Interview : High Tone (04-2000)

La formation actuelle date de 1997. On a commencé à s’orienter vers le novo-dub avec l’incorporation des platines. On s’axe sur le mélange comme peut le faire Massive Attack par exemple, on opte pas mal pour le mid-tempo, les grosses caisses continues et les trucs qui avancent bien. On a sorti un maxi en 98, on a participé à la compilation Alternative Novo Dub juste derrière, une participation aux Transmusicales a suivi. En 99, on était découverte Rhône Alpes au Printemps de Bourges, et un nouveau maxi est sorti. On a enregistré notre premier album en janvier 2000.

C’est votre premier groupe ou vous aviez déjà joué dans d’autres formations?

On est des super vieux potes. On a fait pas mal de trucs à côté mais depuis que ça marche, on se consacre surtout à High Tone. Il y en a qui ont fait du jazz, du hardcore avec notamment le bassiste de Mei Tei Sho… Sinon, on a des contacts avec Zebda, Ethnicians, et tout le collectif lyonnais qui adore la musique actuelle (électro, jungle, dub…) et qui le mixe toujours avec des instruments.

Comment vous êtes-vous retrouvé sur Jarring Effect, puis sur Pias?

Justement, ce collectif, c’est Jarring Effect. C’est dans ses locaux qu’on répète, notre manager en fait partie. Il y a également une antenne de Pias à Lyon, Cubik, qui nous a mis en contact avec eux pour la sortie de l’album.

Vous comptez rester indépendants ou une major ne serait pas de refus?

Pour l’instant, aucune n’est venue nous voir et de toutes façons on compte rester indépendants car c’est de là que l’on vient. En plus, tous les groupes qu’on a kiffé ces derniers temps bossent de manière indépendante et ça marche bien. On ne sait pas ce que nous réserve l’avenir mais en tous les cas, on n’est pas encore à ce niveau car même si nous sommes de plus en plus carrés, on a encore pas mal de boulot.

Comment avez-vous abordé ce stade du premier album?

On avait super envie de le faire. Après deux maxis et deux tournées françaises, c’était l’évolution logique. On voulait enregistrer plus de morceaux pour ceux qui aiment le groupe et qui nous supportent. Jusque là, on n’avait pas les moyens. Maintenant, on a un label, on est distribué… Pour le moment, on se contente de ce que l’on a et si on prend de l’importance et qu’il nous faut plus de moyens, on prendra une décision en conséquence. Au niveau travail, plus de la moitié des morceaux étaient dans le set des six derniers mois. On a pas mal bossé en studio, notamment sur l’improvisation. Ces morceaux improvisés sont simples mais efficaces et les gens les kiffent bien…

Vous intégrez l’image à vos concerts. Comment choisissez-vous les visuels, comment les travaillez vous?

C’est Pierre, du complexe Capharnaum (pas sûr de l’orthographe, ndr) qui les travaille. Sur la première année, il a pratiquement fait tout le boulot en mixant en direct. Ensuite, on a discuté pas mal pour qu’il capte ce que l’on voulait vraiment. Cette année, avec le nouveau set, on va intégrer une piste audio à la vidéo qui va intervenir pendant le concert. Pendant deux ans, on a fait mûrir ce concept pour que ce soit vraiment l’osmose, que tout soit lié. En plus, il a plein de sources qui peuvent répondre à nos idées et attentes. Il n’y a pas vraiment de message derrière les images mais si il y a quelques trucs un peu subtils et politisés. Pierre accentue vraiment les ambiances des morceaux et contribue à combler l’absence de chant et de jeu de scène. C’est un certain confort comme le fait d’avoir un sonorisateur qui évite au batteur de balancer ses effets pendant qu’il joue.

Est-ce que vous mûrissez également l’idée d’inclure l’image sur vos disques par le biais d’une piste CD-Rom?

Ca, c’est pareil, ça doit se faire. C’est une question de temps. Quand on a fait l’album, on tournait, après on a fait le remix de Zebda. C’est un projet de plus avec les remixes de Zenzile, le travail avec Ethnicians. On n’a pas le temps de répondre à toutes nos idées car en plus il faut composer pour ne pas rester sur de vieux morceaux. En plus, sur Lyon, on participe à des soirées… Quand la scène sera plus posée, nous le serons également et on aura plus le temps de gérer tous ces projets. En ce moment, on fait tout en même temps, tout se mélange. Et c’est la même chose pour tous les autres groupes dub français. Déjà, on est tous intermittents…

Comment expliquez-vous cet essor du dub depuis quelques mois?

On est tous sortis en même temps. On s’est tous croisé petit à petit, on a fait pas mal de concerts et le public a accroché. On travaille tous d’arrache-pied. Mais il y a toujours eu des gens qui ont écouté du dub dans le milieu indépendant et alternatif. Il y en avait pas mal à Londres et la connexion France-Angleterre devenant de plus en plus efficace a fait émerger le truc. Le dub est une musique de studio avant tout et nous bénéficions de moyens techniques aujourd’hui que nous ne pouvions pas avoir dans les années 80 par exemple. C’est exactement la même chose pour les musiques électroniques comme la drum n’ bass, la jungle ou la techno. Malgré nos villes différentes, tous les groupes dub ont eu la même trajectoire. Nos oreilles et nos carrières ont suivi la technologie.

Et à quel public êtes-vous confronté?

Tout dépend du plateau et des salles. Lorsqu’on joue avec des groupes de reggae, le public est assez surpris mais s’y retrouve tout comme les puristes de techno et de musiques électroniques. Des fois, on joue avec d’autres groupes dub et on pense être en face un public de puristes mais en fait il y a autant d’adeptes de reggae, que de hardcore ou de techno. Les gens s’éclatent vraiment.

À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire