vous écoutiez au moment de composer votre EP? 

On écoute beaucoup The Cure. Pas mal de cold wave, beaucoup de shoegaze, du funk et du disco.
Max: Mais la création de cet EP a été assez étalée. Donc ca n’a pas été marqué par des disques en particulier. C’est trop diffus dans le temps.

Considérez-vous votre musique comme de la néo cold wave, et la néo new wave des années 2010?

Je pense que c’est plutôt un mélange. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne cherche pas à recopier un modèle qui est déjà bien fait. Tu entends beaucoup de groupes reprendre tous les codes jusqu’à recopier les styles un peu passés. On nous dit souvent qu’on a un son un peu vintage aussi, mais ce n’est pas le but principal. On est très heureux de vivre à cette époque, et on aime la musique actuelle.
Elliot: On ne veut pas se rattacher à une seule esthétique, on n’est pas uniquement tourné vers les années new wave, le passé et, surtout, on n’est pas nostalgique de ces années là.

Rendez-Vous, c’est un groupe pour faire la fête?

Oui ça peut. Surtout cet EP. Oui, on peut dire que ce disque est vachement festif. Le maitre mot, c’était ‘avoir de l’énergie’.
Max: C’est vrai qu’on cherchait des sons très efficaces et très dansants pour cet EP.

Parlez-moi de sa genèse justement… 

Elliot: Sur la face B, on a mis les deux anciens morceaux qu’il y avait sur la démo ‘Donna et Youth’. On voulait absolument les mettre sur le vinyle car on a senti que les gens les avaient bien appréciés, puis ce sont des titres qu’on aime bien et qu’on avait envie de sortir d’une manière officielle. Sur la face A, ce sont des compositions qu’on a conçus ensemble, sur toute l’année dernière. Il n’y a pas une ligne hyper directrice. C’est un condensé de tout ce qu’on a fait en un an et demi.
Max: Quand on se faisait écouter nos idées, on voulait qu’il y ait des sons un peu directs. Ce qui était certain, c’est que – pour ces morceaux – on voulait qu’ils aient un effet immédiat sur nous. On espère qu’ils auront le même effet sur ceux qui les écouteront.
Elliot: Efficacité, c’est le bon mot, avec même un côté un peu rentre-dedans.

Concernant l’artwork, il est un peu mystérieux. C’est une volonté?

On voulait quelque chose d’assez intemporel et d’assez fort. Ce n’est pas une photo qu’on a faite spécialement, on cherchait une image et on est tombé sur cette photo qu’une copine (Emmanuelle Pick) a prise.
Max: On voulait qu’il y ait un impact visuel un peu fort avec un côté un peu mystérieux. On cherchait quelque chose d’assez sombre. Au final, cette photo correspondait bien à l’image qu’on voulait renvoyer.

Vous faites aussi des mixtapes appelées ‘Kaleidoscope Dance’ que vous diffusez sur votre Soundcloud. Que représentent-elles pour vous?

Elliot: On essaie de faire des playlists un peu éclectiques. L’idée, c’est de faire quelque chose d’assez accessible, avec de la musique un peu pointue mais pas trop. On essaie d’en sortir une tous les six mois. Ca s’appelle ‘Kaleidoscope Dance’ car c’est censé être un peu dansant, c’est de la musique catchy que tu peux écouter si tu aimes bien la new wave. Il y a un peu de tout dedans: du hip hop, de la techno, du disco…
Max: Comme notre musique, il s’agit de morceaux immédiats et efficaces. L’idée, c’est que si tu aimes Rendez Vous et que tu ne connais pas ces titres, tu peux les apprécier. Pour créer ces playlists, chacun de nous donne une liste de morceaux qu’’il écoute ou qu’il aime bien, puis Elliott fait le mix de tout ça.

Vous travaillez sur votre nouvel EP qui devrait sortir en 2015. Qu’en sera-t-il?

Il sera un peu plus riche parce qu’on s’autorise à faire plus de choses. Sur le premier, toutes les chansons sont a peu près sur un même schéma qu’on adore, un peu en bloc. Pour le suivant, on se permet des morceaux un peu différents, et un peu moins rentre-dedans. L’EP contiendra six titres et sera pensé comme un mini album. On essaie de le concevoir en imaginant comment on l’écoutera plus tard dans sa globalité. Ce sera moins des singles séparés, il y aura une narration et un fil directeur. On a envie de le sortir assez rapidement parce qu’on en est super fier, mais aussi parce qu’on a envie de montrer où on en est maintenant. Les choses changent vite, et on a envie de faire écouter des choses un peu différentes. On aimerait bien qu’il sorte au deuxième semestre 2015.

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