Interview : Mr Scruff (09-2003)

( interview réalisée en collaboration avec Agora FM … radio locale … 06 reprezent !! )

Quelles principales différences vois-tu entre « Keep It Unreal » et « Trouser Jazz »?

« Keep It Unreal » était mon premier album sur un label. Je n’ai pas osé pousser trop loin le mélange des musiques parce que certaines personnes se seraient perdues. Il y en a pas mal cependant mais j’ai vraiment donné la priorité au feeling, à l’humeur et à ma personnalité musicale. Je voulais que tout cela se croise sur ce premier opus. Il correspond bien, en fait, à l’artiste que j’étais à cette époque. Pour « Trouser Jazz », je me suis senti beaucoup plus à l’aise pour aborder toutes les musiques qui m’influencent. J’ai juste eu un travail de programmation sur le premier alors que pour celui ci, il a fallu aller un peu plus loin étant donné que des musiciens et chanteurs y ont participé.

Tu écoutes de nombreux styles musicaux. Est-ce qu’il y en a un qui ne t’inspire pas du tout et pourquoi?

Il y a de bonnes musiques qui ne me touchent pas trop comme la musique classique ou la country western. D’autres par contre, ne provoquent aucune réaction chez moi. Notamment la trance, la house progressive, je ne peux pas en écouter. Il n’y a pas de connexion entre elles et moi. Il y a d’autres musiques par contre que je ne connais pas trop mais qui m’intéressent, comme la musique indonésienne ou éthiopienne par exemple. Je suis influencé par de nombreuses musiques et c’est important en tant que Dj pour avoir une variété de sons conséquente. Tu peux ainsi tous les jours en apprendre sur la musique. Quand tu fais de la house, c’est primordial d’en connaître un rayon sur la musique électronique européenne des années 80 comme Kraftwerk, la disco, la soul, la Rn’B, le jazz et d’où viennent tous ces courants… Il est important pour moi d’avoir de bons fondamentaux musicaux.

Tu parlais tout à l’heure de musique éthiopienne. Quelle influence a t-elle sur ta musique concrètement?

C’est difficile à dire parce que la plupart des choses que j’ai de ce genre sont en cassettes. Donc c’est très difficile d’utiliser ce support en tant que Dj, et il faut choper des compilations en CD ou des choses comme ça. C’est une musique très intéressante car très personnelle et en même temps très blues, très hypnotique. Ca ne ressemble à rien d’autre même en la comparant à d’autres musiques africaines. C’est unique. J’aime la musique sénégalaise aussi tout comme la musique africaine en général. Cela fait vingt ans que j’en écoute mais je n’ai pas l’impression d’en connaître une palanquée à son sujet. Je pioche dans les musiques du monde et augmente tous les jours mon savoir. Tu découvres ainsi qu’elles ont toutes un lien entre elles. Tu peux aisément faire un rapprochement par exemple entre la musique africaine et sud américaine. Les producteurs modernes ont un véritable talent à utiliser un grand nombre d’influences au profit d’une seule et même ligne directrice.

Tu as toi-même dessiné tes pochettes. Pourquoi accordes-tu autant d’importance à ton image artistique?

Je pense que s’est venu naturellement car j’ai toujours aimé et dessiné des bandes déssinées. Ca permet aussi de s’assurer que ce qui se dégage de la pochette correspond bien avec la musique qu’elle contient. Ma musique s’écoute avec le sourire et je veux que les gens soient amusés par la pochette également. Ca me suit partout. Quand je fais un Dj Set, le flyer est souvent une bande dessinée. Je veux installer une atmosphère propice à la bonne humeur. Ca te permet ainsi de jouer toutes les musiques que tu désires.

Est-ce que l’image que ta musique et ton design dégagent correspond à ta propre personnalité?

Quand j’écoute de la musique, je me sens heureux. Quand je la compose, je veux qu’elle réunisse les gens et qu’elle les rende heureux. C’est une chose primordiale pour moi de communiquer ce que je ressens à l’écoute de la musique et de le partager avec des gens. J’aime quand les gens réagissent positivement. C’est difficile à décrire mais tu le ressens sans problème quand tu es dans l’action.

Quels sont tes projets à venir?

Je continue d’animer des soirées en tant que Dj résident dans un club londonien. Je vais aller rendre visite aux japonais et aux américains. Discographiquement parlant, je vais enregistrer un mix Solid Steel pour Ninja Tune qui devrait sortir en février-mars 2004 au plus tard. Ce sera un double CD avec une soixantaine de morceaux.

Un petit mot pour conclure …

Enjoy the sunshine !

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