Interview – Death & Vanilla, passion somnambule

Quelques mois après ‘To Where the Wild Things Are…’, Death and Vanilla prolonge son songe d’une nuit d’été avec ‘California Owls EP’. De cette sortie, on ne tirera rien, ou presque, puisque deux des quatre morceaux figurent sur l’album paru en mai. Le trio de Malmö a néanmoins profité de ce nouveau pressage pour inclure deux titres précédemment conçus, ‘Reality of Dream’ et ‘Erté’. Si le dernier sert d’interlude, le premier fait le lien entre les débuts du groupe et son visage du jour. Même si le son de Death and Vanilla est reconnaissable dès les premières notes, il a évolué au fil des années, notamment dans sa production ou les structures de ses compositions. Toujours brillante, la formation ne cesse de surprendre par sa faculté à se renouveler avec le même moule. Interrogé il y a plusieurs semaines par nos soins, Death and Vanilla lève un bout de l’épais voile qui drape son entité.

Depuis votre EP, vous avez sorti de nombreuses oeuvres. Parmi elles, la bande-originale ‘Vampyr’ puis une autre pour ‘The Tenant’. Ces travaux ont-ils influencé le son de ‘To Where The Wild Things Are…’?

Oui et non. Cela nous a en quelque sorte ouvert à de nouvelles possibilités, et nous a fait comprendre que nous ne devions pas, et n’allions pas, nous limiter à rester un simple groupe de pop ou de rock, que nous pouvions tout faire. C’est beaucoup plus amusant et inspirant. Faire le son de ‘The Tenant’ était un gros défi pour nous, car nous devions réaliser deux heures de musique pour le film en seulement quatre à cinq semaines, tout en étant capable de le jouer en live. C’était beaucoup de pression, mais une expérience géniale! Nous l’avons enregistré, et nous sommes en train de l’éditer. Nous espérons que cela sortira un jour, sous une forme ou une autre.

Vous êtes peut-être las des références cinématographiques mais c’est incontestable que le monde du cinéma est une inspiration majeure pour votre musique. Je pense notamment à Dario Argento, Milos Forman, Antonioni, évidemment à Polanski… D’ailleurs avez-vous vu ‘What?’? À quel point le cinéma et ses images influent sur votre création?

Nous aimons tout ces réalisateurs mentionnés et, oui, nous avons vu ‘What?’! Il est très étrange, mais vraiment très cool. Les films sont en effet une influence majeure pour notre processus de création. Ils peuvent rester dans ta tête des jours ou des semaines durant, et en quelque sorte t’embarquer dans leur ‘monde’. C’est très inspirant. C’est comme s’échapper de la réalité.

Le nouvel album sonne comme si vous aviez travaillé dessus depuis longtemps. Cette fois, la voix de Marleen est bien plus claire. De plus, vous ne semblez pas avoir beaucoup improvisé. La manière dont les sons sont conçus me laisse penser que vous avez passé beaucoup de temps à expérimenter la production. Est-ce exact?

Je dirais que le processus d’écriture et d’enregistrement a été plus ou moins le même qu’auparavant. La plupart de ces chansons naissent avec quelque chose que nous enregistrons, comme une boucle de batterie, un riff de guitare, un son d’ailleurs enregistré. Puis nous improvisons autour de cela, en essayant différents instruments pour voir ce qui fonctionne. Ensuite, nous enregistrons les meilleures séquences et mélodies, et nous les gardons pour la chanson. Depuis la sortie du premier album, ce travail a été continu, avec des essais, des arrêts. Nous avions pas mal d’idées, des titres à moitié enregistrés donc, à l’été et à l’automne derniers, nous nous sommes posés, avons enregistré les voix, et avons fini certains d’entre eux. Oui, les voix sont un peu plus présentes dans le mix comparées à celles de nos travaux précédents. Ce n’était pas une décision réfléchie, nous avons juste pensé que cela sonnait bien de cette manière. C’est probablement la base de notre méthode de travail: nous essayons des choses et si cela sonne bien, nous les gardons.

Avec Death and Vanilla, il y a quelque chose au sujet du sommeil. Il y a une sorte d’incroyable force magnétique qui plonge dans la torpeur. Est-ce que vous composez consciemment avec l’intention de guider votre public dans un état de rêve éveillé?

Ha ha ha! Oui, nous voulons zombifier tout le monde! On ne pense pas vraiment au fait de faire ce type de morceau, on n’a pas d’intention consciente de faire des chansons oniriques ou ce genre de choses. On fait simplement ce que nous aimons faire, en espérant que les gens l’apprécient. Mais j’aime l’idée que la musique soit en mesure de t’amener à un autre niveau d’esprit. Comme si, en fermant les yeux, tu perdais pieds avec la réalité, que tu t’échappais.

Vous êtes souvent qualifiés de doux, avec vos belles mélodies et cette atmosphère candide. Mais êtes-vous d’accord avec moi si je vois un aspect plus sombre dans Death and Vanilla, nourri par la mélancolie?

Doux? Ha ha ha! Nous ne le sommes pas! Dit comme ça, cela sonne affreusement! c’est vrai que nous ne sommes pas un groupe de rock, mais je ne dirais pas doux. On écrit des pop songs, nous aimons les belles mélodies, et nous aimons les mélanger à d’étranges bruits ou sons, ce qui n’est probablement pas associé à la pop music. Mais c’est de cette manière que nous aimons jouer, donc nous ne sommes pas un simple groupe de pop. L’album contient en effet certaines des chansons les plus pop que nous ayons faites, mais aussi certaines des plus expérimentales.

Comment parvenez-vous à retranscrire cet album en concert? Avez-vous pensé à cet aspect au moment de l’enregistrer?

Cela peut être difficile de jouer certains des titres en concert. Certains d’entre eux ne sonnent simplement pas bien quand nous essayons de les jouer, tandis que d’autres, si. Pour d’autres, nous devons les ré-arranger pour qu’ils fonctionnent. Néanmoins, on ne pense jamais à cela au moment d’écrire. On ne veut pas se limiter, nous voulons aller là où les chansons nous emmènent.

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