Interview : Finch (03-2003)

Randy a toujours voulu être sur Drive Thru. Pourquoi cette insistance?

Alex: Il était comme tous les gamins californiens qui suivent un peu les labels de musique qu’ils aiment et accrochait plus particulièrement sur Drive Thru. Il leur envoyait souvent des emails, les rencontrait aux concerts, et leur envoyait toujours une trace de ses groupes. Lorsqu’il a rejoint Finch en tant que second guitariste, il a fait de même. Il nous a dit qu’il les connaissait, nous avons donc joué pour eux, ils ont été convaincus et nous ont signés sur le champ.

Aviez vous autant d’espoir avant que Randy ne vous rejoigne?

J’ai commencé le groupe alors que j’étais encore à l’école. Je voulais juste jouer et donner un maximum de concerts en Californie, ce qui est largement possible étant donné la scène là-bas et les nombreux concerts. Le groupe a progressivement évolué mais c’est vraiment dingue toute cette histoire…

Est-ce que désormais, pour toi, la persévérance est un facteur de succès?

Oui bien sûr, quoi que tu fasses, quand tu insistes, tu as plus de chance de réussir que si tu abandonnes au premier refus. Tu dois toujours continuer, te battre pour ce dont tu crois.

Comment vis tu cette soudaine reconnaissance internationale?

Ce qui nous arrive aujourd’hui est ce dont j’ai toujours rêvé. Je ne peux pas demander mieux. Chaque jour est vraiment génial, il arrive toujours quelque chose d’hallucinant. Je rentre chez moi, j’allume la télé, je regarde MTV et je vois mon groupe passer… C’est le rêve, c’est incroyable! Je vis vraiment bien tout cela, c’est un « fun ride ».

As tu certaines appréhensions concernant l’avenir du groupe? Etre sous les feux des médias peut également être dangereux…

Il y a toujours des problèmes quand ton groupe se développe mais tu dois faire avec et surmonter les obstacles. Nous n’avons pas de craintes sur un sujet précis. Pour l’instant, tout va bien, le disque sort un peu partout et on le défend. On verra après…

Quels sont les avantages et inconvénients de passer de l’amateurisme au professionnalisme?

Je ne me considère pas comme un professionnel, je vis encore chez mes parents donc…

A partir du moment ou tu en vis, on peut dire cela…

C’est vrai. En fait, nous devons être beaucoup plus responsables de ce que nous faisons au quotidien, dans la vie comme au sein du groupe. Nous sommes parvenus à un certain niveau, à être signés sur ce label, nous faisons des interviews… Nous ne faisons plus que cela maintenant donc il faut assumer et prendre très au sérieux notre pouvoir de décision.

Aujourd’hui, le néo métal s’essouffle alors que le rock revient au galop. Penses tu que votre succès soit aussi du au fait que vous répondiez à une certaine conjoncture?

Je ne sais pas. Il est possible que nous soyons arrivés au bon moment. Nous jouons une musique que nous aimons et le public semble bien nous le rendre donc on en profite sans trop réfléchir à la question même si il est largement possible que ça nous ait aidé. Mais aujourd’hui, les gens sont complètement dingues avec la musique, ils recherchent toujours la « next big thing » mais il y a plein de groupes qui émergent, du moins aux USA, comme From Autumn To Ashes et qui sont aussi intéressants que nous. Mais les choses vont bien, nous prenons de l’expérience et gérons notre carrière du mieux que nous pouvons.

Considères tu toi-même Finch comme la « next big thing »?

Fuck… Je ne sais pas. Les gens disent cela mais je veux juste jouer de la musique, de la batterie, faire partie d’un groupe, me marrer et arrivera ce qui arrivera. A vrai dire, je me fous un peu du succès et de l’argent. Je ne suis pas là, en France, pour cela. A partir du moment ou j’en vis et que je ne peux faire que cela, c’est tout le principal.

Comment est Finch sur scène par rapport au studio?

Pour l’album, notre producteur et nous avons essayé de retranscrire notre énergie live. Nous nous lâchons un peu en concert, donc nous rallongeons des plans, nous expérimentons. Les morceaux sont pour nous assez anciens, cela fait un moment que nous les jouons donc nous pouvons nous laisser aller à quelques écarts.

Votre album est sorti il y a plus d’un an aux Etats Unis alors qu’il ne sort que maintenant en Europe. Comment vivez vous ce décalage?

C’est comme une nouvelle naissance. C’est dingue pour nous de venir jouer en Europe, d’être confronté à un nouveau public. Cela nous apporte une énergie nouvelle de voir ces gens nous appréciez et être à fond dans nos concerts. C’est trop cool.

Peux tu nous expliquer la différence précise entre Drive Thru et MCA? Je crois que vous êtes sur MCA maintenant…

Oui, nous sommes désormais chez MCA. Notre premier disque, « Falling Into Place » est sorti chez Drive Thru, qui est un label de MCA. Maintenant que nous avons du succès et que les choses deviennent plus importantes, nous sommes affiliés plus précisément à MCA. Cela nous aide plus particulièrement pour tout ce qui est du côté financier et des responsabilités, il y a plus de travail. Ils ont aussi plus de moyens pour pousser, pour promouvoir notre album.

Etant donné l’évolution de votre carrière, as tu changé d’opinion concernant les majors et les compromis qui y sont liés?

Oui même si je ne comprends pas comment les maisons de disque agissent et pensent parfois. Tout est tellement lié aux médias que si tu n’as pas les moyens et les gens derrière toi pour t’imposer, tu restes dans l’ombre à galérer. Après, elles ne sont pas très humaines, tu n’es qu’un formulaire, un produit à travailler. Cela m’attriste parfois de voir leur comportement avec certains groupes. Pour moi, elles sont juste un moyen comme un autre de proposer notre musique.

Quel est votre emploi du temps pour les semaines et mois à venir?

Ces prochains jours, nous nous rendons en Angleterre puis nous rentrons aux USA ou nous allons faire deux semaines de tournée. On va bientôt penser au prochain album qui sera une nouvelle fois produit par Mark Trombino.

Tu peux nous en dire un peu plus à ce sujet?

Nous nous y mettons seulement mais il n’y a quasiment rien de fait. Nous ne faisons qu’exploiter quelques idées qui nous viennent tous sur la route lorsque nous tournons. Cela ne me permet pas de dire comment sonnera le prochain par rapport au précédent. Nous avons grandi, nous sommes plus expérimentés, nous jouons mieux donc il devrait être différent. Tourner constamment nous a vraiment apporté une assurance au niveau de nos instruments respectifs.

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