Interview – Arcade Fire, sauvé des eaux…

A peine un mois après la sortie de « The Suburbs« , son nouvel album, Arcade Fire foulait pour la troisième fois la scène de Rock en Seine, en tête d’affiche cette fois-ci. A 22h en ce dimanche 29 août, les Canadiens avaient la lourde charge de clôturer sa huitième édition, et s’y sont magnifiquement employés malgré les intempéries qui les auront obligés à interrompre leur set durant quelques longues minutes. En cette fin de soirée de concert en effet, les étoiles étaient nulle part ailleurs que dans les yeux des dizaines de milliers de spectateurs présents. Quelques heures plus tôt, le groupe – excepté Win et Régine – se présentait devant les médias pour une conférence de presse, seule occasion offerte par Arcade Fire pour entendre ce que ses musiciens avaient à répondre aux questions malheureusement trop souvent « légères » des médias représentés, majoritairement généralistes. En voici la quasi intégralité, avec ce goût de trop peu dont il a bien fallu se contenter.

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On attend toujours beaucoup d’Arcade Fire, et certaines personnes semblent quelque peu déçues par « The Suburbs ». Avez-vous déjà lu certaines de ces critiques? Vous affectent-elles?

On sort un album simplement parce qu’on l’aime, donc ca nous importe finalement peu de savoir qu’il a pu être critiqué. Tu sais, il doit y avoir des milliers de blogs qui ont publié un article sur le disque, donc c’était évident que tout le monde ne serait pas d’accord. Pour nous, le plus important est évidemment de le sortir un album qu’on aime. On ne peut pas contenter tout le monde. Quand on compose un disque, on le sort quand on est tous totalement convaincus de son contenu, ensuite on s’en va le jouer en concert, et on est heureux comme ça! Le but, c’est de jouer de la musique tous ensemble, pas de recevoir à tous prix de bonnes critiques.

Ce nouvel album est plus long que les précédents. Pourquoi avoir fait ce choix de publier autant de nouvelles compositions? La dynamique de travail a-t-elle été différente pour accoucher de « The Suburbs »?

Les chansons sont venues comme ça. On a vu qu’on avait beaucoup de matière pour enregistrer, beaucoup de morceaux autour d’une même thématique. A un moment, on s’est demandé s’il fallait faire une sélection, mais on s’est rendu compte que tous avaient leur place sur cet album. C’était une évidence pour nous. On a fait un break plutot long avant de se remettre à enregistrer, nous avions donc plus d’idées, plus de compositions que l’on voulait travailler tous ensemble. Sur « Funeral » par exemple, on a enregistré ce que l’on avait, rien de plus. Là, c’était différent, on avait plus de temps pour tout, pour bosser à la maison, pour tester certaines choses en studio ou dans notre église qui nous sert de studio. Donc les idées sont venues en nombre. C’était confortable, ce qui n’avait jamais été le cas à ce point pour « Funeral » et « Neon Bible ». C’était aussi la première fois qu’on enregistrait des choses sans que l’on soit tous ensemble dans le même studio. On s’envoyait des bouts de morceaux que chacun pouvait travailler et enregistrer de son côté. En fait, on en avait marre d’entendre Tim enregistrer ses solos de guitare pendant des heures en studio (rires), on a fait ça pour son bien (rires)!

arcade11Ressentez-vous une quelconque pression de par le fait que vous êtes désormais considérés comme l’un des plus grands groupes du monde?

(rires aux éclats!) Non, c’est très facile d’être les meilleurs, c’est pas compliqué du tout pour nous! La pression s’en va toute seule quand on est les meilleurs (rires). On nous a déjà dit mille fois que notre dernier concert était le plus grand show qu’on ait jamais joué! C’est très bizarre! (rires)

Qu’est ce que cela vous fait d’entendre Peter Gabriel reprendre un de vos titres, ou que certains disent que U2 étaient les Arcade Fire des années 80?

Vous savez combien de disque a vendu U2 (rires)? Enormément! Nous, on a été numéro un pendant une seule semaine (rires)! Quant à Peter Gabriel, il a en effet repris « My Body Is a Cage ». C’est un honneur pour nous. On a pas encore eu le temps de faire la même chose en retour, mais ça se fera certainement.

C’est une influence pour vous?

Régine a toujours aimé les disques de Genesis, on est tous fans de son travail. Donc, pour nous, c’est plutôt génial qu’il fasse une reprise de l’une de nos chansons. Ca veut sûrement dire qu’on l’inspire également quelque part.

Vous avez récemment joué au Madison Square Garden, le concert a été filmé par Terry Gilliam. Envisagez-vous une future collaboration, un clip avec lui par exemple?

Nous n’avons pas évoqué ce sujet. L’idée de cette collaboration était avant tout la diffusion de ce concert sur Youtube. Nous nous sommes d’ailleurs beaucoup amusés. Nous sommes de grands fans de son travail donc, évidemment, si l’opportunité d’une nouvelle collaboration devait se présenter, nous en serions ravis. Mais, pour l’instant, ce n’est pas d’actualité. En ce qui concerne la vidéo de ce concert du Madison Square Garden, on a été très content du résultat.

C’est votre troisième participation au festival Rock En Seine, vous serez également en tournée en salles très prochainement. Considérez vous différemment les festivals et les concerts ou vous êtes la seule tête d’affiche?

Quel que soit l’endroit et le contexte, on se doit de donner le meilleur de nous-mêmes. Toujours. La foule qui vient nous voir a également son importance, elle fait partie du concert, elle nous pousse à tout donner. Evidemment, ce n’est pas la même chose de jouer dans un stade ou la foule nous booste toujours que de jouer dans une salle plus petite ou c’est plus particulier puisqu’on peut voir le visage de chacune des personnes qui assistent à ton concert. On aime beaucoup ça aussi. La taille de l’endroit n’a pas d’importance, on est sûr de toujours retrouver des personnes qui parlent dans le fond pendant le concert (rires). Si on joue dans une salle de mille places, il y en aura vingt en train de parler autour d’une bière au bar. Si on joue devant cinquante mille, et bien les cinq cents du fond discuteront également (rires).

Vous vous êtes beaucoup impliqués dans la cause haïtienne. Concrètement, quelles actions avez-vous réalisé pour aider a la reconstruction de ce pays qui tient à cœur tout particulièrement à Régine (elle est néé à Haiti, ndlr)?

A chaque place vendue pour un concert que l’on donne, un dollar ou un euro est reversé à Haiti. Plus particulièrement à l’ONG Partners in Health, l’une des principales associations qui continue d’aider le pays. On continue, en faisant tout ce que l’on peut pour les aider. Régine est également impliquée dans une autre association qui tente d’améliorer les relations entre le Canada et Haiti.

Dans les notes de votre dernier album, vous saluez François Chevalier, un ami à vous, époux d’Émilie Simon. Qui était il pour vous?

François était un vrai bon ami, on avait bossé avec lui sur « Neon Bible ». Il nous manque à tous. On est triste de l’avoir perdu.

PHOTOS ROCK EN SEINE 2010

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Une réponse à Interview – Arcade Fire, sauvé des eaux…

  1. Depaix 1 septembre 2010 à 21 h 13 min #

    Très bon, rien à ajouter!

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