Interview : Brain Damage (01-2005)

Il y a deux ans, « Always Greener (On The Other Side) », premier album de Brain Damage, avait séduit par sa froide et mystérieuse délicatesse. Le deuxième opus « Ashes to Ashes / Dub to Dub » a définitivement ancré le groupe stéphanois dans le paysage dub français. En 2005, les deux compères veulent défendre leurs productions sur scène, en France et à l’étranger. Entretien.

Comment est né Brain Damage?

Le projet est né en 1999, suite à la rencontre de ses deux membres autour d’affinités communes, en particulier autour du dub.

Brain Damage est souvent présenté comme un groupe « Emo-dub-ambient ». Cette qualification vous convient-elle?

Nous avons la prétention de faire passer des émotions et des sensations plutôt qu’un message direct. C’est souvent le lot de toute musique instrumentale. Nous nous sommes donc autoproclamés « emotional dub ». Comme pour tous les musiciens compositeurs, nos créations sont les reflets des différents pans de nos cultures musicales respectives. « To steal ideas from one person is plagiarism; to steal from many is research » (Steven Wright).

Vos « bidouillages électroniques » font désormais référence. Comment s’organise votre travail de composition?

Nous appliquons deux méthodes bien différentes. En studio, nous utilisons essentiellement l’informatique, plus une vrai basse électrique. Sur scène, on s’appuie toujours sur la basse, ainsi que sur un multipiste, une console et quelques effets.

Où s’arrêtera votre exploration musicale?

Nous ne nous fixons aucune limite, et certainement pas celle de ne faire que du dub. En fait, nous ne savons jamais à quoi ressemblera le prochain album…

Et en dehors de Brain Damage, quelles sont vos activités?

Le projet nous occupe sept jours sur sept. Et quand ce n’est pas Brain Damage, on s’occupe de notre micro label Bangarang. On écoute également du son, en ce moment c’est les rééditions des productions Wackies par les Allemands de Basic Channel.

Depuis quelques années, le public français se montre de plus en plus réceptif au dub. Selon vous, à quoi cela tient-il?

Difficile à dire… Pendant nos concerts, nous constatons que beaucoup de gens découvrent le projet Brain Damage, et le dub en même temps. D’autres connaissent déjà la scène dub française, ils sont de plus en plus nombreux, merci à eux… En même temps, nous ne pensons pas que le dub connaisse un essor particulier. C’est une musique qui a maintenant pas loin de quarante ans d’histoire. Le dub a toujours été présent tout en changeant aussi bien artistiquement que techniquement via, entre autre, ses migrations géographiques: de la Jamaïque à l’Angleterre, aux États-Unis, en Allemagne et dernièrement en France. Pendant les tournées, on croise régulièrement d’autres groupes. Certains projets sont vraiment très intéressants, la qualité est là.

« Bipolar Disorder » (1999), « Always Greener (On The Other Side) » (2002) et votre dernier opus « Ashes To Ashes / Dub To Dub » (2004) possèdent des visuels très élaborés. Qui s’occupe de l’artwork?

Nous travaillons avec la même personne depuis le début de l’aventure Brain Damage. Il possède sa propre boîte de création graphique: 642. Il nous prépare à chaque sortie de magnifiques digipacks, avec une belle unité graphique, pertinente et évolutive. Du bon travail. Il y passe un temps fou.

Brain Damage entame sa sixième année d’existence. Quels sont vos projets pour l’année 2005?

Du live, principalement. On aimerait tourner en France, partout où les occasions se présentent, mais nous avons également de sérieuses opportunités à l’étranger. Là encore, nous sommes ouverts à tout, pourvu que l’on puisse avoir les conditions nécessaires pour jouer. En 2005, nous allons aussi commencer à réfléchir au troisième album.

Un dernier mot?

Allez voir notre site pour plus d’infos (www.bangarang.free.fr), ou envoyez un mail à bangarang@free.fr pour vous inscrire sur notre newsletter. Elle est envoyée tous les mois et détaille nos projets, dates de concert, sorties d’albums, compilations… À bientôt.

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