Interview : DJ Vadim (11-2002)

« The Art Of Listening » est très influencé par les musiques du monde. Laquelle as-tu préféré travailler? Quelle culture t’inspire le plus?

Je travaille mon propre style et mes sons persos mais bien sûr, j’écoute tout un tas de musiques telles que le hip hop, le jazz, le reggae, la soul, le funk, la musique classique, le rock ou la jungle. En terme de culture, je n’ai pas de préférée mais la culture musicale anglaise est très intéressante puisque c’est elle qui, à mon avis, parvient le mieux à fusionner les genres et les sonorités.

J’ai lu que tu avais laissé plus d’une trentaine de sons de côté pour cet album. Que comptes-tu en faire?

Je ne sais pas encore mais une chose est sûre, c’est que je veux les sortir. Je ne sais pas quand ni sur quel support car je n’ai vraiment pas le temps d’y penser en ce moment.

Il y a beaucoup d’invités sur cet album. Est-ce que Ninja Tune t’en impose ou es tu le seul à décider de ces invitations? Comment les choisis tu?

Je suis le seul à m’occuper de ces apparitions tout comme pour la musique sur laquelle personne d’autre que moi n’a un droit de regard. Les gens avec qui je travaille sont des amis, des gens que j’admire et qui méritent vraiment d’être connus. C’est très important de travailler avec des nouveaux talents, des gens nouveaux…

Que penses-tu de TTC? T’intéresses-tu au contenu des paroles de tes invités lorsque tu les choisis?

J’aime bien TTC. J’ai produit un morceau sur leur album et ils apparaissent sur le mien. J’aime leurs flows et leur musique qui sont vraiment très bons. Je pense que la langue française ou l’espagnole sont bien adaptées à la musique hip hop contrairement à l’italien, entre autres, qui a un flow trop rapide. Le brésilien et le portugais sont également efficaces.

Quel message veux-tu faire passer avec ta musique? Est-ce que le grand nombre d’invités te facilite la tâche?

Si tu écoutes bien « The Art Of Listening », il y a beaucoup de messages. S’activer, se motiver, communiquer, illustrer… Je veux stimuler les gens pour qu’ils soient actifs, plus créatifs et qu’ils ne tombent pas dans l’indifférence quand il s’agit de musique. Elle est très importante et si les gens y étaient plus attentifs, nous n’en serions pas là ou nous en sommes aujourd’hui.

Ton but ultime est de produire un album intemporel. D’après toi, que te manques t-il pour y parvenir?

Le temps est le seul juge à ce sujet pour me dire si je suis capable de réaliser cela ou non. En tous les cas, j’essaye toujours de faire une musique noble, la meilleure et la plus digne possible. Au moins, j’aurai tout fait pour y parvenir. Le futur nous le dira!

Tes concerts sont toujours très bons. Tu sembles avoir compris que le hip hop devait être scénique pour captiver les spectateurs. Comment es-tu venu là?

En fait, c’est à force de tourner avec Herbaliser que j’ai compris l’importance et l’efficacité du son live sur scène. Je m’y suis donc mis aussi et pour l’instant, je ne le regrette pas.

Si tu devais sauver un seul disque de ta collection d’un incendie, lequel serait-il?

Sans aucune hésitation, « Come Into Knowledge » de Ramp. C’est une superbe production de Roy Ayers du milieu des années soixante-dix. A vous couper le souffle!

Tu as déjà travaillé sur une bande originale de film. Qu’as-tu appris de cette expérience?

En effet, j’ai participé à un morceau de la BO de « The Conversation » de Francis Ford Coppola. J’ai travaillé avec Kevin Martin sur « Tapping The Conversation » et ca reste un très bon souvenir. Cependant, Kevin y a effectué plus de 90% du travail car j’ai seulement travaillé les beats et quelques sons.

Comment va Jazz Fudge et quels sont ses projets pour 2003?

Tout va bien, nous venons de sortir l’album de Killa Kela et il y a celui de Dark Circle qui va bientôt arriver et qui est vraiment très bon. Sinon, quelques maxis devraient sortir dont sûrement un ou deux de Killa Kela.

Quels sont tes projets pour les mois à venir?

Je continue de tourner pour la promotion de l’album, je fais le tour du monde et donc que je n’aurai pas beaucoup de temps à consacrer au reste.

Le mot de la fin…

Ecoutez plus de reggae pour que le monde soit un endroit plus agréable à vivre…

À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire