Interview : Christiansen (12-2003)

« Forensic Brothers & Sisters » a été très bien accueilli par la presse en général. De ce fait, dans quel état d’esprit avez-vous abordé le stade du premier album?

Les morceaux du maxi prenaient une nouvelle direction pour nous. Nous avons été surpris et très heureux du résultat final. Nous savions vraiment ou aller, nous avions les idées et le style musical bien ancrés dans nos têtes. Nous avons alors travaillé le son et y avons appliqué des formules standards pour enregistrer les titres de ce nouvel album.

Est-ce que l’inévitable comparaison avec At The Drive In vous ennuie? Reconnaissez vous ce groupe comme une de vos influences? Pensez vous qu’ils sont pour quelque chose dans votre succès?

At The Drive In était un bon groupe. Je pense qu’il n’est pas trop risqué de dire que de nombreuses personnes l’ont écouté. Ainsi, je suis sûr qu’ils ont influencé de nombreux groupes. J’avais tendance à être fatigué de cette comparaison puisque je voulais que les gens laissent cela derrière eux et apprécient notre musique à sa juste valeur. Je ne pense pas que nous sonnions comme eux. Mais si cela plait aux gens, ok, cela ne m’ennuie plus dorénavant.

Selon vous, qu’est ce qui, dans la musique de Christiansen, renvoie au passé, au présent, et au futur?

Notre relation et notre musique forment le passé et ce que nous sommes en train de créer, le futur. Des gens disent que nous sonnons comme des groupes qui sont passés puis ont disparu. Nos influences et nos disques forment notre passé. Notre présent réside dans la carrière que nous menons actuellement alors que le futur est devant nous avec, on l’espère, plein de gens qui apprécieront ce que nous faisons par le biais de la musique.

A part Christiansen, qu’est-ce que les gens ont toujours attendu de la musique à votre avis?

Qu’elle stimule leurs émotions. La musique met du mouvement dans leurs vies. Elle inspire les gens, leur donne le sourire, de l’énergie. Elle leur permet de trouver leur place parmi d’autres qui ont le même intérêt. Certaines personnes cherchent des réponses à la vie, à l’amour et à toutes autres situations par le biais de la musique.

Selon vous, quelles sont les limites de l’honnêteté pour un groupe?

L’honnêteté, c’est important. La difficulté réside dans le fait que beaucoup de gens ne savent pas qui tu es. Ils ne font qu’écouter ton CD ou te voir en concert mais ils ne savent pas qui et comment sont les musiciens. Un des plus gros défauts de l’Homme est cette capacité à vite penser connaître les gens, leur personnalité, et leur attitude. Mais dans le fond, personne n’est complètement honnête, tout le monde a ses imperfections.

Si une major veut signer Christiansen, que décideriez vous? Refus catégorique ou infiltration du système?

Christiansen aimerait pouvoir vivre de ce qu’il adore faire. Pourquoi pas? Si c’est pour enregistrer des disques, tourner, et être bien dans cet environnement avec un soutien financier. Qu’est-ce qu’il y a de mal à cela? On est sans problème pour l’option infiltration.

Selon vous, signer sur une major est il une question d’honnêteté?

Tout dépend de la manière dont cela se passe avec le label. Beaucoup d’entre eux te diront tout ce que tu veux entendre juste pour avoir ta signature en bas du contrat. Mais une fois qu’ils t’ont, ils te mettront de côté pour bosser sur d’autres disques. Ou il ne feront rien du tout pour toi. C’est à double tranchant dans la plupart des situations car tu ne peux croire personne mais ils sont le seul moyen de s’en sortir. Nous sommes prudents, nous ne nous précipitons pas.

Dans votre biographie, vous dites être l’absence de lumière. Comment devons nous comprendre cela?

Quand il n’y a plus de lumière, il n’y a plus rien. Rien n’est décelable. Cette absence est également noire. Le noir étant un ton aux propriétés paradoxales. Nous aimons être paradoxaux.

Justement, cette biographie est paradoxale et mystérieuse. Est-ce que cela reflète la personnalité du groupe?

Le monde est un paradoxe. Tout ce en quoi peuvent croire les gens contient sa part de contradiction. Nous jouons juste notre partie là dedans et aimons laisser nos options ouvertes.

Quelle est l’idée que vous aimez défendre? Le faites vous dans vos textes?

La vie est une chose merveilleuse. Peu de gens le réalisent. Dans le but de l’apprécier, vous devez accepter la mort, la haine, et tout ses éléments. Mes paroles ne sont pas toujours très explicites et se basent plutôt sur des allusions. A défaut d’être très claires, elles sont perspicaces au point que tu puisses ne jamais y avoir pensé auparavant.

Vous semblez détester la mouvance pop punk. Par simple question de goûts musicaux ou à cause de sa médiatisation?

Par goût. Mais cela implique que j’inclue la médiocrité et la monotonie qui résident dans ce genre. Le monde a subi un vrai lavage de cerveau…

Puisque notre webzine est assez éclectique, quels disques de genres différents conseilleriez vous à nos lecteurs?

The Constantines, le dernier Jay Z, Beans (ancien membre d’Antipop Consortium), Cornelius, Keziah Jones.

Quels sont vos projets à venir?

Nous allons tourner sur la côte ouest des Etats Unis au mois de février et nous nous attaquerons à l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique et la Hollande au mois de mars.

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