Interview – Beans, la fin des haricots?

Encore plus ouf en solo qu’avec le crew Antipop Consortium, l’hyperactif Beans s’entoure d’apôtres au son cosmopolite, des invités qu’on n’aurait même pas idée de mentionner entre potes dans une discussion autour du rap. Ce chimiste du beat a définitivement les idées claires et continue à faire du hors-piste, vers une vallée que lui seul connaît. En toute humilité, le Mc met la scène hip-hop devant le fait accompli: des chansons puissantes, organiques et par dessus tout imprévisibles. Entre deux rimes, petite interview aller-retour par claviers interposés.

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Four Tet, Clark, In Flagranti, Tortoise, Interpol, TV On The Radio… En invitant autant de gens sur ton nouvel album, n’avais tu pas peur que le résultat parte dans tous les sens?

Beans: Non, je n’avais pas la moindre appréhension! Tous ces artistes sont des gens que j’ai choisis, c’était mon idée, ce disque DEVAIT partir dans toutes les directions. C’était le but.

As tu donné des « instructions » à tes invités, ou avaient-ils carte blanche?

Non, j’ai une manière de travailler un peu particulière. Ils m’ont d’abord envoyé leurs beats, puis je les ai mélangés aux instrus que j’avais déjà esquissées, avant de leur écrire. Je commence toujours mes albums par la partie instrumentale, puis je trouve les beats qui ressemblent le plus à la structure que j’ai déjà dans ma tête. Je sais d’avance ce que je veux pour l’album. Le seul morceau qui avait déjà une instru avant que je commence à l’écrire était « Electric Bitch ». Sam Fog (d’Interpol, ndlr) avait cette mélodie lorsqu’il m’a donné le track.

Beaucoup d’entre eux ne viennent pas de la scène hip-hop. Pourquoi les as tu choisis?

Qui s’en soucie? Tu ne peux pas éternellement avancer dans ce style en revenant toujours aux ingrédients qui ont déjà nourri le hip hop. Je n’ai jamais raisonné comme ça, pourquoi devrais-je commencer maintenant? J’ai justement choisi ces producteurs parce qu’ils ne faisaient pas de hip-hop. C’était l’idée. J’aime ce qu’ils font en tant que producteurs, peu importe leur style, et je me suis uniquement fié à mes goûts!

Peux tu nous en dire plus sur ton dernier album, « End It All« , en particulier les évolutions comparées au précédent…

L’avant-dernier album, « Thorns », était plus personnel. Je voulais que celui-ci soit plus massif, avec des grosses rimes, juste histoire de cracher dans le micro avec peu ou pas de refrain!

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A quoi ressemble Beans sur scène? Es tu seul? Fais tu appel à un live band?

Jusqu’à récemment, j’étais seul. Aujourd’hui, je suis seulement accompagné d’un DJ, mais je pense monter un groupe très bientôt…

Qui est le producteur de tes rêves?

Certainement Autechre… J’adore aussi Flying Lotus. Nous avons fait un morceau ensemble mais il ne l’a pas aimé. Mais on va remettre ça!

Pourquoi as tu appelé ton album « End It All »? Est-ce la fin de ta carrière solo?

Effectivement, je vais peut être prendre ma retraite et faire quelque chose d’autre de ma vie. Ce sera donc peut être mon dernier « Hoorah! ».

Est-ce que tu suis la scène rap contemporaine? Penses-tu que c’était mieux avant?

Je m’intéresse à toutes les formes de musique. Je ne suis pas forcément du genre à être impatient d’entendre le nouveau Raekwon. Par contre, les derniers titres de Burial sont vraiment solides! J’adore ce qu’il vient de sortir en collaboration avec Four Tet et Thom Yorke. Le nouvel album de Gang Gang Dance est excellent aussi. Enfin, à mon avis, l’album de Tyler The Creator du groupe Odd Future va être splendide à n’en pas douter… Donc oui, certaines choses étaient meilleures auparavant, mais voilà des preuves qu’aujourd’hui, ça n’est pas si mauvais!

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