Interview : Ipanema (04-2006)

Pourquoi et comment as-tu décidé de former Ipanema juste après Serpico?Wiz : En fait, il s’agissait plutôt d’une mutation. Vraiment. Serpico s’est séparé de son deuxième guitariste mais, étant donné que nous avions encore quelques concerts de programmés que nous voulions absolument faire, nous avons continué en trio. Une fois ces concerts passés, nous avons réalisé qu’on se sentait plutôt bien sous cette forme, que les morceaux sonnaient bien et de manière différente. C’est alors que nous avons décidé de tirer un trait sur le passé, de changer de nom, de virer tous les anciens morceaux et de continuer en repartant de zéro.Vous avez eu quelques problèmes de line up récemment. Est-ce que tout s’est stabilisé désormais? Pourquoi les musiciens en question ont quitté le groupe?Les gens s’en vont car ils finissent par s’ennuyer, ou ne peuvent tout simplement pas donner le temps et l’énergie qu’un groupe demande. Parfois aussi, certains se font virer car ils sont fainéants ou sont une mauvaise influence pour le reste du groupe. C’est comme dans toutes relations, ça marche ou pas. Personne ne détient encore la formule parfaite!Est-ce que vous composez tous ensemble ou est-ce toi qui amène la plupart des idées de morceaux? En matière de paroles, quels sont tes thèmes de prédilection?C’est vraiment difficile à dire. Tout le monde contribue aux morceaux. J’aime bien jammer sur des riffs et parfois, le son du groupe peut te donner une voie ou t’engouffrer. Nous enregistrons la plupart de nos répétitions, ce qui est très utile. Mais j’écris aussi quelques titres tout seul chez moi. En ce qui concerne les paroles, il n’y a que moi qui les amène. J’écris au sujet de ce qui me touche, mais ce sont des sujets très différents qui peuvent changer du jour au lendemain. Cela peut aussi être très politique ou social, ce qui arrive bien plus fréquemment qu’avant. C’est sûrement dû au contexte dans lequel nous vivons.Après quoi cours tu encore après toutes ces années dans le punk rock?Tuer les méchants, sauver la princesse et sauver le monde!Tu joues et tournes depuis près de quinze ans maintenant. Es-tu parfois fatigué de tout cela? Qu’est ce que tu apprécies le plus dans le fait d’être musicien?Tout simplement écrire des chansons et créer. La musique est toujours ce que j’aime le plus au monde. Tourner et enregistrer sont deux choses vraiment très plaisantes. Comme…faire des interviews! Continuer d’être créatif me donne le smile, me donne l’impression que je ne perds pas mon temps…Est-ce que la scène punk actuelle te rend nostalgique des années 90?En fait, je ne suis pas sur de tout savoir sur la scène punk actuelle. En fait, je n’ai jamais rien su sur n’importe quelle scène punk. C’est pourquoi je ne suis pas nostalgique du passé, il y a aujourd’hui beaucoup de très bons groupes, beaucoup de beauté, de passion, de colère… Je n’ai jamais l’esprit à me dire « ce n’est plus ce que c’était ». Je pense que c’est un triste mode de pensée.Es tu aujourd’hui toujours aussi motivé à l’idée de mener une brillante carrière comme ce fut le cas avec Mega City 4, Doughboys, et Serpico?Je pense que je suis toujours aussi passionné qu’avant. Mais c’est très difficile pour moi d’être objectif à mon sujet. Je pense qu’il faudrait plutôt que tu poses la question à quelqu’un d’autre que moi. Quels sont les meilleurs souvenirs que tu gardes de chacune de ces période?Sûrement tous les amis que je me suis faits tout au long de ces années. Ah c’est beau ça!Mega City Four a été une grosse influence musicale pour beaucoup de groupes. Que ressens-tu face à ce constat? Comment considères tu les groupes que tu peux avoir influencé?Je suis très flatté que quelqu’un puisse dire cela. Je ne me rends pas vraiment compte que Mega City Four ait pu être une super influence pour un groupe. Et c’est sûrement mieux comme cela. Ce n’est pas bon pour quelqu’un de s’attarder sur les conséquences, positives ou négatives, de ce qu’il a pu faire par le passé. Comme j’ai dit tout à l’heure, seule une personne extérieure pourrait juger ou considérer l’influence de Mega City Four sur certains groupes. Je ne m’en chargerai pas, je suis bien trop occupé dans ma vie actuelle.Vous tournez actuellement avec Automatic Revolution, un groupe français. Comment les avez-vous rencontré?Arnaud et Matthieu ont organisé un de nos concerts à Clermont-Ferrand l’année dernière lorsque nous étions en route pour l’Espagne. Nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer avec leur autre groupe, Atomic Garden, et à passer un peu de temps à discuter avec eux en ville. Arnaud m’a alors donné un CD de Automatic Revolution, et lorsque je suis rentré à la maison et que je l’ai écouté, j’ai été vraiment impressionné. Ça me rappelle un peu Moving Targets. L’idée m’a donc semblé bonne de nous réunir sur la route quelque temps.Considères tu que le fait d’avoir joué dans Mega City Four et les Doughboys rend la crédibilité d’Ipanema encore plus forte aujourd’hui?Et bien… Ce sont deux très bons groupes, mais je ne pense pas qu’ils se reflètent sur ce que je fais aujourd’hui. J’espère des gens qu’ils soient vraiment objectifs. Je ne veux pas d’attention pour ce que j’ai fait, mais plutôt pour ce que je fais aujourd’hui. S’il vous plait…La musique d’Ipanema sonne comme si aucun groupe ne vous avait influencé récemment. Quels sont les groupes que tu aimes en ce moment? Qui peut influencer la musique d’Ipanema aujourd’hui?C’est dingue, personne ne m’a dit ça avant. Je pense que, parce que tu sais d’où je viens, tu t’attendais au genre de musique que je proposerais. Qui sait. Habituellement, les gens sont assez étonnés d’Ipanema puisque qu’il n’y a pas de références aux années 90. J’écoute beaucoup de groupes actuels comme Biffy Clyro, Jetplane Landing, Reuben, Ruin You, The Pluto, Loisirs, Meet Me In St Louis. Mais il y en a tant d’autres… Il y a tant de bonnes formations partout, même dans ma petite ville… J’écoute tout cela en ce moment, et toujours Queens Of The Stone Age et les premiers Smashing Pumpkins.Votre label (Bosstuneage Records) est assez inconnu. Peux-tu nous le présenter? Pourquoi avoir choisi celui-ci?C’est plutôt lui qui nous a choisi. Pour être honnête, personne n’est intéressé pour sortir nos disques à l’heure qu’il est. Bosstuneage Records est vraiment très motivé à l’idée de travailler avec nous. Heureusement. C’est Aston Stephens qui s’en occupe, un fan de toujours de Mega City Four. Il ne signe pas beaucoup de groupes, mais il est très enthousiaste et énergique dans ce qu’il fait. En fait, nous ne faisons pas ce que les maisons de disque appellent la musique populaire aujourd’hui.Mais, ça n’a jamais été le cas et ça ne m’empêche pas d’être heureux. Nous formons un bon groupe, et je suis sûr que nous aurons ce que nous méritons.Le téléchargement est une problématique pour les groupes et maisons de disque aujourd’hui. Quelle est ton opinion à ce sujet? Penses tu que le phénomène Myspace, par exemple, soit une solution?Je ne m’y connais pas beaucoup là-dedans, mais je pense que tout ce qui peut amener la musique underground aux gens est une bonne chose. Prendre le pouvoir aux gens qui le détiennent est une évolution assez cool et positive.Quand pourrons-nous écouter un véritable album de Ipanema?Nous espérons avoir un bon paquet de nouveaux morceaux pour les enregistrer à la fin de l’année. En fait, nous travaillons assez lentement puisque nous avons tous un job quotidien, et que nous continuons à régulièrement perdre des membres du groupe. Nous avons déjà cinq ou six titres de prêts. Idéalement, il nous en faudrait une bonne quinzaine pour qu’on puisse choisir les meilleurs. J’espère vraiment que nous les aurons pour cet été. Après la coupe du monde bien sûr!Prévoyez vous d’aller aux Etats-unis ou préférez-vous rester en Europe pour le moment?Nous avons besoin d’aller partout, mais ce n’est pas toujours possible étant donné que nous ne sommes qu’un groupe amateur. De ce fait, nous utilisons nos vacances au mieux. Un peu plus tard cette année, nous tournerons en Irlande et puis sur la côte Est des Etats-unis. Mais une semaine seulement à chaque fois. Il va bien falloir aussi qu’on donne notre premier concert à Londres cet été…Le mot de la fin?Lisez Chomsky….

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