Interview : L’Altra (02-2005)

Votre précédent album est sorti en 2002, qu’avez vous fait de ces trois ans? Lindsay: Un enfant! Ça suffit pour résumer ma vie depuis trois ans… Donc essentiellement consacrée à la famille… Et j’ai quand même pas mal écris, et j’ai participé aux projets de Josh (Telefon Tel Aviv) et de Slicker.

J: Moi j’ai pas grand chose d’excitant à raconter. Je suis parti avec ma fiancée à Santiago du Chili, d’où elle est originaire et où elle travaille comme réalisatrice. J’en ai profité pour écrire beaucoup de musique, et quand je suis revenu à Chicago l’hiver dernier, j’ai appelé Lindsay pour qu’on mette tout ça à plat. Après le dernier album, on savait franchement pas ce que le groupe allait devenir et si on allait continuer. Et puis très naturellement, on s’est appelé pour se faire écouter ce qu’on avait écrit.

Lorsqu’on reprend les différents articles de presse vous concernant, on se rend compte que pas un ne cherche a dissocier votre vie privé de votre vie d’artiste. C’est génant pour vous ou juste logique?

L: Honnêtement, au début, tu ne peux que trouver ça agaçant. D’un point de vue personnel, quand t’essayes de sortir d’une relation longue et particulière et qu’à longueur de temps on t’en reparle, c’est lourd. D’un autre coté, je comprends aussi que, dans leur mode de fonctionnement, les médias cherchent des « histoires ». Pour eux, en plus de la musique, ils peuvent rajouter un contexte. Alors si en plus ce contexte correspond aux ambiances du groupe… Aujourd’hui, on a tous les deux refait nos vies, et y repenser à chaque fois c’est un peu étrange.

Vous vous verriez enregistrer un album à deux exemplaires, pour l’un et l’autre?

J: Commercialement, ce serait pas top! Mais c’est juste des chansons d’amour, ça peut parler à tout le monde.

L: Le truc intéressant à mon avis, c’est que tu peux écouter nos chansons en pensant qu’on les écrit juste l’un pour l’autre, du mâle a la femelle, ou de la femme à l’homme, mais je suis toujours surpris par le nombre d’e-mails que je reçois de gens qui se sont dit touchés par nos textes, qui se sont reconnus dans une chanson d’amour, parce que c’est généralement des chansons qui traitent de ça. Donc maintenant, quand j’écris, je suis plus forcément dans une optique égocentrique, j’ai plus tendance à parler de sentiments que chacun pourrait ressentir. En conclusion, je crois que j’aimerais vraiment pas écrire un album à notre simple usage personnel…

Pourquoi avoir signé chez Hefty Records, label avant tout électro?

J: C’est un choix qui s’est fait assez naturellement…

L: J’ai travaillé sur le dernier album de Telefon Tel Aviv, et Josh(Eustis) m’a présenté à John Hugues (Slicker) avec qui j’ai également enregistré pour son dernier album. On a entretenu de très bonnes relations donc quand John nous a proposé de sortir notre album sur Hefty, il n’y a pas franchement eu d’hésitation. En plus pour la première fois on a voulu que quelqu’un produise entièrement l’album, s’introduise entre nous et fasse un peu office de superviseur. Ce qu’on a pu faire avec Josh.

Qu’est ce que vous y avez trouvé qui vous manquait chez Aesthetics?

L: Par rapport à chez Aesthetics, ils ont beaucoup de monde qui travaillent pour eux.

J: Donc fatalement, ça te décharge de pas mal de boulot. Je crois que c’est la première fois que l’on peut se concentrer intégralement sur l’aspect musical de la production, à part éventuellement la promotion où on y met du notre.

Comment pourriez-vous définir le rôle de Joshua Eustis dans « Different Days »?

J: C’était vraiment un travail à trois. Josh a fait tous nos arrangements…

L: Il s’y connaît tellement en ce qui concerne tous les nouveaux matériels, et il a une culture musicale en général tellement importante! Donc c’est vraiment un travail de groupe qu’on a fait. Y a des moment où on a du faire des concessions les uns les autres mais ça s’est fait de manière assez équilibrée. Il n’y a pas eu de hiérarchie qui s’est installée.

J: Tous les deux, on avait l’habitude de travailler ensemble, et Josh de toute façon, on aimait le travail qu’il faisait. Donc, on ne peut pas vraiment parler de concessions.

Quelles étaient vos aspirations en collaborant avec lui?

L: On a cherché à faire un son différent, on voulait garder le fond, ce qui fait la personnalité de L’altra, mais on a quand même cherché à faire quelque chose qui sonne différemment de nos albums précédents.

Aprés des recherches, trés peu fouillées, la seule influence revendiquée que j’ai trouvé c’est « Tears For Fears »…

J: (rire gêné) Je sais pas trop pourquoi j’ai dit ça… Je vois bien dans quel article t’as péché ça, mais les raisons… En fait, ma plus grande influence, ça été mon grand frère, quand j’étais vraiment jeune. Mais globalement, mes influences c’est la musique des années 80.

L: Je me lâche… J’ai commencé à écouter de la musique avec Lionel Richie! (rire) Et plus tard j’ai écouté New Order ou les Cure…

J: Aujourd’hui, j’ai un problème, j’ai du mal à découvrir une musique sans l’écouter avec une oreille « professionnelle », sans essayer d’analyser chaque son. J’ai un peu de mal à me laisser aller quand j’écoute de la musique. Et ça me manque je crois.

L: C’est vrai que quand j’étais au lycée et que j’allais voir des concerts, je me souviens avoir pleuré tellement j’étais ému par ce que j’entendais et ce que je voyais. Maintenant, j’ai l’impression d’être essentiellement concentré sur la structure des morceaux que j’écoute.

Lindsay, parle nous du Wurlitzer…

L: C’est très important pour moi… Mais j’ai trouvé mieux! Le même son mais le clavier est transportable cette fois.

Votre rapport à l’Europe?

J: On avait déjà tous les deux vécus en Europe pendant nos études, moi a Aix en Provence et Lindsay en Espagne.

L: A chaque fois qu’on va là bas, on s’y sent un peu plus à l’aise, et j’adorerais pouvoir y rester plus longtemps un de ces jours.

Le mot de la fin?…

J: Juste un petit mot pour les français: tous les américains n’ont pas voté pour Bush, et ceux qui n’ont pas voté pour lui sont navrés de ce qui s’est passé…

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