Interview : Jackson (10-2005)

Jackson en live

Tu as mis quatre ans à composer « Smash ». Comment expliques tu ce laps de temps? Est-ce que ça n’a pas un peu égratigné la cohérence et la spontanéité du disque?

Peu importe, j’ai fait tout ce que je pouvais pour aller au bout de mes intuitions. J’ai privilégié l’expérience au confort d’écoute. Je m’en remets à certaines personnes. Si elles me disent que c’était cool d’écouter cette musique, alors j’oublie le reste. C’est un premier album, le moment de s’inventer des codes et une identité. Si ça doit passer par des accidents, des erreurs, c’est comme ça que j’en tirerai les plus grosses leçons. Je trouve plus bandant de faire un disque incohérent qui prend des risques, qu’un disque lisse vite consommé qui tient la route.

Est ce qu’il t’est arrivé pendant ces quatre ans de te faire rattraper par l’évolution musicale de la scène électronique? Est-ce une des raisons de ce grand laps de temps?

Je me suis un peu coupé de cette scène. C’est plus l’inverse, j’avais surtout peur de faire un disque de musique électronique qui soit enfermé dans une case de « musique actuelle ».

« L’irrespect des conventions et une anarchie jouissive » a t-il vraiment été ton objectif premier lors du processus de composition? Selon toi, un album est il forcément réussi lorsqu’il interpelle voire dérange?

J’aime les disques qui créent un choc émotionnel. J’avais envie d’intensité dramatique et ça peut être fait dans la douceur comme dans la sobriété. J’en n’ai peut être pas les ressources mais ça me semble assez logique comme point de départ de commencer un parcours par de la révolte et de l’excès. J’ai tout le temps d’apprendre à me canaliser. J’espère qu’il y a un peu d’humour et d’ironie qui transparaît quand même. C’est quand même bon de péter lesplombs…

Tu es salué comme une révélation. Comment vit-on cela pour la sortie d’un premier album? Ressens tu déjà une certaine pression pour tes futures productions?

Disons que c’est une pression agréable. Je prends ça bien surtout si les gens aiment mon album. Ca me donne plutôt de l’énergie.

Tu as plus ou moins collaboré avec Mr Oizo sur cet album. Quel a été son rôle pour le disque? T’a t-il influencé d’une manière ou d’une autre?

Il m’a accompagné. On a partagé certains moments de l’album. Il m’a aidé à prendre du recul, à faire des choix. Il m’a surtout encouragé dans ma démarche.

D’ailleurs, son deuxième album reçoit un accueil plus ou moins mitigé. Objectivement, quel est ton avis à ce sujet?

Subjectivement, je trouve que son album est super intéressant parce qu’il dégueule de singularité, et c’est plutôt rare.

Ta mère, Paula Moore, intervient sur l’album. A t-elle contribué au fait que tu sois dans la musique aujourd’hui? Si oui, comment? L’inviter sur ton premier album est il à interpréter comme un hommage?

C’est clair qu’elle à joué un rôle majeur dans le fait que je fasse de la musique aujourd’hui. Ca s’est fait naturellement parce que c’était beaucoup plus confortable pour moi que de m’adresser à une chanteuse avec il aurait fallu développer tout un rapport pour être à l’aise et en confiance. Là, c’était facile de lui chanter honteusement des mélodies. J’aime bien le coté gitan familial, et le fait d’impliquer une mère dans un disque cinglé.

Tu es sur Warp dans le monde entier sauf en France. Comment la rencontre avec ce prestigieux label s’est elle faite? D’ailleurs pourquoi pas Warp en France?

Je suis en contrat avec Universal depuis le début de ce projet. J’ai fait la connaissance d’un journaliste anglais, Piers Martin (Vice Magazine), qui a fait l’intermédiaire avec Warp. Le disque quasi fini, j’ai mis les deux labels en contact pour qu’ils fassent leur cuisine. C’est comme un fantasme qui se réalise.

Tu as effectué de nombreux remixes mais personne ne t’a encore remixé. Est-ce un choix ou une pure coïncidence? Pourquoi?

C’est un choix. J’ai fait des remixes pour me faire la main et découvrir comment différents morceaux de musique étaient construits (en les recevant en pièces détachées). Je ne suis pas attiré par le concept de donner plusieurs fonctions à un morceau. J’essaye d’avoir une approche définitive, et je n’ai pas envie de voir là ou j’ai échoué avec mes morceaux, ni d’y être confronté dans une forme que je n’avais pas envie de voir exister. C’est un peu égotrip mais j’assume.

Jackson va devoir maintenant passer par la scène. Quelles surprises nous réserves tu? Allons nous avoir droit à un accompagnement vidéo par exemple?

Ca s’est fait un peu dans le désordre. Je le vis comme une nouvelle étape. Sur scène, c’est assez sobre. Je fais des nouveaux morceaux que je travaille en même temps que je les joue devant des gens. Ce n’est pas vraiment encore de la scène, c’est plus un mode saltimbanque. Je cogite. On verra au moment du prochain disque…

Hors mis la scène, quels sont tes projets désormais(discographiques ou autres)?

Recevoir le plus possible de ce moment où je sors de mon trou avec ce disque. Après on verra.

Le mot de la fin…

La fin n’existe pas.

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