Interview – Jean Jean, plutôt deux fois qu’une

La scène rock instrumentale française peut aujourd’hui se réjouir de compter Jean Jean dans ses rangs, d’autant plus depuis la sortie de ‘Symmetry‘, premier album qui décoiffe. Largement peaufinée lors de leur interminable tournée européenne, leur musique – complexe mais pas trop – s’amuse à constamment raboter les structures, casser les rythmes, et provoquer l’euphorie avec une efficacité surprenante. Tout en faisant leurs valises pour préparer leur prochaine tournée, les gars de Jean Jean répondent à nos questions…

Bonjour Jean Jean, qui êtes-vous? Est-ce que vous vous appelez tous Jean?

Salut, même pas. A la base, on est deux potos – Seb et Edouard – qui ont décidé de faire de la musique ensemble. Un peu après le lycée, on rêvait tous les deux de monter un groupe, de partir en tournée et d’enregistrer des disques, tous ces rêves un peu débiles qui nous ont fait continuer. On s’est vite rendu compte que, à deux, vu le type de musique qu’on voulait faire, ça allait être un peu compliqué. On s’est donc entouré de différents potes au clavier, à la basse, ou les deux. Il n’y a jamais eu de vrai line-up fixe dans Jean Jean, on était deux au début, puis trois, puis quatre. En ce moment, nous sommes trois, et le troisième du moment c’est Jean Mass qui fait du clavier. Il est cool. On aurait bien aimé tous s’appeler Jean, mais on laisse ça à nos tontons!

Jean Jean ,vous êtes plutôt Talk Talk ou Duran Duran?

Haha, on hésite entre les deux. En fait, la question serait plutôt: lequel des deux détestez-vous le moins?

Zombie Zombie ou Django Django?

Euh, quitte à choisir, on prendra Zombie Zombie, même si c’est pas vraiment un truc de référence pour nous. On connait encore moins Django Django, mais on vient d’écouter, et on n’a pas aimé.

Il s’est passé trois ans entre votre premier EP et ‘Symmetry’. Pourquoi avoir tant attendu?

On n’a pas vraiment attendu, on était plutôt occupé. Il s’est passé beaucoup de choses pour nous durant ces trois  ans, entre les changements de line up et les tournées… On est aussi totalement autodidacte en ce qui concerne les techniques d’enregistrement, mais c’est un truc qu’on aime beaucoup faire, surtout Edouard. Du coup, ça prend pas mal de temps, et d’argent aussi… Pour ‘Symmetry’, on a commencé un enregistrement en août 2012, mais on n’était pas satisfait du résultat donc on a tout mis à la poubelle pour recommencer six mois plus tard. C’est un truc qu’on fait souvent chez Jean Jean. La composition nous prend également beaucoup de temps et une fois que les morceaux existent, il faut réussir à les jouer correctement, pour ensuite les rôder en live, avant de les enregistrer.

Votre musique est souvent cataloguée math-rock. Que pensez-vous de cette appellation? Quelle est votre propre définition de votre musique?

On ne comprend pourquoi on est catalogué math-rock, même si on comprend aussi qu’il faille bien classer la musique qu’on fait, pour pouvoir donner au public une indication sur ce qu’il va entendre. Nous avons beaucoup été programmés avec des groupes de ce genre. Certains trouveront l’appellation agaçante, mais nous on s’en fout, c’est juste qu’on ne se reconnait pas dans ces termes. Chercher la complication juste pour l’effet de style n’est pas du tout notre démarche. Au contraire, quand on compose, les choses sont très fluides et basées sur le ressenti, très loin des restrictions des maths. En plus, c’est un style de musique qu’on n’écoute pas vraiment. Si nous devions donner un nom à notre musique, ce serait: post/indé/math/rock/zouk/dancefloor/neo/tropicana/électro/pichasse.

Vous partez bientôt en tournée en Russie et aux USA. Est-ce que vous appréhendez? Comment préparez-vous ce périple?

Pour la Russie, on a eu en cadeau des chaussettes en laine et des semelles anti-froid. Sinon, étant donné qu’on va partir avec un minimum de matériel (avion oblige), on est en train de réfléchir à limiter le nombre de claviers et autres machines avec des boutons et des lumières. Du coup, ce sera un set un peu plus allégé. On est vraiment super excité de faire tout ça, c’est clairement des rêves qui vont se réaliser si ça se fait! Et on est très conscient de la chance qu’on a de vivre toutes ces choses!

Vous avez apparemment joué dans pas mal de lieux assez insolites. Quel est votre meilleur souvenir de concert?

Ouais, c’est vrai qu’on a joué dans plein d’endroits de fou. Enfin, comme beaucoup de groupes qui bookent eux-mêmes leurs tournées. On se retrouve à jouer dans des lieux improbables, mais ça a son charme aussi. Un des meilleurs concerts, c’était au Point Ephémère, en première partie de Toe. Christophe de Kongfuzi (tourneur, ndlr) est venu nous voir juste avant de jouer, et nous a plus ou moins dit: ‘faites un beau concert les gars… et on verra après‘. On était mort de trouille. La salle était bondée, et ça a super bien marché. On avait des ailes ce soir là! Puis voir 400 têtes qui bougent sur ton coup de kick, ça fait quelque chose.

Y-a-t-il déjà un nouvel album dans les tuyaux? Que peut-on attendre?

On est en effet en train de ‘bosser’ sur le nouveau disque. Cette fois-ci, on n’a pas envie de laisser passer trois ans entre les deux. On aimerait bien que l’enregistrement se fasse aux alentours de fin 2014/début 2015. Il n’y a pas encore d’idée très définie du résultat. Quelques morceaux sont déjà établis, mais on ne les a pas encore bossés ensemble. On s’imagine qu’ils vont être beaucoup plus dansants, mais on en est vraiment qu’au début, tout peut encore changer. On a déjà évolué musicalement dans nos goûts depuis ‘Symmetry’, on espère donc que ce prochain disque aura une saveur encore différente.

Pouvez-vous nous donner chacun quelques morceaux qui vous ont marqués en 2013, avec une petite explication?

James Blake – ‘I Am Sold’

Edouard: Amour total…

Daughter – ‘Life Forms’

Jean Mass: C’est le truc le plus beau et le plus triste du monde.

Son lux – ‘Lost It To Trying’

Sébastien: Souvenir d’une soirée chez nos copains des Totorro.

Chvrches – ‘Gun’

Edouard: Irrépressible envie de danser!

Totorro – ‘Tonton Alain Michel’

Jean Mass: L’album n’est pas encore sorti mais j’ai eu la chance d’écouter les mixs. C’est de la bombe de balle. On valide tous les trois, on adore leur musique, leur album va être fou.

Mermonte – ‘David Le Merle’

Sébastien: Surtout depuis que je les ai vus en live.

Lana Del Rey – ‘Ride’

Edouard: Fascination intense

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2 réponses à Interview – Jean Jean, plutôt deux fois qu’une

  1. Totorro 13 janvier 2014 à 22 h 33 min #

    Vous dites des contre-vérités, on est pas copains !

  2. Francois Francois 14 janvier 2014 à 14 h 25 min #

    C’est vrai qu’il faudrait taire cette espèce d’amitié insoutenable entre deux groupes terriblement bons on risquerait de faire un amalgame entre la connivence et le talent.
    LOVE

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