Interview : Loisirs (10-2003)

En guise de présentation, pouvez vous présenter chacun des membres et leur passé musical?

Loisirs se compose de Rapha « Tiger » à la guitare et au chant, ancien guitariste de Libido; François « Bifi » au clavier et au chant, ancien bassiste de Izquierda; Seb « La Machine » à la batterie qui évoluait auparavant dans El Lords et Greg « Joe Le Pourri » à la basse et ancien chanteur de Init.

Loisirs semble avoir gagné en notoriété en très peu de temps. Chance ou véritable talent?

Ce genre de question, tu peux être sûr qu’on va répondre chance, et bien sûr promotion canapé. Donc chance d’être beaux comme des dieux. En fait on ne s’en rend pas vraiment compte. On a fait deux tournées et un split avec la famille Myra Lee avant que cet album ne sorte. Rien de bien original mais on est en effet un peu surpris. En tous les cas, le fait d’être sur un label et distribué y est pour beaucoup.

D’ailleurs pourquoi un nom français?

Attention, on peut prononcer « Loïzirz », à la fausse ricaine, ce qui signifie que c’est potentiellement pas français. Sinon, l’avantage immédiat de ce nom est sa signification que tout le monde peut comprendre par chez nous. Ca nous a tout de suite plu et fait rire…

On pourrait vous comparer hâtivement et certes facilement à un post At The Drive In. Ce rapprochement vous agace ou vous flatte?

Ni l’un ni l’autre… On a écouté, fait jouer deux fois à Poitiers et bien aimé At-the-Drive-In à la période « In/Casino/Out ». Ca avait vraiment la patate, c’était un très bon groupe de scène sans chercher à réinventer quoi que ce soit… Mais c’est valable pour beaucoup d’autres groupes qui nous ont peut être encore plus marqués. Ce que l’on fait n’a rien d’extraordinaire donc les comparaisons sont inévitables et ne nous gênent pas du tout.

« Glamoroso » semble être un beau pied de nez à ce nouveau son rock formaté qui squatte les ondes. Est-ce que cela confirme votre état d’esprit?

Merci du compliment. Mais je ne crois pas qu’il y ait une quelconque intention de faire un pied de nez, car cela impliquerait une notion de revanche ou une position qui ferait qu’on aurait quelque chose à prouver, et ce n’est pas ce qu’on met dans Loisirs. Nous n’avons pas l’intention de frapper un coup dans la fourmilière mais juste la volonté de jouer une musique qui nous apporte beaucoup de plaisir.

Dora Dorovitch semble avoir une ligne de conduite bien précise. Pouvez vous nous présenter le label, ses activités et son but?

Justement, la ligne de conduite est qu’il n’y en a pas, du moins artistiquement. Ils seraient mieux placés pour t’en parler. Ce que nous pouvons te dire est qu’à un moment, on a envoyé des démos à plusieurs labels et ce sont les seuls qui ont réagi illico. Ce sont en plus des amis, ce qui facilite le dialogue. Nous avons beaucoup de respect envers leur démarche d’éclectisme, c’est très courageux car le plus souvent on aime classer un label dans un style particulier. Eux, brouillent les pistes et ne sortent que ce qui les touche.

Votre album est distribué par Discograph, plus connu pour ses attachements à la musique électronique. Apportez vous une importance à cela?

On n’a pas choisi Discograph ou un autre distributeur. Le fait qu’ils ne soient pas hyper pointus sur le rock a amené des petits problèmes de compréhension, notamment dans la manière dont ils « vendent » le disque, avec des références qu’on n’approuve pas… Mais au-delà de ça, je crois que ce serait pareil avec un autre distributeur et pareil si on était un groupe électro chez Discograph. En fait, nous n’avons jamais demandé à être distribué car nous ne voulions pas rentrer dans une logique marchande par rapport à notre disque. Mais pour Dora Dorovitch, c’était un impératif que leurs disques soient accessibles au plus grand nombre. Nous avons finalement accepté sous la condition que l’on ne retrouve jamais l’album à plus de 15 euros en magasin, ce qui est déjà énorme. Le distributeur et le label ont accepté cela et diminuent leur marge. Mais c’était sans compter sur l’avidité de certains magasins qui, en profitant de la liberté des prix, le proposent à pas loin de 20 euros. Il faut savoir que ca leur fait presque 100% de marge. Nous retirons un goût amer de cette expérience puisqu’on ne peut apparemment rien faire contre cela. On s’est bien fait avoir, Dora Dorovitch et nous, et c’est une expérience que nous ne renouvellerons pas de cette manière.

La ville de Poitiers est un véritable exemple en matière de créativité, surtout au sein de la scène rock. Comment expliquez vous cela? Posséder une salle comme le Confort Moderne est-il déterminant et une chance pour vous?

Tout a été possible grâce à Raffarin. Il y a toujours eu une scène assez active à Poitiers. Les gens se connaissent et se respectent généralement tous, ce qui a produit une saine émulation. Le Confort Moderne a son importance en effet car depuis 1985, il propose des locaux de répétitions pas chers et parfois de bons concerts. Il y a en fait toujours eu des activistes comme La Machoire pour proposer des concerts pas chers, le plus souvent très biens, que ce soit au Confort ou ailleurs.

Vous revenez d’une première tournée française. Comment avez vous été accueilli?

Tout de suite les grands mots: tournée française! C’était en fait 11 dates à suivre dont une seule dans une salle équipée. Mais c’est un réel plaisir de jouer au sol, au plus près des maigres audiences venues plus ou moins par hasard dans un bar ou un squatt autogéré. D’ailleurs, quand tu es sur une scène après, ça fait bizarre. L’accueil des gens qui organisent est toujours ultra bon. Ca fait plaisir de voir qu’il est toujours possible d’organiser des concerts dans des endroits improbables avec seulement quelques personnes motivées pour s’en occuper. C’est indispensable pour des groupes comme nous qui ne cherchons pas la rentabilité, mais simplement à jouer. Et puis quel groupe ne rêverait pas d’être dans un camion avec les Myra Lee pour le Crêtes et Déglinguos Tour? On avait déjà tenté l’expérience avec Kurt l’année dernière au mois d’octobre. Ca permet de rencontrer plein de gens sympas et des groupes comme Gone Bald, Funeral Dinner, Criatura, Vomit For Breakfast, Panty Will… Beaucoup de plaisir et de très bons souvenirs…

Que voulez vous que les gens retiennent de Loisirs?

Ce qu’ils veulent.

Quels sont vos projets maintenant?

Comme d’habitude, c’est-à-dire travailler, prendre du bon temps et faire Loisirs quand on peut, se retrouver pour composer de nouveaux morceaux et pourquoi pas repartir faire des concerts.

Le mot de la fin…

The show must go home.

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