Interview – Cyesm, seul contre tous

Du haut des multiples albums que compte sa discographie, Cyesm fait assurément partie de ces producteurs français injustement méconnus, pourtant capables de bousculer une hiérarchie qui ne tient que sur des campagnes promo et marketing savamment étudiées. Lui avance en marge, possède son propre label, son propre studio, travaille à l’inspiration pour le plaisir, à la commande pour bouffer, et a tout compris de l’environnement dans lequel il évolue. Alors que vient tout juste de sortir « Weird Stories« , un onzième opus marquant une nouvelle fois une nette évolution, le manceau constate avec bonheur que son public ne cesse de s’élargir, bien qu’il cultive bon gré mal gré vis à vis de lui un certain mystère. Il était temps de frapper à la porte de sa tanière, et de s’entretenir avec ce producteur de l’ombre, au caractère bien trempé, que rien n’empêche d’avancer. Un bon client…

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Tu viens de sortir ton onzième album. Comment l’as tu abordé par rapport aux précédents? Quel était le leitmotiv de ce « Weird Stories »?

Cyesm: Comme presque à chaque fois, c’est l’envie d’écouter autre chose qui me motive. C’est la frustration de ne pas entendre ce que je veux sur un album déjà existant qui me fait me mettre au travail. Je suis moins productif quand je tombe sur un album qui me scotche. Dans ces cas-là, j’ai plus envie d’écouter que de faire. La nouveauté sur ce disque, qui s’était déjà un peu annoncée avec le précédent (« Outsider »), c’est une envie de quelque chose de plus électronique, de plus ouvert, et de plus surprenant. Certains des titres étaient écrits depuis plus d’un an. J’attendais d’avoir le bon contexte pour avoir un album cohérent, car je sentais que mes envies changeaient. Je voulais aussi faire intervenir plus de voix, mais c’est finalement moi qui m’y suis collé…

Depuis tes débuts, tu restes fidèle à une ligne directrice bien ancrée dans le trip hop, un genre qui a connu son heure de gloire mais qui peine désormais à passionner les foules autant qu’avant. Malgré cela, tu parviens à te renouveler, notamment en y apportant de nouvelles influences. Ou vas tu les chercher chaque fois?

Je crois que je vais puiser dans le travail des autres. J’écoute beaucoup de musique, je regarde beaucoup d’images, de vidéos… Je pense que c’est tout ça qui me nourrit et qui me permet de ne pas trop tourner en rond. Enfin j’espère! Même si je suis loin d’apprécier tout ce que je vois ou entends, c’est rare que je ressorte d’une écoute sans me dire « tiens, c’est une bonne idée ce truc-là« .

Pour la première fois vraiment, la sortie de ton album s’accompagne de l’image via plusieurs clips déjà disponibles sur le web. Pourquoi cette volonté? Et pourquoi ne pas l’avoir fait avant?

C’était déjà un peu le cas pour l’album « Undisclosed« , même si ce fut un peu plus désorganisé. C’est vraiment une superbe expérience que de voir sa musique mise en image par quelqu’un d’autre. En plus, c’est un bel outil de communication puisque les gens semblent plus réactifs sur ce genre de média que sur la musique seule… Mais faire un clip, c’est aussi une machinerie assez lourde. Ça demande du temps, des gens, des compétences, et des moyens. J’ai eu la chance d’être en contact avec des réalisateurs qui ont suffisamment accroché sur ma musique pour décider de mettre la main à la pâte. Sans la générosité de ces derniers, et de l’équipe qu’ils ont été capables de mobiliser, rien de tout ça n’existerait!

De par ta forte présence sur les réseaux sociaux, tu es très disponible pour ton public. Pourtant, tu sembles ne pas apprécier plus que cela d’aller à sa rencontre si l’on en croit le peu de live que tu donnes. Comment expliques-tu cela, surtout à l’heure de la crise du disque qui fait du live la seule source de revenus fiable pour un artiste?

cita11J’aime aller à la rencontre du public, sur scène ou ailleurs! Je fais très peu de live pour des raisons qui n’ont pas grand chose à voir avec le public. Je n’ai pas assez de temps pour me lancer dans la recherche de dates, et je ne croule pas sous les demandes spontanées. Je pense aussi que la musique que je fais demanderait en live une logistique assez lourde, et que cela à un coût qui rend ce projet assez peu viable. Je ne veux pas faire de la musique « au rabais », en faisant l’impasse sur ce qui me semble important parce que ce n’est pas économiquement possible. Et puis je considère que le live et le studio sont deux pratiques complètement détachées qui n’ont aucun besoin artistique de cohabiter. Soit je fais une série de concerts avec mon laptop et un ou deux invités au chant, je rejoue plus ou moins ce qu’il y a sur le disque, mais certainement en moins bien parce que les conditions d’écoutes, de sonorisation, de disponibilité seront  moins confortables que celle d’un salon. Soit je peux me permettre de venir avec une équipe de musiciens et ré-interpréter réellement ma musique. Dans le premier cas, je ne trouve pas ça très pertinent. Dans le second cas, cela apporterait un autre regard sur mon travail, mais ne le rendrait pas nécessairement plus intéressant. J’arrive aujourd’hui à vivre de mon « seul » travail de compositeur, je n’ai donc pas l’obligation de faire des concerts pour manger. Peut-être qu’avec le temps, je susciterai assez d’intérêt pour pouvoir présenter un concert vraiment pertinent au public. En attendant, je reste persuadé que le meilleur endroit pour écouter la musique reste une bonne chaine hi-fi, dans un canapé, où le silence et l’absence de contraintes extérieures me permettent d’être disponible et attentif à ce que la musique est en train d’exprimer…

cyesm3Au delà des albums de Cyesm, tu composes beaucoup à la commande, pour la pub notamment. Est ce que cette partie plus « alimentaire » de ton travail influence la musique de Cyesm, en termes de durée et d’accessibilité par exemple?

Évidemment, il doit y avoir des interactions. Cela dit, ça reste des pratiques extrêmement différentes. Lorsqu’on fait appel à moi pour une commande de musique, il y a une finalité derrière. La musique n’est souvent qu’une fraction du projet final, et elle doit répondre à un certain nombre de contraintes pour faire partie intégrante du résultat. Quand je compose pour moi, je suis en recherche d’expression, de sensibilité et d’une certaine façon de liberté. Après, c’est clair que la frustration qui nait de la nécessité de composer une musique qui doit souvent ne pas heurter l’auditeur nourrit énormément mon besoin d’expression « libre ». Du coup, mes albums servent aussi à expérimenter tous ces aspects plus « invasifs » de la musique. D’un autre coté, la diversité des demandes que je rencontre dans la publicité m’oblige à m’intéresser à certaines musiques que je n’aurais sûrement pas étudiées par moi-même. Cela me permet d’engranger un vocabulaire musical plus riche, et attise encore plus ma curiosité. Entre mon envie d’écrire une musique « différente » et le besoin professionnel d’être capable de faire du très « accessible » je ne sais pas si au final l’un de ces deux aspects se fait plus ressentir que l’autre dans mes albums… Pour ce qui est de la durée des morceaux, j’ai toujours été très attiré par les formats courts. En tant qu’auditeur, je m’ennuie très rapidement. Il faut réussir à garder mon attention, à rester pertinent, dans la diversité. Cela m’oblige à aller à l’essentiel, à poser le décor en quelques notes sans trop jouer de la « transe » que les musiques répétitives peuvent créer. Je vais prendre plus de plaisir avec deux morceaux de 3 minutes qu’avec un seul de 6, aussi bien avec ma casquette d’auditeur qu’avec celle de compositeur…

Est ce également une des raisons qui explique que tu sortes autant d’albums?

Oui. Comme je le disais précédemment, c’est en partie la frustration qui me pousse à composer. Mais je reste interpellé par la vision que les gens posent sur le fait de sortir deux albums par an. Je ne me sens pas du tout hyper-productif. Une heure et demie de musique en 365 jours, cela me paraît plus que raisonnable. L’industrie nous a habitué à un autre rythme, mais je ne suis pas certain que le manque d’inspiration en soit la raison…

Peut être qu’on craint pour toi que la quantité finisse par ternir la qualité. Parfois, on préfèrerait avoir à attendre plus longtemps entre deux albums pour n’avoir droit qu’aux meilleurs titres des deux…

C’est une question que je me pose aussi. Inévitablement, on a tendance à comparer les choses entre elles donc, dans toute ma discographie, les gens vont trouver des choses mieux que d’autres. D’abord, on se situe dans une notion très subjective. Le « meilleur » titre n’est jamais le même pour personne. Au mieux, on dégage un consensus, mais il y aura toujours quelqu’un pour en préférer un autre. Et puis sur quel critère se base t-on? Un titre est-il meilleur parce qu’il est plus accessible, plus dansant, plus pertinent, plus expérimental, plus personnel? 
Quand je sors un album, je fais ma « sélection » parmi trente ou cinquante ébauches, puis j’affine les compositions pour tourner autour du concept que je me suis imposé. Au final, c’est rare que je trouve un titre qui « colle » sur un autre album que celui sur lequel il est sorti originellement.
 Et puis le temps n’est pas un gage de qualité. En général, quand je suis en période de création, je finis par tourner en rond autour des mêmes choses. C’est alors une nécessité pour moi de comprendre ce qui se joue là, pour en faire la synthèse sur un disque Je pourrais laisser passer six mois de plus, je pense très sincèrement que je resterais bloqué au même endroit.  Ça a déjà été un peu le cas sur cet album. Certains titres existaient depuis des mois, et j’étais incapable de passer à autre chose… Cela dit, je sais que certain de mes albums seront moins bien accueillis, soit parce qu’ils sont très sombres, très personnels ou simplement essayistes. En tout cas, je n’oblige personne à les écouter. Si les gens pensent qu’un album est de trop, ou sort trop tôt, il leur suffit de ne pas l’écouter. C’est pour ceux qui apprécieront malgré tout que je le sors…

Tu possèdes aussi ton label et ton studio, ta compagne Clelia Vega intervient souvent sur tes albums, ce qui t’amène à avancer de manière totalement autonome, presque en autarcie. Cependant, ressens-tu chaque fois le besoin de sonder des avis extérieurs pour t’assurer d’être sur la bonne voie, ou est ce que tu ne te fies qu’à toi-même malgré les risques que cela comporte?

cita21Quand je sens que je touche à quelque chose de sensible, qui va très sûrement devenir un album, je fais écouter quelques bribes à mes amis les plus proches, ou les personnes dont le jugement me paraitra pertinent. Mais ça ne m’empêche pas de m’entêter même si on me dit clairement que je fais un truc ennuyeux. Je ne fais pas de la musique pour plaire, même si c’est plus agréable de savoir que les gens apprécient ton travail. Par chance, parfois, le propos est plus apte à plaire, parce que plus joyeux ou plus accessible. Mais ce n’est pas toujours le cas, et je mène malgré ça le projet à son terme. Ce sont bien souvent ces albums que les gens considèrent comme mineurs, ou ne faisant pas partie des « meilleurs titres », mais c’est aussi le luxe de cette autonomie: je n’ai pas à changer quoi que ce soit à ma musique pour qu’elle arrive dans les oreilles de l’auditeur, que ce soit pour lui plaire… ou pas! Et puis je reste malgré tout très ouvert sur l’extérieur. Pour cet album, j’ai contacté pas mal de personnes pour poser des voix mais, hélas, aucune  de mes invitations ne s’est concrétisée…

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Parle nous plus précisément de ton label Good Citizen Factory. Dans quel but a t-il été créé? Quels sont ses projets?

Le label a été créé pour mutualiser le savoir faire de chacun, et palier à l’absence de gens intéressés par notre musique à l’époque. Avec le temps, c’est surtout devenu un outil pour permettre de sortir des disques qu’aucun label traditionnel ne semble trouver intéressant ou rentable. Si un artiste veut grossir, développer sa carrière, il faudra sûrement qu’il aille signer ailleurs, parce que les médias de masse sont verrouillés, et que l’argent est la seule clé.  Nous n’avons ni les moyens, ni l’envie de fabriquer des stars. Je pense que c’est – par exemple – aux magazines spécialisés de s’intéresser aux artistes, et pas l’inverse! On se retrouve dans un système où, pour avoir une chronique, il faut acheter un encart publicitaire. Je trouve que cela fausse la donne. On ne parle pas d’un album parce qu’il est bien, mais parce qu’il génère de l’argent. Notre label, au milieu de tout ça, essaie de défendre une esthétique différente, moins formatée, et beaucoup plus centrée sur le disque et l’artiste. Comme tu le disais tout à l’heure, le « live (est) la seule source de revenus fiable pour un artiste« . On finit donc par se retrouver avec des disques qui sont des objets dérivés du groupe, des groupes prêts à tout pour jouer sur une scène, et des labels qui finissent par devenir aussi éditeurs pour toucher des droits lors des concerts! Mais l’oeuvre, c’est la musique, pas l’artiste. De la même façon que le concert se voit peu à peu remplacé par le spectacle, dans l’unique but de divertir un public qui semble ne plus être en mesure d’apprécier simplement la musique si tu ne projettes pas un visuel sur des écrans géants, ou si tu les fais pas danser et taper des mains comme sur le bord d’une piscine d’un hotel club resort; le disque disparaît au profit du live, plus rentable, et plus gratifiant pour l’artiste. La musique devient un objet de divertissement, et on va à un « concert » comme on irait en boîte de nuit, pour passer un bon moment, et pour boire… On s’éloigne de la musique comme pratique artistique, qui a quelque chose à dire plus qu’à vendre. Au milieu de ce constat, nos projets se résument rapidement: continuer à faire des albums faits pour être écoutés, dont on soigne la production, en maintenant le fragile équilibre qui nous permet de pouvoir produire l’album d’après.

Ça revient à ta fervente volonté de voir la musique débarrassée de tout facteur économique. N’est-ce pas un peu utopique à notre époque?

cita3Je ne pense pas que ce soit ni utopiste, ni un problème d’époque. De tous temps, l’artiste était sous la contrainte de ses acheteurs. Mozart dépendait de ses commanditaires, tout comme c’est sûrement le cas de beaucoup de groupes aujourd’hui. Et quand ce n’est pas un commanditaire, c’est le public en direct: sans son approbation, pas de vente, que ce soit de CDs ou de places de concert… Ce que je dis moi, c’est qu’il est dangereux de faire de la musique en commençant par se dire qu’il faut que ça se vende: ça réduit fortement le champ des possibles, ça réduit fortement la qualité de l’expression qu’on est en droit d’attendre d’un artiste, et on a de grandes chances de finir avec un album qui divertit plus qu’il ne transgresse. Et je pense que la transgression fait plus avancer les choses que le divertissement. Pour ce qui est du caractère utopique, c’est déjà la réalité de beaucoup d’artistes! Nombreux sont ceux qui ont choisi d’avoir une activité en marge de leur pratique artistique pour subvenir à leurs besoins. Je trouve ça plutôt sain en fait. Il y a confusion dans la mesure où il faut, par définition, vivre de sa pratique pour être un professionnel. Ainsi, en France, si tu n’es pas intermittent du spectacle, tu n’es pas considéré comme un professionnel. Certes, mais je ne crois pas pour autant que le terme à y opposer soit la pratique amateur. Tu peux vivre de ton métier de conducteur de train et être un artiste accompli! Je pense qu’il s’agit d’un phénomène assez récent dans la musique, qui n’a pu se produire que grâce à l’extrême accessibilité des moyens d’enregistrements et de production. Je ne dis pas qu’un professionnel est moins pertinent qu’un mec qui a un autre métier, mais il me paraît moins libre dans ses choix que le type qui ne laisse pas sa vie économique dépendre de l’approbation du public.

cyesm5Quel est ton point de vue sur la musique dématérialisée et/ou le téléchargement illégal? Ou te positionnes-tu entre l’artiste méconnu qui peut voir dans l’illégal le moyen de se faire connaitre, et l’autre tout aussi méconnu qui voudrait en tirer de quoi bouffer?

MP3, CD, vinyl… Je laisse chacun choisir son format préféré. Je suis personnellement encore très habitué au CD, que je trouve encore plus complet que le MP3, pour des raisons de qualité audio mais aussi à cause de l’absence de crédits, de remerciements… Bref, ce genre de choses que j’apprécie découvrir en même temps que la musique. D’un point de vue intellectuel, je ne trouve pas d’argument en faveur du téléchargement illégal. En tout cas pour la musique, il n’y a plus tellement d’enjeux d’accès à la culture puisque les sites de musique légaux en streaming ne manquent pas. Et puis il faudra probablement admettre que faire un album a un coût, et que ça ne paraît pas non plus dément de vouloir au moins amortir ses frais…  Après, c’est toujours le problème de l’excès. C’est quoi la somme raisonnable qu’on est en droit d’attendre après six mois de travail intensif? C’est une question qui ne trouvera pas UNE réponse. Cela dit, je trouve que le débat qui s’est ouvert suite à la fermeture de Megaupload est assez inquiétant. J’ai l’impression qu’on oppose les « méchants artistes » qui vont devoir revendre leur villa à Saint Tropez aux « pauvres smicards » qui n’ont pas les moyens de s’acheter l’intégrale de Michel Sardou… Le problème me paraît plus complexe que ça, et je me demande encore à qui profite cette guerre. C’est assez certain que l’Etat va en profiter pour regarder de plus près ce qu’on peut bien faire sur internet, et les nombreux lobbies de la musique (les majors et autres regroupement d’indépendants) vont mettre la pression pour que tout le monde paye le plus cher possible. Au final, on va remettre la faute sur le dos des artistes et des labels, alors que si chacun avait su trouver l’équilibre entre ce qu’ils achètent et ce qu’ils « piratent », on n’en serait jamais arrivé là…

Tu aurais désormais de quoi aller taper à la porte de nombreux labels friands de ton genre de musique. Pour autant, à la vue de ta longue discographie comme de tes progrès constants, on a comme l’impression que tu n’oses pas passer le cap supérieur, comme si tu craignais d’avoir à affronter un autre monde, à faire des concessions. Vrai ou faux?

cita41J’ai envie de dire faux. Je ne crains pas d’affronter un “autre monde”, mais c’est clair que j’ai pas envie de faire de concessions! Au nom de quoi d’ailleurs, j’en ferais? Je ne vois pas très bien ce que j’ai à y gagner aujourd’hui. Plus d’argent sûrement, et de popularité peut-être. Mais je ne suis pas pressé et surtout, je ne veux pas avoir de compte à rendre. C’est ça pour moi l’indépendance. Je vais à mon rythme, je fais ce que je veux, comme je le veux… J’ai pas envie de devoir gérer un manager qui me dit quand mon album doit sortir (parce que là, c’est pas la bonne période, il y a les best-of de noël qui sortent) ou qu’on me dise comment m’habiller sur scène. J’ai l’occasion de voir comment l’industrie du disque fonctionne et très franchement, cela ne me fait pas rêver. On nous présente un peu les choses comme en politique, comme si on n’avait que deux options: signer en major ou chez un gros indépendant, ou galérer tout seul et ne jamais sortir de l’ombre. Je suis convaincu qu’il existe des alternatives, et j’espère que le temps me donnera raison. Et puis soyons honnêtes, peu importe où je signe, cela ne rendra pas ma musique meilleure…

Au fond de toi, t’es-tu fixé une ambition ultime, celle qui – une fois atteinte – te ferait te considérer comme un musicien/producteur accompli?

J’espère que cela n’arrivera jamais… Je sais que le meilleur album sera le prochain, et que le projet le plus excitant sera celui d’après, et ainsi de suite. D’ailleurs, si je n’ai plus le sentiment que le prochain truc que je ferai sera mieux que le précédent, promis, j’arrête! Et puis, dans ce métier, on n’est accompli que lorsqu’on est mort, non?

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Une réponse à Interview – Cyesm, seul contre tous

  1. Poulain 26 février 2012 à 3 h 17 min #

    J’ai beaucoup passé de temps sur ce site. Mowno… Pour moi l’un des meilleurs sites, si ce n’est le meilleur. Ou plutôt celui qui me convient le plus en terme d’attente musical. J’ai même connu l’ancien site (abusé j’me rapelle même plus du nom… (bon j’suis allé voir sur google c’était bokson (et c’est vrai qu’à l’époque, c’était un sacré site, tout comme l’est Mowno).

    Cela ne fait que depuis que j’ai la page Mowno sur mon facebook que je commence à regarder les sections interview et surtout vidéo… Je continuerai à soutenir cette page.

    Bref, je ne m’attardais pas avant à la lecture d’interview etc… mais en lisant celle-ci j’ai souris et me suis reconnu dans l’univers. Certaines choses dites dans l’interview sont sacrément pertinentes. Ca fait plaisir de voir ou de lire des personnes qui pensent et ressentent la même chose.

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