Interview – Dizzee Rascal en coup de vent

A l’occasion de la sortie de « Tongue N Cheek« , son quatrième opus, rencontre éclair avec Dizzee Rascal. Beaucoup plus posé que lors de ses premières séances promotionnelles, le jeune  Dylan Kwabena Mills s’est prêté rapidement à une interview réalisée à Paname, dans les locaux d’Universal. Rappeur, producteur, Rascal a constitué un élément crucial pour la popularisation du mouvement grime. Dizzee a déjà de la bouteille, notamment pour avoir commencé à brailler dans le micro dès l’âge de quinze printemps. Démarrée aux côtés de son mentor Wiley ou encore Lethal Bizzle, sa carrière continue d’évoluer via la création de son propre label Dirtee Stank en 2005. Micro:

Ce quatrième album est-il toujours distribué par Def Jux aux Etats-Unis? Quels étaient tes rapports avec les gens de ce label?

Non. C’est seulement pour « Maths+English » que Def Jux s’occupait de la distribution. L’expérience avec le label n’a pas été concluante. Nous n’avons pas été satisfaits du travail effectué par cette structure. Je suis aujourd’hui à la tête de mon label Dirtee Stank, et mon dernier disque est distribué en France par Universal Music. Je n’ai jamais vraiment eu de rapport avec Def Jux…

Tu as déclaré récemment ne plus vouloir être représentant du mouvement grime…

J’ai commencé aux côtés d’artistes qui se sont fait labellisés grime par la presse et le public. J’ai toujours voulu évoluer, et je ne désire pas rester dans les annales du grime, mais plutôt dans celle de la pop, de la musique électronique, du rap. Je veux toucher un public plus large. Je n’ai jamais aimé les étiquettes. Il faut toujours évoluer dans des sphères qui nous entourent. J’ai eu la chance de collaborer avec des artistes différents, ok j’ai commencé avec Bizzle et Wiley, mais mes dernières collaborations vont du rock au rap, en passant par la pop ou la musique électro. Je ne me voyais pas rester toute ma vie dans un même sillon.

tofrasc2Ton nouvel album est effectivement beaucoup plus pop que tes précédents. Tu n’as d’ailleurs participé qu’à une seule prod, et encore aux côtés de Cage. Peux-tu expliquer sa genèse par rapport à la liste de producteurs invités?

Tout d’abord, j’ai eu une prod d’Armand Van Helden. C’est lui qui m’a contacté et qui désirait bosser avec moi. Il me l’a filée et on a fait le morceau « Bonkers » qui est le single de l’album (). C’est devenu rapidement un hit, notamment en Angleterre. Pour les producteurs de ce nouveau disque, il y a Cage comme d’habitude, et aussi Shy Fx ou Calvin Harris. En ce qui concerne Cage, c’est également mon producteur et mon manager, et il gère à mes côtés le label Dirty Stank depuis le début. Sur ce nouvel album, je me suis fait plaisir à tous les niveaux. Je n’ai pas trop participé aux productions, j’ai voulu laisser l’univers des producteurs se développer.

La France n’est pas vraiment un pays où tu connais un gros succès, tu ne joues pratiquement jamais, à part dans certains festivals. Comment expliques-tu cela?

Je ne sais pas trop. Je sais que les festivals et les concerts en France sont rares, mais je ne suis pas décideur pour ce genre de truc. C’est Cage qui gère un peu tout cela. C’est vrai que les ventes de disques en France sont faibles pour moi, si l’on compare avec l’Angleterre par exemple. La France est un pays à part, il y a encore des marchés à explorer, c’est plus lent ici mais je sais que j’y ai un public malgré les ventes maigres. Et j’adore venir en France. À Paris, personne ne me fait chier et c’est rare que l’on me reconnaisse dans la rue. A Londres, je ne peux pas me balader tranquillement sans qu’un mec vienne me parler ou me demander un truc, un autographe. Ici, c’est plutôt tranquille!

Tu continues à traîner à Bow dans ton ancien quartier de East London? Sur un des titres de l’album tu parles de tes potes, notamment lorsqu’ils te battent à la PlayStation…

Ils me battent seulement au jeu de foot, Pro Evolution Soccer, mais je défie n’importe qui à Street Fighter. Ouais, bien sûr que je squatte toujours mon quartier de Bow, même s’il y a beaucoup de jalousie et que certains de mes anciens potes veulent toujours me taxer de la thune et pensent que je suis milliardaire!!! (rires…)

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