Interpol, aux armes les incorruptibles

Interpol, aux armes les incorruptibles

Au mois de juin dernier, Interpol orchestrait une conférence de presse dans la ville de Mexico City, durant laquelle il annonçait la sortie de son sixième album Marauder, et en profitait pour tourner le clip de The Rover, premier single dévoilé. Un mois plus tard, au lendemain d’une finale de coupe du monde remportée, se dressait devant nous à Paris un Daniel Kessler posé et serein, tiré à quatre épingles dans son habituel costard, contrastant avec la liesse nationale de la veille, notre taux d’alcoolémie à peine retombé, et les couleurs tricolores qui peinturluraient encore nos bras. Pour nous, le guitariste et fondateur du groupe est revenu sur la tournée anniversaire de Turn On The Bright Lights, la composition de ce nouvel album, la collaboration avec Dave Fridmann, son amour pour la musique de film ou encore sa passion viscérale pour Fugazi.

L’année dernière, vous avez célébré sur scène les 15 ans de la sortie de Turn on the Bright Lights. Est-ce que le fait de rejouer l’intégralité de ce premier album tout au long de cette tournée vous a replongé dans la nostalgie des débuts ? Cela vous a-t-il influencé dans la composition de Marauder ?

Daniel Kessler : Pas vraiment. En fait, lorsque l’on a commencé cette tournée anniversaire, nous avions écrit quasiment 90% de l’album. Il restait juste un peu de travail sur certains textes de Paul. On a commencé à jouer les nouveaux morceaux autour du mois de novembre, on les a répétés pendant une semaine, puis on a tout enregistré la suivante. C’était spécial car nous n’avions jamais fait de tournée en plein milieu d’une période de composition ; je sais que beaucoup de groupes le font, mais ce n’était pas notre cas jusque là. Nous étions également nerveux car, habituellement lorsque nous commençons une tournée, on a déjà beaucoup bossé les nouveaux morceaux en studio, et on a hâte de les présenter en live. Là, ce n’était pas le cas : le public était là pour Turn On The Bright Lights en particulier, c’était donc quelque chose de nouveau. Mais ça a été une super expérience, sur pleins d’aspects différents. On a passé un super moment, à observer la réaction des gens, à se demander pourquoi ce disque était si spécial pour eux. C’est une chose magnifique et compliquée à la fois. Parfois, c’est à ce genre de concert que tu rencontres ta future femme, où ce genre de chose. C’était génial de voir la réaction des fans, la diversité des gens présents, leur âge : certaines personnes dans le public n’étaient même pas nées lorsque Turn On The Bright Lights est sorti.

Pour la première fois depuis la formation d’Interpol, vous avez fait appel à un producteur : Dave Fridmann (Spoon, MGMT, Mogwai…). Pourquoi avoir innové ainsi ? Avez-vous eu la sensation d’atteindre vos propres limites qui auraient nécessité une telle collaboration ?

En fait, les morceaux étaient déjà bien définis avant l’enregistrement de l’album. Ce n’est pas vraiment que nous voulions un producteur, ou que nous en avions besoin. On s’est juste dit : ‘et pourquoi pas ?‘. Nous voulions voir ce que donnerait une telle collaboration, quel serait le rendu sur nos morceaux, même sur des petits détails, et voir si cela nous emmènerait quelque part où nous ne serions pas allés nous-mêmes. Tu ne sais jamais à l’avance où la production va aller. Dave Fridmann a travaillé sur Mogwai, Spoon, Flaming lips, MGMT, Tame Impala… Aucun de ces albums ne sonne de la même manière. Aussi, Sam et moi sommes de grands fans du Deserter’s Songs de Mercury Rev. Quand il est sorti, je me souviens qu’il n’y avait rien à l’époque avec un tel son… C’est pourquoi l’idée de travailler avec Dave nous a paru si intéressante. Nous lui avons d’abord envoyé des enregistrements captés en répétition, et je pense qu’il a dû voir que les morceaux étaient déjà bien avancés ; ils sonnaient forcément très live, et je voulais garder cette urgence du son.

Comment cette collaboration a été rendue possible, et quel a été concrètement l’apport de Dave sur l’enregistrement de ce nouvel album ? Sa méthode de travail et tout ce qu’elle implique (pas de Pro Tools, enregistrement analogique) vous a-t-elle permis d’aller droit au but plus facilement, en évitant de passer trop de temps sur les ‘artifices’ des studios modernes ?

Il a fait quelques petites propositions, comme accélérer le tempo sur certains morceaux par exemple, ou proposer de travailler le son du charleston, ce genre de choses… Mais pas vraiment sur les morceaux ou les arrangements eux-mêmes. Dave est un peu comme un docteur qui ausculte ta musique et te donne son diagnostic personnel pour qu’elle sonne le mieux possible. Venant de quelqu’un qui comprend vraiment bien la manière dont sont écrits ces morceaux, on n’aurait pas pu trouver un meilleur collaborateur. Sa plus grande suggestion a été de proposer d’enregistrer l’album sur bandes. En règle générale, on se base aujourd’hui beaucoup sur Pro Tools, parce que c’est plus rapide, plus efficace, et parce que ça offre plus de possibilités. Mais Dave a saisi l’opportunité de capturer quelque chose de live avec ces morceaux, ce que nous avons beaucoup aimé. Travailler en analogique limite tes possibilités d’enregistrement, mais ça a aussi des avantages. Je me souviens qu’en studio, j’enregistrais une partie de guitare, je n’avais fait qu’une seule prise, et j’ai demandé à Dave : ‘cette prise me plaît beaucoup, peut-on la mettre de côté et essayer autre chose ?‘. Sur Pro Tools, des enregistrements comme ça, tu peux en faire des milliards, il n’y a pas de limite. Et il me regarde en me disant ‘Mmmmh, on ne peut pas faire ça, car si on le fait, je vais devoir écraser la piste de batterie…‘. Donc tu dois prendre des décisions : peux-tu faire une meilleure prise, où préfères-tu garder celle que tu viens de faire ? On a vite compris le concept de ce type d’enregistrement, qui est en fait assez old school mais en même temps très intéressant. On écrit des morceaux depuis des années, et en général ça se passe comme ça : on les répète des centaines de fois, puis on part les enregistrer, parfois on refait nos prises inlassablement. Mais là, ils se retrouvent enregistré en une fois, en 6 minutes ! Et tu te dis : ‘attends, ça y est, c’est déjà enregistré ?!‘ (rires). Personnellement, je trouve ça très bien : ce n’est peut être pas la méthode parfaite, mais elle apporte à l’album une dimension plus humaine.

Pour cet album, Paul Banks a apparemment abordé ses paroles sous un angle différent, plus personnel : il dit que Marauder est une facette de lui-même, celle de quelqu’un qui détruit ses relations et fait n’importe quoi. Y a-t-il eu dans ses textes quelque chose d’introspectif autour d’Interpol ?

C’est difficile pour moi de parler des paroles de Paul, mais je pense que ce qu’il te répondrait, c’est que nous avons fait jusqu’ici des albums sur lesquels il évoquait des choses qu’il avait vécues, et qu’il retransmettait à la troisième personne. Il faisait davantage appel à des personnages réels ou fictifs pour retranscrire tout cela. Là, pour la première fois, il utilise la première personne du singulier pour les évoquer. Je ne sais pas s’il y a quelque chose d’introspectif autour d’Interpol sur cet album mais, de mon point de vue, je pense que Paul a été très observateur et particulièrement concentré sur ses textes. Je ne suis pas parolier donc je ne peux que l’imaginer, mais je suppose que, parfois, tu ne t’identifies plus forcément aussi bien à des textes que tu as écris il y a des années. Il y a souvent une distance : tu parles de toi en tant que jeune homme que tu n’es plus. Je pense également que, du point de vue vocal, Paul a évolué, et ses textes sonnent différemment sur chacun des morceaux. Il met selon moi plus d’intention sur ce disque que sur les précédents.

Tu as fondé il y a quelques années un side project nommé Big Noble, dont le premier album est sorti il y a 3 ans. Comment as-tu vécu ce travail en dehors d’Interpol, et celui-ci a-t-il eu un impact sur ton travail pour Marauder ?

Non, je ne pense pas que cela ait eu un impact. En règle générale, la musique pour l’image, dont je suis passionné, est très différente de ce que je fais avec Interpol. Mais ce sont deux aspects de moi qui me complètent parfaitement. Big Noble a été une très belle collaboration faite avec un de mes très bons amis et excellent musicien, Joseph Fraioli, et je continuerai à travailler avec lui à l’avenir. À l’époque, lorsque l’on a bossé sur ce projet, on était en tournée avec Interpol, c’était donc assez particulier. Mais pour Marauder, je voulais vraiment donner toute mon énergie, développer ma composition personnelle au sein du groupe.

Si Interpol n’est pas forcément un groupe très politisé, penses-tu qu’il est plus difficile d’être américain aujourd’hui sous l’ère de Donald Trump ?

Personnellement, j’ai émigré aux Etats-Unis à l’âge de 11 ans. Je sais que je sonne très américain, mais je ne le suis pas. Aucun membre de ma famille n’est vraiment né aux Etats-Unis. Je ne dirais pas non plus que je me considère anglais ou français, même si c’est ici que j’ai tout d’abord grandi. L’Amérique est un pays où j’ai été envoyé, j’ai dû apprendre l’anglais, le français était ma première langue, j’ai perdu mon accent à l’âge de 14 ans environ. Pour moi, c’est assez bizarre parce que j’ai des attaches diverses et, en même temps, j’attache beaucoup d’importance à l’endroit où je vis… Mais pour revenir à ta question, nous sommes dans une période assez compliquée. Ça me rappelle 2003 quand Georges W Bush a décidé de lancer une guerre en Irak. C’était un moment trouble car, aux Etats-Unis, beaucoup de gens étaient opposés à cette guerre. Parallèlement, beaucoup de gens en Europe étaient hostiles aux Etats-Unis à cause de cette initiative complètement incomprise. Mais cette fois, les étrangers ne peuvent pas vraiment blâmer les Etats-Unis car tout le monde réalise que Trump est Trump. Il ne parle pas au nom du pays. Enfin si, malheureusement, mais la différence est que beaucoup d’américains sont en total désaccord avec lui. Tout le monde est contre lui. Mais la situation est également compliquée ailleurs : si tu regardes le Brexit, les conflits en cours actuellement, les désastres humanitaires… On doit essayer d’aller de l’avant. Malheureusement, c’est difficile pour pas mal de monde, pas seulement pour les Etats-Unis.

De nombreux groupes ont récemment émergé en se revendiquant du post punk. Alors que vous évoluez dans ce genre depuis vos débuts, est-ce que cette tendance vous pousse à aborder la composition différemment, à être plus perfectionnistes encore ? Quel regard portez vous sur cette nouvelle génération ?

Pour être honnête, je ne suis vraiment pas doué pour me maintenir informé sur l’actualité musicale. Je ne lis pas tant que ça les magazines, je ne fais pas de recherches en ligne sur ce qui sort… Je passe plus par des amis en qui j’ai confiance, qui me conseillent, ou alors j’entends par hasard quelque chose qui m’interpelle vraiment. En fait, c’est la première fois que quelqu’un me dit qu’il y a une sorte de revival post punk en ce moment (rires) ! Mais je suis très attentif à la musique que je peux écouter un peu partout. Dernier exemple, j’ai téléchargé un morceau d’Elvis que j’ai entendu dans un documentaire hier soir. Ces derniers temps, je suis très attaché à la musique de film, même si je l’ai toujours un peu été : ce que je préfère à New York, quand je ne suis pas en tournée et que j’ai du temps libre en fin d’après midi, c’est aller au cinéma pour voir un film sur lequel j’ai lu une bonne critique. J’ai besoin de cette stimulation, peut-être même plus que de la musique, pour créer.

Lizzy Goodman a publié l’année dernière un livre, Meet Me in the Bathroom, retraçant l’émergence de la scène musicale new yorkaise du début des années 2000. Dans ce livre, aux côtés des Strokes, LCD Soundsystem ou autres Yeah Yeah Yeahs, de nombreux chapitres sont consacrés à Interpol. Que penses-tu de la scène new yorkaise actuelle, et de son évolution depuis le début des années 2000 ? Lizzy Goodman semble dire avec nostalgie que, dans un certain sens, le New York des années 2000 n’est plus…

Je connais bien Lizzy, c’est une bonne amie, mais je n’ai pas lu son livre. Je suis toujours connecté à New York, Interpol est toujours un groupe de là-bas, mais j’ai écrit tous ces morceaux un peu partout dans le monde. Pour Marauder par exemple, une bonne partie a été écrite en Espagne, puis à New York, puis sur la route… Je me sens connecté à cette ville en général, dans les sons, qu’ils soient bons ou mauvais. Mais comme tant d’autres villes dans le monde, New York a changé : la ville s’est globalisée, enrichie. C’est dur de vivre à Manhattan aujourd’hui : sur cette île se côtoient cols bancs et cols bleus, mais peu de personnes peuvent se permettre d’y vivre. En ce sens, c’est donc sûrement moins diversifié. Mais je pense que l’énergie et les possibilités culturelles qui s’en dégagent sont toujours très inspirantes, et j’aime toujours y retourner. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la période décrite dans ce livre. Je veux dire, Internet s’est considérablement développé, ça a apporté énormément de possibilités, peut être trop même… Je suis le genre de personne qui cogite des heures pour savoir ce que je vais manger à midi, donc… Toutes ces applis, ces snaps, bla bla… C’est juste trop pour moi (rires) ! Pour en revenir à la musique, j’ai bien aimé ces derniers temps le retour du vinyle. J’adore aller chez les disquaires, être happé par une pochette d’album, avoir une conversation avec le disquaire en qui tu as toute ta confiance, qui te recommande tel groupe ou tel album. J’aime également toutes les possibilités qu’offre aujourd’hui le digital, le modèle du streaming et tout ce qui va avec : en l’espace d’une seconde, tu peux avoir accès à l’intégralité de la discographie de Charlie Parker ! C’est génial, j’adore le fait que la musique soit accessible aussi facilement. Mais tu n’as pas ce conseil avisé du disquaire qui va te conseiller un album de rock africain qui va t’obséder des jours durant. Donc, pour moi, on ne va pas forcément dans une direction en particulier. Il y a aujourd’hui beaucoup de liberté dans la musique.

Dans ce bouquin, il y a un parallèle assez intéressant avec la scène musicale britannique : l’émergence de groupes tels que Franz Ferdinand et l’interconnexion existant entre les 2 continents. Penses-tu que ce rapport existe toujours, et quelle est selon toi la scène musicale la plus intéressante en ce moment ?

Il y a une connexion évidente entre certains groupes. Je connais très bien des groupes comme Franz Ferdinand, ce sont des bons amis. Mais je ne crois pas vraiment qu’il y ait une sorte de connexion musicale intercontinentale. Certains groupes sont tes amis, et tu es heureux de les revoir en festival ou ailleurs. Ce sont un peu comme des âmes sœurs, mais je ne pense pas vraiment à une connexion géographique. Enfin, peut-être que c’est seulement moi vu que j’ai grandi dans différents pays… Je vis partiellement en Espagne en ce moment, et j’aime pouvoir découvrir continuellement de nouvelles choses dans le monde, donc je ne réfléchis pas vraiment en fonction de ces termes-là… Mais pour répondre à ta question, ce livre parle de l’émergence des groupes en 2001, 2002. Désormais, je connais très bien tous ces musiciens, certains membres des Strokes, TV on the Radio, Karen O des Yeah Yeah Yeahs… Mais à l’époque, ce n’était pas le cas. Avec le temps, à force d’être mentionnés et médiatisés ensemble, cela a créé quelque chose, il y a une sorte d’esprit de camaraderie qui est apparu. À la base, tous ces groupes new yorkais étaient indépendants les uns des autres, et c’est notre médiatisation à tous qui nous a fait nous rendre compte que nous étions ensemble au sein de la même scène musicale. Je suis fan de tous ces gens, ils ont tous quelque chose de particulier, justement parce que nous faisions tous indépendamment notre truc avant, chacun de notre côté, sans savoir ce que tel ou tel groupe faisait. C’est assez marrant d’entendre parler de cette scène musicale aujourd’hui parce que, à l’époque, nous ne savions même pas qu’elle existait.

Marauder sort chez Matador, label sur lequel vous avez signé dès le premier album. A l’exception d’un rapide passage chez Capitol pour Our Love to Admire, vous leur êtes toujours restés fidèles. Est-ce que le fait d’avoir travaillé plus jeune chez Domino Records t’a influencé dans le choix de choisir une telle structure ? Et que penses-tu de l’importance des labels indépendants dans le paysage musical actuel?

J’ai toujours été en faveur des labels indépendants. Quand j’ai émigré à l’âge de 11 ans aux Etats-Unis, je me suis installé à Washington DC. La scène musicale là-bas était incroyable… Lorsque l’on me parle de mon influence post punk, cela vient pour moi surtout de là-bas. Fugazi est encore de loin un de mes groupes préférés, et une de mes grandes influences en tant que compositeur. Je ne me suis jamais lassé d’aucun de leurs morceaux. Cette période a changé ma vie d’un point de vue musical, il y avait tellement de groupes intéressants dans cette ville… À l’époque, Matador était mon label préféré, et sortir nos albums chez eux était donc comme un rêve. Nous sommes allés chez eux pour la même raison que nous avons pris Dave comme producteur, et non un mec prétentieux d’Hollywood. Dave est un punk, il a une renommée de producteur, mais en même temps c’est le mec qui va faire à la fois tout le boulot en studio, poser les micros, etc… Il s’investit à fond dans son travail. C’est le genre de mec avec qui nous voulons travailler. Je préfère sortir un album dans lequel nous croyons vraiment parce que c’est ce que nous voulons faire artistiquement. Je ne vais pas faire un album pour des raisons commerciales. Les gens de Matador sont des très bons amis, des gens en qui tu peux vraiment avoir confiance, et qui ont de très bonnes idées. On traîne avec eux, on mange avec eux, on joue avec eux, on boit des coups avec eux, on voyage avec eux… La personne qui a fondé ce label y travaille toujours. C’est vraiment indépendant dans le sens le plus old school du terme, comme ce qu’était l’indie dans les années 90’s. C’est avec ce genre de personnes que nous voulons travailler. Je n’ai pas envie de bosser avec des beaux parleurs, j’ai envie de travailler avec des gens sincères, et avec qui le courant passe bien.

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