Interview : Guns Of Brixton (12-2004)

Après un premier cinq titres éponyme, les quatre Normands de Guns of Brixton veulent enfoncer le clou avec un album prévu pour février 2005. Un brin ironiques, adeptes de la provocation, les Caennais délivrent un dub survitaminé, dopé au rock n’roll et enrichi aux basses écrasantes. Rencontre.

Quand et comment a débuté Guns of Brixton?

Tout a commencé il y a deux ans. À l’origine, nous étions cinq, mais deux musiciens nous ont quitté. Un est Dj sous le nom de Gormak, l’autre est nageur professionnel, il n’avait donc plus le temps… À présent, nous sommes quatre: Nicolas (basse), Sidoine (batterie), Cyrille (guitare) et Steven (machines).

Est-ce que Guns of Brixton, titre d’un morceau des Clash (London Calling, 1979), véhicule un message particulier?

Non, c’est d’ailleurs pour cette raison que notre musique est instrumentale. On ne lit pas, on n’écoute pas la radio et on tape les clochards dans la rue… En plus, nous n’aimons pas les Clash, ni la musique, ni les textes.

Et en ce moment, vous écoutez quoi?

Comme dans tous les groupes, c’est très varié. En vrac: Prince Far I, Neurosis, Flying Workers, De Facto, Isis, Cypress Hill, Brain Damage, Yage, Funeral Diner… et beaucoup d’autres choses encore.

Votre musique est un concentré de dub, d’electro, de rock, voire de post-rock. Comment est né ce cocktail?

Avant Guns of Brixton, nous avons testé de nombreux genres musicaux. Certains viennent du punk-hardcore, du reggae-dub, d’autres de la variété ou de la musique africaine. Le mix que tu entends sur nos cinq titres vient de là. Aujourd’hui, Guns of Brixton c’est une certaine alchimie entre le rock, le post rock, le dub et Michel Fugain.

Vous êtes vous fixé une limite dans l’exploration musicale?

Non, surtout pas. On fait ce que l’on ressent sans s’obliger à quoique ce soit. La limite de tous les groupes, c’est le split. C’est tout. Musicalement, nous ne cherchons pas à sonner comme ci ou comme ça. Nous essayons principalement d’éviter les fautes de goût, et ce n’est pas toujours facile… C’est pour ça aussi que l’appellation dub est pratique. Finalement, nous pouvons y mettre tout ce que nous souhaitons. On s’en fout d’être catalogué de telle ou telle façon, les petites batailles de styles musicaux ne nous intéressent pas.

Le dub made in France est en plein essor depuis quelques années. Comment l’expliquez-vous?

Difficile à dire, les groupes sont peut-être tout simplement bons, non? La scène française est inventive, variée… Leur musique séduit aussi bien des punks rockeurs que des reggaemen, plein de gens différents. La diversité musicale, le mélange d’influences ouvre à la curiosité.

En concert, à quel public êtes-vous confronté?

La encore, c’est assez éclectique. Il y a des fans de dub, mais il y a également des personnes d’horizons musicaux très différents. Après tout, il y a des curieux partout.

Et en dehors du groupe, quelles sont vos activités? Avez-vous des projets parallèles?

Dans Guns of Brixton, il y a deux chômeurs, un rmiste et un intermittent du spectacle. Nicolas (basse) joue dans un groupe d’émo hardcore qui s’appelle The Apollo Program. À part cela, il n’y a rien d’officiel pour le moment.

Entretenez-vous des rapports avec d’autres groupes de la scène dub française?

Nous nous sommes très bien entendus avec Ez3kiel et Aïwa, ce sont des gens bien. Sur la région caennaise, nous entretenons de bonnes relations avec nos potes de Tchao Paï Paï et de R2 jeux.

Comment s’est passée la rencontre avec le distributeur Mosaïc?

Très bien, merci. Nous avons rencontré Maxence lors d’un concert à Toulouse. Nous avons discuté dans les loges en buvant des bières, y’a pire comme rencontre. Ils ont l’air bien cool et à priori leur façon de procéder nous convient.

Et quel est le rôle de l’association Lakalashnik’off avec laquelle vous collaborez étroitement?

Lakalashnik’off gère tout ce que nous sommes incapables de faire, c’est à dire à peu près tout sauf la musique. Boris et Manu (têtes pensantes de l’association) font de nous des gens responsables!

Quelle est votre méthode de travail. Machines ou acoustique?

J’ai jeté mes disques de Tryo (rires)… En règle générale, nous procédons plutôt de manière électrique, avec des machines. Nous cherchons ensemble et ça marche pas mal. On improvise en répète jusqu’à trouver un terrain d’entente sur lequel nous pouvons commencer à construire les morceaux.

Combien de temps consacrez vous aux visuels: pochette, affiches, stickers?

Sachant que l’on fait ça nous même, ça demande beaucoup d’heures de travail. Surtout lorsqu’il faut se mettre d’accord sur le choix de tel ou tel truc plutôt qu’un autre. Mais le graphisme de départ n’a pas été très difficile à trouver. C’est la manière de se renouveler qui est plus compliquée.

Ça fait quel effet de jouer en première partie d’Horace Andy (Toulouse, octobre 2004)?

C’est flatteur. L’association qui nous a invité était vraiment très sympa et le public nous a bien accueilli.

Et d’ouvrir le festival Nordik Impact (Caen, novembre 2004)?

Étant donné que nous sommes de Caen, on jouait à domicile… C’est quand même un festival qui a rassemblé près de 15000 personnes. C’était très impressionnant!

Quels sont vos objectifs pour l’année à venir? Pensez-vous tourner en France?

Nos projets se résument au disque, et à la tournée qui accompagne sa sortie. Nous jouerons partout où nous serons acceptés. Nous n’avons pas de souhaits particuliers en terme de concerts. Plus on en fera mieux ce sera.

À quand le prochain opus?

Normalement, la sortie de l’album est prévue pour le mois de février. Nous avons enregistré à la bonne franquette avec Rodolphe, qui gère aussi notre son en concert. Il a un petit studio dans lequel nous avons mis en boîte le cd cinq titres. Beaucoup de groupes de Caen (Amanda Woodward, The Apollo Program…) sont allés chez lui. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est bluffant. Donc on recommencera.

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