Interview : Garrison (01-2001)

Nous avons commencé il y a deux ans quand Ed (guitare/chant) a décidé de composer des morceaux pour le fun. Nous nous connaissons tous depuis le lycée et nous avons toujours écouté le même style de musique. Il était donc logique que nous jouions ensemble. Nous avons fait une démo puis avons fait une tournée sur la côte Est (les Garrison sont de Boston, ndr…). Ensuite, nous avons sorti un 45t sur Espo Records à la fin de 98. L’année dernière nous avons sorti le maxi sur Revelation qui nous a permis de tourner un peu plus. Aujourd’hui nous sommes à notre premier album dont on va faire la publicité grâce à un mois de tournée aux Etats Unis et un mois en Europe à la fin de l’été.

Comment qualifiez-vous votre musique?

Nous sommes un groupe de rock tout simplement. Nous ne voulons pas nous qualifier nous-mêmes de groupe emo ou post hardcore pour nous permettre de créer plus facilement et jouer la musique que nous voulons. Nous ne voulons pas faire constamment le même disque ou trahir un style musical.

Comment s’est fait le deal avec Revelation?

Quand nous avons commencé, nous avons envoyé un nombre incroyable de démos à différents labels dans l’espoir que notre nom leur soit un minimum familier lorsque nous sortirions quelque chose de plus conséquent sur Espo. Nous en avons donc envoyé une à Revelation tout en pensant qu’ils n’allaient même pas l’écouter. Eh bien, c’est une des seuls labels qui nous a répondu. Ca a donc été une décision assez simple à prendre. Nous avons tous été dans des groupes auparavant qui autoproduisaient leurs sorties. Les retombées financières étaient plus intéressantes mais je pense que Revelation va nous permettre de toucher plus de gens et de faire ce que nous voulons c’est à dire tourner et rencontrer différentes cultures à travers le monde avec qui nous pourrons partager notre musique.

Etes-vous toujours en contact avec Espo Records?

Oui, tout le temps. Mon ami, Shred, dirige ce label et nous nous voyons plusieurs fois dans la semaine pour parler de choses et d’autres au sujet d’Espo. C’est un acharné du travail et il a sorti de superbes disques (Reach The Sky, Warren Commission, Close Call, The Shyness Clinic…). Il est aussi très intéressant de voir comment un label comme Espo se débrouille par rapport à Revelation qui est beaucoup plus gros et emploie dix fois plus de gens.

Vous semblez jouer avec beaucoup de groupes comme Boy Sets Fire ou Botch dont les musiques sont assez différentes de la vôtre. Pourquoi ce choix?

Pourquoi ne tournerions pas avec ce genre de groupe? J’ai toujours apprécié différentes musiques, et pour moi, jouer avec ce genre de groupe n’a rien de choquant. Leur musique est peut être plus violente mais leur manière de voir les choses est la même que la nôtre. Par exemple, nos textes ne sont pas portés sur la politique comme ceux de Boy Sets Fire mais nous sommes en parfait accord avec ce que Nathan (BSF, ndr) dis. C’est exactement la même chose pour eux. Quand j’étais à la Fac, je passais tout mon temps dans un collectif d’artistes qui organisait des concerts. Un jour vous pouviez voir un groupe de hardcore, le lendemain un groupe de techno, ou de metal et parfois même des évènements qui n’avaient rien de musical. C’était très enrichissant car quel que soit le style musical ou l’évènement, c’était une manifestation underground ou des personnes pouvaient s’exprimer dans leur propre style et tout le monde assistait à des choses qui ne les concernait pas forcément à la base. Pour revenir à ta question, j’espère continuer à jouer longtemps avec des groupes qui ne sonnent pas forcément comme Garrison car je veux tout le temps prendre part à une expérience et pas seulement à un concert de plus.

Vous avez enregistré votre album avec Kurt Ballow de Converge. Ce choix suit-il ce sentiment d’expérience?

Oui et puis c’est un bon ami que nous connaissons depuis quelques années maintenant. Nous avons pratiquement évolué ensemble et dans la même scène donc il était assez facile de travailler sur un enregistrement d’autant plus qu’il sait d’ou nous venons et a suivi notre évolution. Il a autant que nous ce sentiment d’expérimentation constante et je peux te dire que les idées fusaient dans le studio…

Tu dis à propos des paroles que tu préfères utiliser ton passé plutôt que de le rayer de ta mémoire. Parles tu du plan musical uniquement ou de ta vie privée en général?

De toutes les facettes de ma vie privée. Nous avons tous connus des hauts et des bas dans nos vies et nous les faisons connaître à notre auditoire. Tout le monde peut comprendre le sentiment que tu peux avoir face à la perte d’un être cher, d’une trahison, d’une perte de motivation. C’est cela qui nous intéresse; plus que les petits détails de nos vies privées qui ont plus ou moins de sens. Nous essayons de ne pas trop nous impliquer dans nos textes car nous essayons de communiquer avec les autres par le biais de ces chansons et surtout de prendre notre pied à écrire des textes qui nous donnent envie de nous déchaîner sur scène. Nos principaux thèmes se résument au fait de ne pas nous laisser abattre par la vie. Nous sommes sur Terre que pour très peu de temps et il est très facile de stagner. Notre souhait est de toujours être compréhensifs et ouverts à des idées nouvelles plutôt que de se casser les dents toute notre vie.

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