Interview – Breakbot, la fraicheur d’un truc frais

Son premier album « By Your Side » enfin sorti, Breakbot continue sa tournée avec désormais un peu plus d’arguments sous le bras pour défendre sa disco-house de lover face à tous ceux qui, chauffés par le tube « Baby I’m Yours », attendaient impatiemment un disque. L’Aéronef de Lille le faisait donc logiquement apparaître au line-up du festival « Fantastic et ses nuits électriques », à l’occasion duquel le poulain du label EdBanger rendait l’hospitalité aux nordistes venus en masse se laisser draguer par un concert chaleureux et sans prise de tête. Mais avant de monter sur scène, le charmeur parisien nous accordait une petite interview…

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Breakbot, on t’en veut: « Baby I’m Yours » est sorti il y a deux ans, pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir un album?

Breakbot: On me pose souvent cette question, mais je trouve que je n’ai pas arrêté, je n’ai pas glandé ni pris de vacances à Hawaii! J’ai effectivement pris mon temps pour le sortir parce que je voulais bien le faire. J’ai bossé dessus quasiment tous les jours où j’étais à Paris, sans prendre de temps libre. C’est vrai que faire un maxi et faire un album, ça n’est pas le même boulot, il y a aussi eu des dates entretemps, quelques remixes… Je n’ai pas chômé! Entre 2006 et 2012, j’ai fait une trentaine de remixes. Pour l’album, j’ai composé une petite vingtaine de morceaux pour avoir un peu de matière. Il me reste donc des chutes de l’album et quelques faces B.

Beaucoup de gens trouvent que tu es arrivé comme un cheveu sur la soupe sur EdBanger, avec un son disco-love à l’époque où quasiment toutes les sorties du label étaient plutôt grasses! Dans quelles circonstances y as-tu signé?

J’ai rencontré pas mal de gens du label. Je connais Xavier de Justice depuis mes dix-huit ans car on était dans la même classe pendant un an à l’école Estienne, on faisait un peu de zik ensemble. Ensuite, je suis parti faire mes études en province, et le groupe Justice a démarré à Paris. Ils m’ont fait écouter les premiers morceaux, j’étais super excité, je trouvais ça mortel. Ça m’a vachement donné envie de m’y mettre, de faire mes propres morceaux, et des remixes. J’en ai fait un petit de « Let There Be Light » pour m’amuser, et ils l’ont sorti sur le maxi japonais de « Waters Of Nazareth ». C’était ma première sortie physique, déjà sur Ed Banger! Je me suis alors un peu retrouvé dans les bureaux de Pedro, il suivait ce que je faisais, et un jour il m’a appelé en me demandant si j’étais intéressé pour signer sur le label. Bien sûr, avec plaisir!

break2Sur EdBanger, on a l’impression que tout ce qui est arrivé après « Baby I’m Yours » était beaucoup plus sexy. Il y a eu « Embody » de SebastiAn, « I <3 U So » de Cassius, « Surabaya Girl » de Krazy Baldhead… As-tu le sentiment d’avoir apporté un peu d’amour sur ce label?

Je l’espère! Le but était d’amener un peu de fraîcheur. Je ne pense pas non plus que les mecs m’ont attendu pour kiffer cette musique. Beaucoup de gens écoutent de la musique soul ou funk, je ne suis pas le dépositaire de cet esprit-là. Mais si j’ai pu apporter un peu de fraîcheur, c’est tant mieux. Mais en tous cas, ça me fait plaisir que tu penses comme ça, je le prends comme un compliment. Pour répondre à ta question, je pense que je suis plus influencé par Cassius que l’inverse! Quand tu écoutes les premiers albums, ils étaient déjà dans le disco, dans la love. Et par exemple, les tracks de Justice comme « D.A.N.C.E. » étaient déjà un peu funky dans l’ensemble.

Il y a eu un succès tardif de tes singles, notamment « Baby I’m Yours ». On l’entend maintenant dans des pubs, des films… Qu’est-ce que ça change chez un artiste? Comment le vis-tu?

cita11Je le vis bien, c’est cool d’avoir un bon retour du public, les gens ont l’air de bien réagir dans l’ensemble. Après, je n’ai pas non plus envie qu’ils bloquent sur un seul morceau, parfois ça peut être un peu flippant. Les deux maxis sortis après « Baby I’m Yours » n’ont pas eu le même impact, et sont carrément restés confidentiels. Mais je ne vais pas me plaindre d’avoir un morceau qui marche! Je suis content, j’en profite, je voyage, je n’ai vraiment pas à me plaindre…

Quel pays t’a réservé le meilleur accueil?

Je fais des DJ sets, et on ne tourne en live avec Irfane que depuis avril 2012. En live, on n’a pas encore fait beaucoup de pays, mais en tant que DJ, j’ai plusieurs souvenirs de trucs vraiment cool: le Terminal 5 à New York, Sidney, le festival Coachella était mortel, Marsatac à Marseille…

En live, vous êtes donc deux. Penses-tu développer la formule avec un groupe?

Peut-être pas avec un groupe, mais avec d’autres chanteurs. On va peut-être faire venir Ruckazoïd sur les lives et travailler la scénographie. On réfléchit sur les visuels, comment mettre en place les trucs pour que ça prenne un peu de volume…

Chaque single de Breakbot est sujet à un vidéo-clip. Toutes ces vidéos sont bien travaillées, les clips valent le coup d’œil! S’agit-il pour toi d’un moyen de communication indispensable aujourd’hui?

Je pense que ça l’est devenu au début des années 80, quand Michael Jackson a révolutionné le genre avec « Thriller ». A ce moment-là, ça a changé la donne par rapport aux clips! Pour moi, ce n’est pas forcément un outil de promotion, mais une plus-value par rapport à la musique. Ça permet de créer un univers précis. C’est important d’avoir un univers visuel pour que les gens se souviennent de toi.

Comment as-tu choisi les différents réalisateurs?

Pour l’instant, c’est simple, il y a Irina Dakeva qui est une fille qui a partagé ma vie pendant sept ans. Elle a fait deux des trois clips: « Baby I’m Yours » et « One Out Of Two ». Je lui fais confiance, je sais qu’elle a beaucoup de talent, et comme elle démarre, c’était cool de pouvoir la dévoiler au grand public. Pour « Fantasy », c’est un pote qui m’ a proposé un projet qui m’a plu. C’est aussi un super clip, en plus la meuf est trop bonne (rires).

Tes dates de tournée alternent entre live et DJ set. Est-ce qu’on te laisse le choix?

Il y a plusieurs paramètres qui rentrent en compte. Il y a d’abord la volonté du promoteur. Ensuite, il y a le budget: mine de rien, on est quand même six sur la route. Il y a deux mecs qui bossent sur les lights, un mec au son et un tour manager. Il y a aussi notre désir, on n’a pas tout le temps envie de faire des concerts, et il y a des salles qui s’y prêtent plus que d’autres. Quand on se fait booker dans des clubs, ça ne sert à rien d’y faire des lives.

Dans quel exercice prends-tu le plus ton pied?

Je t’avoue que j’aime bien les deux. Ce sont deux choses très différentes, mais il y a plus d’implication personnelle dans le live. Ce sont uniquement mes morceaux, et je joue du piano, donc c’est plus dur. Le DJ set, c’est drôle aussi, tu fais la fête, tu t’amuses avec tes amis. Par exemple, hier soir, on a joué à Bruxelles, on s’est trop marré avec Irfane. On a joué pendant trois heures dans un petit club qui s’appelle le Mister Wong, les gens étaient content, on a trop rigolé, c’était une super soirée.

break4Comment as-tu choisi les voix de l’album? Ce sont des potes?

Non, ce ne sont pas des potes à la base, je les ai vraiment choisis pour leur timbre vocal. Irfane, je l’ai rencontré via Krazy Baldhead avec qui il avait fait « Sweet Night » que j’avais adoré. Il a vite accepté de bosser avec moi, et on est rapidement devenus potes parce qu’on écoute beaucoup de musique en commun. Ruckazoïd habite en Californie donc on se voit beaucoup moins souvent, on travaille plus par internet. Je l’ai rencontré via un pote à Los Angeles qui m’avait fait écouter des tracks. Et Björn, je l’avais rencontré parce que j’ai fait des remixes pour Pacific en 2007. Du coup, c’était un petit renvoi d’ascenseur! Mais ces trois chanteurs ont un dénominateur commun: je me suis rendu compte qu’ils chantaient tous comme des femmes (rires).

Qui sont les prochaines victimes de tes remixes? As-tu un carnet de commandes sympathique?

J’ai arrêté le temps de la production de l’album, mais là j’ai repris, surtout pour des amis, Para One et The Swiss. Pour l’instant c’est tout, j’ai aussi refusé pas mal de trucs, surtout pour une question de temps. Il faut que je me mette à bosser sur les morceaux du prochain album, et on a aussi un projet de groupe avec Irfane. Il y a aussi des morceaux inédits à faire pour la prochaine compile des dix ans d’EdBanger!

La pochette de l’album, c’est une plaquette de chocolat!?

C’est Chicago qui avait déjà eu cette idée de faire une pochette de disque en tablette de chocolat avec l’aluminium un peu sur le côté, et je trouve cette pochette mortelle. C’est donc un peu pompé, mais plus poliment, on va dire que c’est une référence (rires). Je trouve que ça colle bien à la musique, il y a un côté un peu naïf, antidépresseur, sucré, et qui rappelle l’enfance.

Quel est ton chocolat préféré?

J’adore le chocolat, il y en a plein que j’aime bien! J’adore le Crunch, le Milka, le Cadbury, le Côte d’Or, bref j’aime bien le chocolat en général!

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Une réponse à Interview – Breakbot, la fraicheur d’un truc frais

  1. Carmen 27 novembre 2012 à 23 h 26 min #

    Interview sympa de Breakbot (si j’avais su qu’il était à Bruxelles chez Mister Wong, j’y aurais été!!). J’avais adoré le titre « Baby I am yours ».
    Hâte de découvrir l’album de Breakbot. Puisse qu’il soit aussi bon que du chocolat!!;o)

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