Interview : Dead Pop Club (05-2000)

Olivier Portnoi: Le groupe a commencé avec Olivier et moi en novembre 97 avec deux autres personnes. On a ensuite changé de batteur, Jérôme est arrivé parce qu’on se connaissait déjà. Son frère Guillaume, était toujours autour de nous et s’est proposé en tant que deuxième guitariste. On a accepté car le son en trio était trop brut et ça nous a permis d’améliorer les arrangements. Il a vraiment intégré le groupe au moment du maxi « Almost Four », on s’est retrouvé en studio, il avait plein d’idées de guitare. Il est ensuite apparu à deux ou trois concerts et c’était parti. C’est pour toutes ces raisons que ce maxi était pour nous une démo améliorée.

Est-ce que le fait que « Almost Four » et « Superpower » soient si rapprochés, vient du fait que Dead Pop Club est hyperproductif?

C’est surtout un coup de chance. On a fait écouté le maxi à WOM et ils nous ont dit d’y rajouter trois ou quatre titres pour qu’ils puissent sortir un album. On n’était pas trop chaud étant donné qu’on n’était pas trop satisfait. On leur a demandé de nous laisser un peu de temps pour faire les choses bien.

Olivier D.: On a quand même sorti « Almost Four » pour ne pas avoir fait tout ça pour rien et aussi parce que ça nous servait un peu de carte de visite. Je pense qu’on a eu raison car ça a été le premier contact avec les fanzines, les organisateurs…

O.P.: Le fait qu’ils soient rapprochés, c’est bien parce que ça montre aussi qu’on se bouge le cul.

Et enregistrer son premier album avec Fred Norguet, qu’est ce que ça apporte?

Il apporte beaucoup en peu de temps. Lui, il dit que ce n’est pas de la production parce qu’il n’y a eu que dix jours de prises, donc pas beaucoup de temps pour s’investir dans le groupe.

O.D.: On voulait vraiment travailler avec lui, non pas pour une mode quelconque, mais pour sa vision des choses. C’est un mec simple, gentil et calme, musicien de surcroît. Quand il sent que le groupe est demandeur, il s’investit, il prend la gratte ou la basse, il propose. C’est hyper enrichissant. D’ailleurs, c’est pour cela qu’on a voulu réenregistrer des morceaux du maxi; juste pour voir la différence.

O.P.: Il nous a aidé à simplifier les choses. Au niveau de la voix, il te met vraiment en confiance, il sait te mettre à l’aise, il te pousse à t’améliorer.

O.D.: Ce qu’il faut dire aux gens, c’est que Norguet n’a pas 50 ans et n’est pas américain!

Etant donné que « Superpower » est distribué par Socadisc et sorti par WOM, quel est le rôle de Buzz Off là-dedans?

O.P.: Depuis le début du label, on a réussi à tisser des liens dans tout le réseau indépendant français que WOM ne connaît pas du tout. Buzz Off s’occupe donc de la promo sur le réseau indépendant. C’est pour ça qu’on a mis le logo sur la pochette, parce qu’on a investit dans le disque et parce que Buzz Off c’est nous, tout simplement. Buzz Off s’occupe aussi de la distribution dans les magasins indépendants et les VPC parce qu’on a vraiment voulu garder cela étant donné l’importance que cela a. WOM ne comprenait pas ça au départ. En plus, Socadisc est un tout petit distributeur et on ne sait pas trop ce que ça va donner.

Quels sont les projets du label?

Là, on veut sortir une autre compilation. Elle sortira à la fin 2000 et sera en double CD, un CD rock et un autre un peu électronique qui va nous permettre de créer une division électro, « Cut Off ». Le prix sera de nouveau assez bas. La première a bien marché alors on veut réitérer l’expérience. Elle a permis de mélanger des groupes connus ou non et ainsi de faire découvrir de petites formations qui en valent vraiment la peine. On a vu aussi que le prix pouvait être trompeur, des gens pensaient que pour 30 balles ça devait être de la merde. Nous, on voyait plus ça comme un risque financier minimum pour des gens qui ne connaissaient pas les trois-quarts des groupes présents sur la compilation. Ensuite, suivant les moyens financiers, on sortira peut être quelques productions en vinyl, des tributes…

Venons en à vos métiers de journalistes au sein de Rock Sound. Qu’est-ce que cela apporte au groupe? Est-il difficile de faire la part des choses entre travail et auto-promotion?

O.P.: Jusqu’ici non parce que parce que, par exemple, lorsqu’on bossait à Rage, la démo de DPC a été chroniqué une fois en sept ans de bons et loyaux services de notre part. Il y a eu également un petit article quand « Almost Four » est sorti. On a jamais essayé d’imposer quoi que ce soit. Ils ont juste peut être écouté avec plus d’attention. Rage ne nous a rien apporté si ce n’est des contacts parce qu’on s’occupait des rubriques indé. Aujourd’hui, ça fait pas mal de temps qu’on est dans la presse et on commence à connaître pas mal de journalistes à qui on a passé le disque. Honnêtement, je ne pensais pas qu’on aurait un morceau sur le sampler de Rock Sound même faisant partie de la boîte. Les gens qui travaillent avec nous, aiment ce que l’on fait…

O.D.: Je m’attends quand même à un retour de bâton. Depuis ces articles dans Rock Sound, on a eu un courrier critiquant cela. On a été un peu blessé car on a aidé plein de groupes. Par exemple, pour que les Burning Heads fassent la couverture de Rage, on a pas mal poussé. Certaines critiques sont déplacées car on a jamais eu des trucs énormes.

O.P.: C’est certain qu’il va y avoir des ragôts car il y en a tout le temps, quoi que tu fasses. Si on fait des flyers en couleur, il va y avoir des ragôts (rires)… De toutes façons, on fait les deux choses par passion.

O.D.: On n’essaye pas de se justifier, on vit ça bien et tant pis pour les gens qui ne comprennent pas. Les gens qui nous connaissent, ou ceux qu’on a aidé le savent, eux. Sans aucune prétention, si on faisait de la grosse grosse merde, ce serait malvenu. Je pense qu’il y a quand même quelque chose de bien dans DPC.

O.P.: Même Rock Sound se freine un peu pour ne pas qu’on souffre de ces jugements. Même moi, il m’arrive des fois de penser qu’ils le font parce qu’ils me connaissent. A côté de ça, j’aime bien Rock Sound car on a une certaine liberté qui me permet par exemple de faire un papier sur Burning Airlines. Tous les journalistes viennent du même milieu (Violence, Radio Beton…), on n’est pas des opportunistes qui ont débarqué dans le magasine avec Korn et Limp Bizkit, même si Rock Sound donne cette image là.

Quels sont les projets du groupe?

Tourner, rencontrer des gens, développer notre site internet. Faire en sorte qu’il y ait une bonne distribution du disque, vendre assez pour pouvoir en faire un second. On va participer à plusieurs compilations, des tributes, s’amuser quoi!

O.D.: on a plein d’idée, on voudrait tourner un clip pour exploiter des idées mais il faut que l’argent suive. C’est vrai que tourner et rencontrer des gens comme Second Rate, ça te permet de savoir pourquoi tu fais de la musique.

O.P.: on s’est contacté au même moment après avoir lu des interviews de chacun des groupes. Ils nous ont proposé de jouer chez eux. C’est bien parce qu’à Paris, on se sentait vite isolé musicalement. En deux ans, on a dû jouer quatre ou cinq fois sur Paris.

Le mot de la fin…

On doit beaucoup aux fanzines qui ont parlé de nous dés la première démo. ça nous a permis de jouer en province, de recevoir des critiques qu’elles soient bonnes ou mauvaises. C’est pas du cirage de pompe mais il faut être reconnaissant. C’est bon de pouvoir partager des choses avec des passionnés. Des fanzines comme Kérosène ou des labels comme Vicious Circle, on aurait tendance à croire que ça marche, mais les mecs râment à fond.

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