Interview : Caméléons (01-1998)

Petit historique du groupe…

Hervé est le bassiste, il est breton alors vous connaissez les rimes, est-ce vrai ?, on ne le sait pas; Anthony est à la batterie, il habite tout près de chez De Villiers, on sait pas trop quoi en penser; Tony est à la guitare, il commence à prendre le large avec des articles sur lui dans le journal ; Olivier au saxo ; Hervé au trombone; Jean Jean au chant, l’homme élastique ; Vincent à la guitare et au chant; le sonorisateur, homosexuel et névrotique, il a fait partie d’un groupe mythique appelé Nogodada, leur musique était morbide ; Eddy, manager à Guindaille. Ca doit faire maintenant six ou sept ans que l’on existe, mais au début, on a vraiment pris le temps de faire quelque chose d’écoutable. A l’origine, on était cinq, il n’y avait pas de cuivres. On a travaillé, répété pour faire nos premiers concerts il y a trois ans. On s’est ensuite enrichi avec l’arrivée des trombone et saxo il y a un an et demi. Ca fait maintenant deux ans que l’on tourne dans toute la France.

Pourquoi s’être appelé les Caméléons?

Au début, on changeait de nom tous les quinze jours. On ne savait pas quoi prendre comme nom alors on a pris les Caméléons et puis s’est resté. Mais ce n’est pas du tout réfléchi à la base.

Quelles sont vos influences en terme de groupes ?

C’est ce qui est marrant, car on joue tous ensemble mais on n’écoute pas du tout la même musique. Ce qui nous réunit, c’est notre musique à nous.

Au début du groupe, il n’y avait pas de fil commun qui ait fait que vous jouiez ce style de musique ?

Si, mais c’est plus l’amitié que le style de musique qui a joué. On se connaissait tous, on était des copains d’enfance. On s’est réuni parce qu’on voulait faire de la musique mais c’est tout ! Le style des Caméléons est venu avec le temps.

Comment voyez-vous l’évolution du groupe entre les deux albums ?

Le dernier est beaucoup plus riche parce qu’il y a les cuivres. Ils sont arrivés juste le jour de l’enregistrement du premier album et se sont posés sur la musique. Pour le deuxième, on a travaillé avec eux. Le dernier est donc plus homogène, plus construit autour d’eux. Au niveau des concerts, on a beaucoup tourné entre les deux albums. On a fait la première partie des Wampas, de Big Soul, de Negu Gorriak, de Zebda et beaucoup d’autres.

Vous avez l’air marqué par les Wampas ?

Le saxo ne connaissait pas du tout ce groupe et ce n’était pas du tout son style de musique. On a joué avec eux et on s’est super bien entendu, et le saxo a acheté l’album ayant trouvé ça d’enfer. Leur musique est comme la nôtre: basique et simple avec une grosse communication avec le public.

Expliquez-nous en quoi consiste l’activité de Guindaille Production…

C’est une asso sur Nantes qui fait tourner plusieurs groupes. Ils s’occupent du management, de l’affichage, de la production. Ils s’occupent des Blisters, de nous et de cinq autres groupes.

Comment vous êtes vous retrouvés chez eux ?

On avait envoyé une cassette à deux ou trois managers parce que ça nous prenait trop de temps. On travaille tous à côté alors on ne pouvait pas faire ça. Guindaille a été intéressé et nous a pris en charge.

Quels sont les sujets abordés dans vos textes ?

Bonne question ! On n’a pas vraiment de message à faire passer à part bien sûr, qu’on est contre le fascisme. II n’y a qu’une chanson la dessus mais sinon, le reste est digne des Boys Band. Nous, on veut juste faire passer une émotion, un bon moment. On ne cherche pas à faire réfléchir les gens, il y en a d’autres qui savent très bien le faire. On veut juste faire la fête. On chante en espagnol car, comme ça, les gens ont plus de mal à comprendre et ça sonne plus chaud. Au début, on chantait en français et puis un jour, on a malencontreusement glissé une chanson en espagnol, et ça a tout de suite fait la différence. Maintenant, on ne fait que ça, et ça nous démarque de beaucoup de groupes qui chantent en anglais ou français.

On ressent chez vous une certaine attirance pour le pays basque et les Negu. Est-ce quelque chose auquel vous tenez ?

On n’est pas pro-indépendantiste, on a rien à voir avec le pays basque. On trouve tous que le pays basque avec sa culture, sa langue, ses coutumes et tout ce qui engendre la fierté d’être basque, pourrait être indépendant. Les gens, là-bas, ne sont pas tous extrémistes mais sont tous fiers d’être basque. Pourquoi n’aurait-il pas droit à cela ? Pourquoi des gens sont-ils brimés dans leurs têtes ? On trouve cette situation anormale.

Et les Negu ?

On a joué une fois avec eux, ça s’est très bien passé. On est tous plus ou moins fans d’eux, de leur message et de leur musique.

Avez-vous des projets de tournée à l’étranger ?

On aimerait bien faire une tournée espagnole mais c’est dur à mettre en place. On n’a pas envie de perdre beaucoup d’argent en allant là-bas, et de se faire piquer le matos. Il faut que ce soit un minimum sérieux. On a peut être aussi des plans sur la Belgique, la Suisse, l’Italie. On a envie de s’expatrier pour voir ce qu’il se passe ailleurs.

Que faites-vous en dehors du groupe?

On travaille pratiquement tous. On a un prof de sport, un surveillant dans un lycée, un homme d’entretien dans une piscine, un homme d’entretien de l’autoroute ASF ( II est souvent habillé tout en orange fluo alors si vous le croisez un jour sur la route, faites-lui des grands signes ! ), les autres sont intermittents.

Comment va la scène nantaise ?

Nous on vient de Vendée plus exactement mais sur la scène nantaise et vendéenne, il y a quand même des groupes qui sont sortis comme Little Rabbits, Dolly, Les Jambons. II y a beaucoup de groupes et de mouvements sur Nantes ; après il faut voir si ça marche au niveau national, j’en sais rien… II n’y a pas de gros concerts mais il y a beaucoup de petits. On a eu de la chance, on s’est bien intégré à la scène nantaise parce que pour eux la Vendée, c’est la province, presque même les paysans.

Pourquoi remercier Super U et Leclerc sur votre dernier album ?

Nous sommes auto-produits alors il faut distribuer les disques. Ces supermarchés-là en Vendée ont bien voulu prendre nos disques sans rien prendre sur les ventes. On remercie ceux-là précisément mais pas tous les supermarchés de France ! En campagne, il n’y a pas forcément d’endroits et de disquaires pour acheter les disques.

Hors mis ce système-là, vous êtes distribués comment ?

On est distribué par Guindaille. En Vendée, les supermarchés que l’on remercie, ce sont eux qui nous l’ont demandé parce qu’ils avaient une demande des clients. La Vendée est assez rurale, les gens ne se déplacent pas dans les villes. On a un public jeune, ils sont en mob et faut faire cinquante bornes pour trouver un disquaire. C’est injouable !

A La Roche/Yon, il n’y a pas de disquaire ?

II y en avait un qui s’appelait Indies et qui avait vendu mille exemplaires de notre premier CD. Mais un jour, le mec, il s’est dit: • tiens mais avec tout l’argent que j’ai en caisse, pourquoi je ne me tirerais pas ». II a pris l’argent de la caisse et les réservations d’un concert de Noir Désir, environ 700 000 balles. II est parti aux USA, le magasin a fermé et il y a plein de gens qui voudraient récupérer leur argent donc : « Ou est passé le patron d’Indies ? ». En plus, La Roche est une ville trop petite pour avoir une Fnac ou un magasin de ce style. C’est relativement pauvre.

A t-on oublié quelque chose ?

Est-ce qu’on a parlé des Wampas ?

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