Interview : Antipop Consortium (08-2001)

Vous dites ne pas avoir peur d’être en dehors des limites. Pouvez vous nous expliquer vos positions artistiques et politiques ainsi que votre motivation ?

Nous exprimons juste notre personnalité en tant que groupe qui provient de nos individualités. Nous n’avons pas peur des conséquences de notre musique sur nous mêmes et notre image de groupe. Nous ne nous limitons pas artistiquement pour interpeller les gens et tout simplement parce que nous faisons la musique que nous avons envie de faire. Notre musique évolue en même temps que nous. Nous devons maintenir un certain niveau de responsabilité sur ce que nous faisons. Notre musique est vraie, honnête et reflète une réalité artistique.

Que pensez vous de l’égotrip récurent dans le hip hop ?

C’est le hip hop qui est comme ça, c’est un peu son but aussi. Il y a une sorte d’égo qui te pousse à prendre le micro, dire des choses parfois un peu de manière agressive dans le but de ressentir une certaine confiance. Il y a une différence entre être égocentrique et être reconnu qui est un peu marrante. L’égocentrisme est une sorte d’art à notre niveau.

L’atmosphère de votre album me donne l’impression d’une ambiance à la Philip K Dick…

Nous ne sommes pas particulièrement poussé par la science fiction. Notre musique n’est pas du tout faite dans cet esprit là. Tout dépend de l’interprétation que les gens ont sur notre musique. C’est juste la manière que nous avons choisi pour nous exprimer, ce n’est pas une influence sur notre processus musical quand nous créons.

Votre flow semble mécanique et me pousse à m’interroger sur votre relation avec la technologie.

Nous utilisons des claviers, des boites à rythme, des machines à effet. Nous ne sommes pas effrayés par les machines au contraire. Nous sommes au 21ème siècle, la technologie fait partie intégrante de notre vie maintenant. Il n’y a plus vraiment de confrontation entre l’homme et la machine, les deux marchent désormais l’un à côté de l’autre. La technologie est réalité de nos jours. Nous devons utiliser les outils d’aujourd’hui. C’est ni plus ni moins une aubaine pour pousser les limites de notre musique et nous faire avancer.

Vous venez de signer chez Warp qui est à la base un label de musique électronique. Pourquoi avoir fait ce choix ? Est ce que cela représente une évolution ou une révolution dans votre carrière ?

Warp suit l’électro contemporaine. Nous essayons d’arriver à un certain niveau d’expression du hip hop, en expérimentant, et en puisant dans des influences diverses. Warp est le représentant idéal pour ce que nous faisons et va nous permettre de réaliser nos souhaits. Nous sommes très contents d’eux pour le moment, c’est un bon mariage en quelques sortes.

Vous avez intitulé votre album « Tragic Epilogue ». De quelle fin vouliez vous parler ?

L’album a été réalisé en 1999 et est sorti en 2000. Nous étions donc à la fin du 20ème siècle, beaucoup de choses ont changé dans la musique et également dans la notre. Cela correspondait à un moment charnière pour la musique mais aussi pour nous et notre musique. Une sorte de bilan quoi !

Comment voyez vous votre futur ?

Nous espérons que nous continuerons sur notre lancée, que nous continuerons à évoluer de cette manière. Nous sommes devenus beaucoup plus confiants artistiquement, ce qui nous facilite le travail et nous permet d’avoir de plus en plus d’audience. Tout cela se ressentira complètement dans nos futures réalisations. Nous évoluons constamment, nous faisons de moins en moins de concessions. J’espère que les gens seront assez ouverts pour comprendre notre musique et ce que nous avons en tête. Nous travaillons en collectif, nous sommes bien ensemble et sommes très optimistes quant à nos futures sorties. Il faut espérer que cela plaise à nos fans et à ceux qui ne nous connaissent pas encore. Nous nous sentons chanceux, alors que ça continue !

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