Interview : 8.6 Crew (01-2000)

Le 8°6 s’est formé en 1995. A la base, on était quatre. Depuis ça, le batteur est devenu percussionniste. On a fait un premier enregistrement un an après. Des membres d’autres groupes nous ont rejoint et sont restés à nos côtés par la suite. Seule la section cuivre change malheureusement de temps en temps même si le tromboniste et le trompettiste sont maintenant avec nous depuis un bon moment. Deux membres ont changé depuis l’enregistrement de notre album l’année dernière.

Justement, votre album est sorti sur un label allemand. C’est assez rare pour un groupe français…

En fait, on était en contact avec un tourneur français qui connaissait bien le gars de Mad Butcher. Ils ont décidé de faire un truc ensemble, une sorte de co-production Mad Butcher France, et on s’est rencontré comme ça.

Quels sont les avantages à être sur un label étranger?

Ca dépend du label. En ce qui nous concerne, on a pu faire une dizaine de dates en Allemagne avec des bons groupes. On a pu se faire connaître en France et à l’étranger et vu que c’est un label qui a pas mal de contacts, on a pu jouer au pays basque, en Italie… La scène est beaucoup plus large là-bas qu’en France. Après, les rapports ne sont pas non plus très évidents puisqu’ils sont loin de nous.

Quels sont les thèmes que vous aimez défendre?

La vie de quartier, ce qui se passe. On ne fait pas une chanson sur un seul thème, ça s’enchaîne. Ca peut être sur le chômage, le racisme, les handicapés, la vie qu’on mène tous les jours, nous ou des copains.

Vous insistez aussi beaucoup sur votre côté skinhead reggae, est-ce pour avertir les gens non initiés que skinhead ne veut pas forcément dire fasciste?

Oui et non. Depuis qu’on fait des concerts, les gens ont assez vite passé la barrière des mecs rasés ou quoi que ce soit. En général, les gens tiltent un peu sur des paroles skinheads. Nous, on veut revendiquer cette identité anti-raciste ni pour se justifier ni pour dire à tout le monde que le skin est reggae. Ce n’est pas notre cheval de bataille. Le skin va avec le ska, donc c’est notre public. II faut être clair et on en parle parce que c’est notre vie. Étant donné qu’on l’est, il faut être vigilant car on peut être suivi par des skins qui n’ont rien à voir avec les idées que l’on défend. Dans le groupe, on est dix et on n’est pas une majorité de skins non plus, donc…

Quels sont vos rapports avec les autres groupes de la scène parisienne?

On va bientôt jouer avec K2R Riddim. On les connaît, on les respecte et je pense que c’est réciproque. On n’est pas en marge, on joue avec la Ruda, les Rude Boy System, les Western Special… Même des groupes de punk ou de oï.

Justement, en parlant de oï, il y a quatre morceaux de ce style à la fin de l’album que vous ne jouez pas en concert. Pourquoi les avoir mis?

Quand on a commencé le groupe à quatre, notre set était 50-50. On les a joués régulièrement sur scène, des fois on a même fait des concerts uniquement oï. Cela permettait au groupe d’aller jouer sans quelques membres. Après, ça formait un groupe dans le groupe, et on a décidé d’arrêter parce que ça collait plus aux compositions que l’on faisait tous ensemble. Mais on aime toujours ça.

Si vous deviez changer quelque chose su sein de la scène ska française, que feriez-vous?

Plus de concerts. Mais depuis un an, on parle pas mal de la scène ska dans la presse à gros tirage. II ne lui manque pas grand chose, seulement ce qu’il manque également aux autres scènes en France. II faut que les gens s’apprécient et ne se tirent pas dans les pattes. II faut faire des trucs ensemble.

Quels sont vos projets?

Là, on tourne pas mal. On revient de deux semaines en Bretagne, on va jouer avec K2R Riddim, Dr Ring Ding. On va visiter Genève, l’Italie… II faudrait que l’on retrouve un cuivre que l’on a perdu hier… Faire des nouvelles compos.

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