Interview : Flying Donuts (03-2006)

Vous avez mis quatre ans à sortir votre second album. Pourquoi tout ce temps?On a fait pas mal de choses entre ces deux disques puisqu’on est apparu sur des compilations et des splits 45t. Et puis, on ne s’est jamais vraiment arrêté de tourner pour composer « Renewed Attack »… Notre optique a toujours été de se dire qu’on préférait prendre notre temps, histoire de ne rien bâcler…Vos ambitions pour « Renewed Attack » étaient plus grandes. Pourtant, cela ne vous a pas permis de trouver un label plus facilement, ce qui est assez surprenant. Quels étaient les raisons des refus?En fait, nous avions quelques possibilités qui ne se sont jamais concrétisées, faute de moyens… À l’heure actuelle, les labels indés ne prennent plus vraiment de risques, et c’est bien dommage… Et puis, avec le recul avoir sorti le disque comme des grands, ce n’est pas plus mal! Le seul gros souci, c’était de trouver un bon distributeur, mais maintenant, c’est bon puisque c’est Overcome qui s’occupe de nous. Alors oui, il est certain que cela demande une masse de boulot considérable si tu cherches à faire les choses correctement, mais l’avantage c’est que tu gardes le contrôle…Comment contacte t-on et s’offre t-on les services de quelqu’un comme Harvey Birrell à la production et d’Alan Douches au mastering?Concernant Harvey, ça n’a pas été compliqué : on avait envie d’enregistrer avec un anglais, histoire de sonner autrement, d’avoir un accent anglais moins « frenchy » et un vrai son de guitare! On a simplement fait des recherches sur les pochettes de nos vieux disques, et nous sommes tombés sur son adresse, nous lui avons envoyé un mail, nos anciennes prods en croisant les doigts, et il nous a répondu positivement en nous expliquant que ça le bottait. Et comme ses tarifs sont abordables, ça a roulé comme ça… Pour le mastering, même chose, sauf que l’on a jamais rencontré le personnage! Tout s’est fait à la « confiance »…Cet album possède beaucoup plus de relents rock n’roll que « Last Straight Line ». Doit-on en conclure que les Flying Donuts se sont décomplexés et laissent désormais ressortir ouvertement leurs influences de jeunesse?Non, on suit juste nos envies, sans aucune barrière… C’est vrai que cet album est plus « riche » en influences que le précédent mais c’est normal, tu grandis, tu t’ouvres à plus de choses… Et puis faut que ça rock!Les guitares sont aussi beaucoup mises en avant. Pourquoi ce choix?Parce que simplement nous sommes un groupe de « rock »… Nous ne somme pas allés taquiner un anglais pour rien. Les grosses guitares en avant, c’est le mix typique d’un bon « rosbif ». On le savait d’avance…Avec Dead Pop Club, vous semblez avoir, entre autres, comme point commun un certain intérêt pour les comics. D’ailleurs votre pochette est signée Erik Kriek… Est-ce que les comics sont pour vous indissociables du rock n’roll ?Indissociables, peut être pas à ce point… Nous, on a juste voulu faire un truc différent de nos anciennes prods, quelque chose de soigné, direct, chouette et efficace… Et on est grave content du résultat…Il est de plus en plus difficile de tourner de nos jours, pourtant vous y parvenez. Mieux, vous tapez maintenant à l’étranger. Quel est votre secret? Quels conseils donneriez-vous à des groupes qui débutent et qui ont déjà quelques supports sous le bras?Croyez en ce que vous faites, prenez vous en main, n’attendez pas que tout arrive sur un plateau d’argent, faites le point sur ce que vous avez vraiment envie de vivre et si vous êtes chaud pour bouffer du kilomètre, faites les gitans sur les routes mais ne vous tapez pas sur la gueule avec les « vrais » routiers, ils sont toujours plus fort!… Et surtout, sortez vous les doigts du cul, cherchez des plans partout, envoyer des disques partout…Quel accueil vous font les pays étrangers ? Allez, racontez nous quelques anecdotes de tournée… Vos pires et meilleurs souvenirs dans le camion?L’accueil à l’étranger est cool, parfois un peu « roots », mais ça fait partie du truc… Des anecdotes de tournées, on en a des milliards, ce serait trop long… On va simplement dire que dernièrement, la tournée en Croatie, Slovénie et Suisse fut un grand moment de rock n’roll, de rencontre et de partage… Les femmes sont très très très avenantes par là-bas!!!. Après les galères, on sait aussi ce que ça veut dire, entre les plans « hébergement miteux », « van fatigué », et « faux plans », on s’en sort quand même pas trop mal…Vous faites partie de ces groupes qui se sont retrouvés sur le pavé suite à la fermeture de leur distributeur indépendant. Comment avez-vous vécu cela? En quoi est-ce un épisode difficile?Dans cet épisode douloureux, nous nous en sommes bien sortis dans le sens où nous avions à l’époque déjà vendu la plupart des disques que ce distributeur prenait en charge… Mais c’est clair que c’était bien la « loose » cette histoire, pleins de groupes se sont retrouvés dans la merde et il a fallu que tout le monde se reprenne en main…Le groupe fête ses dix ans cette année. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru?Le chemin typique d’un groupe qui a la « gnaque », c’est-à-dire répétitions, démos, concerts, albums, concerts, répétitions, albums, tournées… 10 ans cette année et on n’a rien vu passer! Du moment que la passion prend le dessus, le temps est invisible… Perso, je crois que mon groupe, c’est la chose dont je suis le plus fier, tout comme d’avoir conserver cette énorme amitié entre nous depuis une décennie, c’est vraiment chouette. Jouer dans un groupe, ce n’est pas JUSTE faire de la musique avec des potes…Vous avez été un temps en quatuor. Quel souvenir gardez vous de cette période? Recherchez vous donc désormais un remplaçant à Raph ou est ce que les Flying Donuts sont faits pour rouler en format trio?Nous gardons un très bon souvenir de notre expérience à quatre mais, comme tu le dis, nous sommes faits pour rouler en trio, définitivement… Le départ de Raf nous a ouvert les yeux sur pas mal de choses. A ce moment-là, on venait d’enregistrer l’album, nous n’avions toujours pas de label… Du coup, on s’est dit qu’il fallait continuer le truc à 300 % et le sortir nous-mêmes sans attendre qu’on nous offre un bon deal.Il y a un peu plus de trois ans, dans notre première interview, vous nous confessiez être de jeunes hard rockeurs. Ça s’est vérifié. Quelqu’un du groupe nous disait aussi que Ben était un fervent admirateur des films de boule. Alors à quand le premier tournage?C’est fait, il a tourné son premier long-métrage intitulé « Benny envoie le bousin ». Il a fait ça lors de notre tournée dans les pays de l’est l’an dernier. Il vient juste de trouver une boîte de prod qui se nomme « Prépus Productions » et nous sommes en train de réfléchir à un tarif spécifique sur notre distro: le dernier album + 1 t shirt +1 badge + 1film de cul avec zéro censure et des scènes à t’en faire exploser la braguette, le tout pour 25 euros. Honnête non?Quels sont les projets des Flying désormais?La sortie de l’album en 33t, format « picture disc » sur un label suisse (GPS) pour avril… Et puis, évidemment, tourner au maximum pour ce disque, axer nos démarches sur l’étranger parce qu’on a envie de voir du pays… Et il faudra se remettre à composer pour le prochain… Le rock’n’roll ne s’arrête jamais!Le mot de la fin…Merci à toi, et longue vie à ton zine. Le rock n’roll, c’est aussi et surtout des gens comme toi, ceux qui font ça avec passion et qui font que les choses avancent… See you on the road!

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