Interview : Gladiators (01-1998)

J’étais entrepreneur, et c’est ainsi que la carrière des Gladiators a commencé. Quand j’étais sur les chantiers, je demandais à mon patron des congés, il me les accordais. Le premier morceau que nous avons enregistré venais de Skaville, et c’est à partir de là que le groupe a grandi et s’est développé.

Dans quelle mesure, agissez-vous pour le reggae jamaïcain ?

Je produis, je passe la main à de jeunes dj’s en leur disant comment s’y prendre, j’ai une école de musique pour apprendre aux gens à chanter.

Comment expliquez-vous que la Jamaïque soit le chaudron du reggae mondiale ? Qu’y a-t-il de plus qu’ailleurs ?

Le reggae vient de Jamaïque, il y a énormément de très bons groupes là-bas. C’est comme aux Etats-Unis, on ne peut pas jouer le blues comme les américains mais ils ne peuvent pas non plus jouer le reggae à notre manière. Nous sommes les créateurs du reggae, du ska et du rocksteady. Si vous voulez écouter du bon reggae, écoutez un groupe jamaïcain.

Que pensez-vous de cette nouvelle loi en Jamaïque qui interdit les sound systems après une certaine heure dans la soirée ?

Ce n’est pas interdit. Elle dit juste qu’à un moment de la nuit, il faut baisser le volume car cela dérange les gens aux alentours qui veulent dormir. Cela est du à tout ce « dancehall business ». Quand il y a du bon reggae, tout le monde vient voir. Des gens comme Burning Spear, Toots And The Maytals, sont de très bons chanteurs qui ne dérangent personne…

Etes vous d’accord avec cette loi ?

Oui, car parfois cela me dérange aussi même quand il s’agit de bon reggae.

Connaissez-vous la scène reggae française ?

Je sais qu’il y a de bons groupes en France mais je n’ai pas toujours le temps de les voir car sitôt le concert passé nous devons prendre l’avion. Le reggae qu’ils jouent n’est pas du reggae jamaïcain, mais ils sont bons. J’ai vu pas mal de groupes mais je ne me souviens pas de leurs noms.

Que pensez-vous des groupes qui allient reggae et autres styles de musique comme les Bad Brains par exemple ?

Je ne connais pas les Bad Brains mais parfois, vous pouvez mélanger les genres. J’ai un album en préparation qui mixe blues et reggae. Cela permet d’ouvrir l’esprit des gens. C’est du bon roots rock reggae avec de réelles « rastaman vibrations reggae ».

Depuis le début de votre carrière, votre motivation a-t-elle changée ?

Des membres d’aujourd’hui ne jouent pas depuis le début du groupe. Je ne changerai jamais, je chanterai toujours du roots rock reggae, jamais du reggae commercial. J’adore le roots rock reggae. II y a beaucoup de gens qui chantent le reggae, mais à des stades différents. J’attache de l’importance à l’arrangement musical. C’est grâce à cela que vous aurez un éternel bon morceau reggae.

Vous êtes souvent en France, est-ce un pays que vous appréciez ?

J’adore la France, j’adore vraiment la France. J’aime les gens, ils sont gentils, ils aiment le reggae. J’aime le Brésil aussi. J’adore la langue française, c’est romantique, je veux apprendre à parler français.

Vous avez donc un nouvel album de prévu ?

Nous le faisons avec Michel qui est notre arrangeur. II est avec nous ce soir. L’album n’a pas encore de titre, mais il est sacrément bon. C’est un « wicked LP »

Avez-vous d’autres projets ?

Je vais faire de la production. Je travaille avec quelques artistes jamaïcains qui donneront des productions diverses. Et je travaille bien sûr avec les Gladiators avec qui je suis quand même aux environs du 26ème album.

Un message à faire passer pour la fin ?

Je voudrais dire quelque chose à la jeunesse française. Restez à l’écart des drogues, servez Jah et vivez, ne prenez pas de drogues qui vous pourriront le cerveau. Ecoutez du bon reggae, du roots rock reggae. Pas de drogues, pas de cocaïne. Je suis Albert Griffith des Gladiators, (il chante) dreadlocks the time is now, stand up fight for your right, someone gonna get your culture man, roots natty don’t give up hold on…

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