Interview : NASA

L’un est Américain, l’autre Brésilien, et NASA est le fruit de votre rencontre. Dans quelles circonstances avez-vous fait connaissance?

Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire de DVNO, un ami commun de chez EdBanger, lors d’une fête à Los Angeles. Ce soir là, nous avons tous les deux réalisé assez rapidement que nous avions les mêmes goûts musicaux et les mêmes affections en termes de musique.

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Selon vous, quels sont les points qui vous ont fait réaliser que vous étiez sur la même longueur d’onde? Quel est le rôle de chacun dans NASA?

Il n’a pas fallu très longtemps pour que nous prenions conscience que nous partagions le même amour pour pas mal de genres musicaux, et en particulier pour l’obscure musique brésilienne des années 60 et 70, comme le hip hop des années 90. Quant à nos rôles respectifs, je pense que nous amenons tous les deux les mêmes choses sur la table en termes de goûts et de choix des samples. Mais, d’une certaine manière, notre manière de travailler est différente, notamment en raison de nos différents parcours. Du coup, on utilise au maximum nos différences pour aboutir à quelque chose d’unique quand nous travaillons communément sur NASA.

Vous avez commencé à travailler sur cet album en 2003, ce qui fait un temps de gestation particulièrement long comparé à ce qui se fait habituellement. Ne craignez vous pas que certains titres soient marqués par le temps, qu’ils aient perdu en spontanéité au point d’entacher la cohérence de l’album? Je pense notamment au morceau « Gifted » qui est le dernier morceau enregistré, et selon moi le plus réussi…

Je ne vois pas vraiment les choses ainsi, dans le sens ou le but et l’esprit derrière ce disque a toujours été le même. Peu importe quand le titre a été enregistré. Reste que ce sont toujours des artistes d’horizon différent qui se réunissent, chose unique et spéciale que nous voulions avant tout.

Le statut de Dj/producteur n’est pas toujours facile à assumer étant donné qu’il impose souvent des collaborations extérieures pour ne pas aboutir sur quelque chose d’automatiquement instrumental. Encore plus sachant que les gens ont tendance à se méfier de ces disques avec beaucoup d’invités, craignant que cela cache une certaine médiocrité musicale. Comment avez-vous géré cela?

Je ne pense pas que nous ayions vraiment eu cela à l’esprit, tout comme ce que les gens pouvaient attendre de ce disque. Tout ce que nous pouvions faire était de nous concentrer sur notre objectif, sortir l’album que nous voulions. A la fin de chaque journée, nous étions satisfaits du travail accompli, et c’est bien le plus important quand tu t’investis autant dans un projet.

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Est-ce que la diversité des artistes présents reflète l’intégralité de vos goûts musicaux?

C’est effectivement ce que je dirais. Nous avons tous les deux toujours eu beaucoup d’admiration pour les différentes personnes et genres musicaux que nous avons essayé de réunir. Samba, rock, hip hop, baile funk, electro… Et plus que tout, nous avons eu la chance et la fierté de travailler avec quelques uns de nos artistes contemporains préférés.

Vous faites donc se rencontrer des artistes à l’opposé les uns des autres, comme Tom Waits et Kool Keith, ou Kanye West et Lykke Li. Est-ce quelque chose que vous avez voulu de systématique? Etes vous satisfaits de toutes ces collaborations?

Le but était bien sûr de rassembler des gens très différents, et de voir ce qu’ils créeraient, entre eux comme avec nous. Dire si quelques unes ont échoué reste très subjectif. Personnellement, je suis fier de voir à quel point tous se sont impliqués individuellement dans cet album, et sont allés bien au-delà de leur sphère musicale habituelle. Ce sont eux qui ont contribué pleinement à placer ce disque sous le signe d’une vraie collaboration.

Vous avez du être très convaincants pour amener autant d’invités de prestige sur ce disque. Quels ont été ceux qui ont été les plus difficiles à convaincre?

David Byrne et Tom Waits ont mis du temps à se manifester tout simplement parce qu’ils était beaucoup pris chacun de leur côté. Ca a été difficile de faire coïncider les emplois du temps. Après, nous n’avons pas eu à nous vendre beaucoup, c’était un projet assez ouvert, crédible, et clair sur ce que nous voulions faire que les gens concernés s’y sont vite retrouvés, ont tous voulu aller dans notre sens artistiquement parlant.

« The Spirit Of Apollo » a donc tout l’air d’un rêve réalisé. Est-ce vraiment le cas?

Après plus de six ans de travail, je peux reconnaître que ça prenne des airs surréalistes. Mais j’ai toujours eu une foi inébranlable en ce projet, la certitude que nous allions y arriver. Et ça s’est finalement concrétisé.

Vous avez aussi demandé à plusieurs designers de créer un artwork interchangeable. Comment les avez-vous choisi? Quels points communs ont ils avec votre approche?

C’est un peu la même chose qu’avec les Mcs et musiciens. Nous avons juste voulu travailler avec des artistes que nous respectons vraiment et qui, pour nous, sortent du lot. Ils font tous du très bon boulot individuellement, repoussent les limites de leur art, et n’hésitent pas à aller au-delà de ce que les gens attendent d’eux.

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Celui de Sage Vaughn a été choisi pour faire la pochette principale dans votre communication. Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre?

Tout simplement parce que l’image correspond plus à ce que nous avons fait. J’adore l’artwork de Sage, c’est pur et simple.

Défendre cet album sur scène ne va pas être une chose facile. Comment allez vous faire pour vous passer des featurings?

Nous avons un show de prêt, très intense avec quatre platines, trois mixers, et nous mixons aussi la vidéo en live en même temps que la musique. Nous allons faire des remixes, des titres originaux, des re-edits produits par nous deux. En plus de cela, nous avons recruté un crew de danseurs intergalactiques pour vraiment nous aider à faire quelque chose de visuel, d’une réelle ampleur live.

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