Interview : New York Ska Jazz Ensemble (01-1999)

On commence par l’habituelle présentation…

KB: je suis Kerry Brown, je joue du clavier et chante. J’ai joué avec les Skatalites et les Scofflaws mais maintenant je me consacre uniquement à NYSJE.

RF: Je suis Ric Faulkner, je joue du trombone. J’ai officié avec les Toasters pendant longtemps. Sinon, Fred Reder est au saxophone, il a joué avec les Toasters pendant six ou sept ans; John MacCain est le batteur et a été celui des Toasters pendant douze ans; Charles Degray est notre nouveau bassiste et joue également dans Stubborn All Stars, et Devon James tourne avec nous mais est à la base le guitariste des Skatalites.

KB: Quelques uns d’entre-nous jouent également pour les Scofflaws et les One Groovie Coconuts qui est un groupe signé sur Ska Satellite, une division de Moon Records.

Est-ce qu’il est difficile de s’organiser lorsque l’on joue dans autant de groupes différents?

RF: Ca l’est moins maintenant car nous nous consacrons qu’aux NYSJE. Cary ne joue plus avec les Skatalites, nous n’avons pas joué avec les Toasters depuis un certain temps maintenant donc… Au début ce fut dur mais on parvenait tout de même à s’arranger

Pourquoi avoir créé un groupe comme NYSJE, mélangeant jazz et ska?

KB: Ric a commencé le groupe avec Fred et l’idée est venue lors du Skavoovee Tour lorsque j’étais avec les Skatalites. Nous parlions beaucoup de jazz entre nous, c’est à dire entre Les Skatalites, les Toasters, les Selecters et Special Beat. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble sur cette tournée et nous avons voulu partagé ce goût commun pour le jazz en créant un groupe.

RF: Ce qu’a dit Kerry est vrai. Nous étions amis et voulions faire quelque chose comme les Skatalites mais en y apportant une touche plus moderne. Nous avons donc pris les meilleurs musiciens que nous connaissions et nous avons commencé pour se faire plaisir.

Votre public provient-il de ces deux scènes ou y a-t-il une dominante?

KB: Au départ, il était surtout ska. Maintenant, il est très diversifié. Nous avons toujours des fans de ska, mais nous jouons aussi dans des clubs de jazz ou les gens sont assis, boivent un verre et applaudissent après chaque solo. C’est une bonne image du mélange jazz-ska que nous pratiquons. Le public jazz s’intéresse, vient voir des groupes dont il a juste entendu parlé, recherche quelque chose de nouveau.

Jouez-vous souvent dans des festivals de jazz par exemple?

KB: De plus en plus.

RF: Nous avons joué dans un grand festival de jazz en Hollande l’été dernier et je pense que nous allons en refaire cet été. Nous faisons également des festivals reggae comme le Bob Marley Day Festival en Californie ou il y a plus de dix milles personnes.

KB: C’était dans un stade à Los Angeles ou la programmation était entièrement reggae. Nous ne savions pas si cela allait plaire aux gens présents, mais apparemment ils ont été emballé.

Comment voyez-vous l’évolution de NYSJE tout au long des trois albums?

RF : C’est dur. Chaque album sonne différemment du précédent. Lors du premier album, nous n’avions encore jamais fait de concerts. Nous avons enregistré les deux premiers tiers en studio puis nous avons arrêté, pris un peu de recul et nous l’avons terminé trois mois après. Ce premier album est bon, mais nous n’avions pas vraiment l’habitude de jouer ensemble. II est énergique car tout cela était nouveau pour nous. Sur le deuxième album, on sent qu’il s’agit véritablement d’un groupe solide avec des parties chantées et des featurings. Sur le dernier, Get This, nous avons essayé de faire des choses différentes telles que des morceaux ska assez lents afin que tous nos albums ne se ressemblent pas. II y a une réelle évolution.

J’ai lu dans une interview des Slackers que Moon Records ne s’occupait véritablement que des Toasters et de NYSJE. Est-ce vrai, le ressentez-vous?

RF: Je ne veux pas parler publiquement des relations qu’entretient Moon Records avec les autres groupes. Je pense que les Slackers ont eu une mauvaise expérience avec Moon, ils le disent alors à la presse. Je ne sais pas si c’est justifié ou non mais cela ne concerne que le « private business ». Je ne dirai donc rien de mal sur qui que ce soit.

Comment est la scène musicale new yorkaise, y a t-il une unité importante entre les groupes?

RF: New York est tellement grand qu’il s’y passe énormément de choses. Il doit y avoir une quinzaine de scènes différentes (ska, jazz, rock, calypso,..). En ce qui concerne la scène ska, les groupes se soutiennent les uns et les autres. Quand nous avons besoin de musiciens pour tourner ou enregistrer, nous prenons dans les autres groupes et vice-versa. Tout le monde est gentil et compréhensif, il y a une grande entraide. L’unité entre les différentes scènes dépend des groupes. Certains groupes ska peuvent travailler avec des groupes punks si ils ont une vision commune de la musique.

KB: Maintenant il y a différentes sortes de ska dû au mélange de musiciens. Avec les Skatalites, Don Drummond était très ouvert musicalement, leur a apporté quelque chose d’indéniable . Et cela fait tâche d’huile jusqu’à Davon qui joue avec nous aujourd’hui. Il y a énormément de cas comme celui-là à New York.

Quels sont vos projets?

RF: Nous travaillons sur un album live. Depuis trois ans, nous conservons des cassettes de nos concerts. Nous allons sélectionner les meilleurs morceaux et allons le sortir en juillet ou août, je pense. Nous allons aussi sortir un 45t cet été, et allons faire un clip de ce morceau. Après cela, nous retournerons en studio pour le prochain album.

Enregistrer un live est une réelle volonté de votre part, ou est-ce le public qui le demande?

RF: Les deux. Le live pour un groupe, c’est une grande partie du travail. Pour un groupe comme nous, ou les morceaux ne sont jamais les mêmes étant donné que 1’on improvise beaucoup, ce serait très intéressant car les morceaux ne ressembleront pas à ceux de l’album. En studio, le musicien est stressé, concentré et il ne se dégage pas la même chose que sur scène ou on a plus tendance à se laisser aller.

Le mot de la fin…

RF: Merci à tous nos fans, à ceux qui viennent nous voir et achètent nos disques, merci à toi .

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