‘Hurry & Wait’, le documentaire sur Papaye en tournée européenne. Interview et playlist.

Si vous souhaitez diffuser et faire découvrir ce film en organisant une projection, contactez huitvirgulesept@gmail.com ou vincentpouplard@hotmail.com

Ça se passe en 2013, quand Papaye part pour une tournée en Europe avec, dans ses bagages, Vincent Pouplard armé de ses caméras 16mm et HD. De ce périple à travers dix pays du Vieux Continent, le réalisateur a tiré un documentaire d’une heure. Avec le trio en guise de fil rouge, on y croise aussi Jessica 93, Nope, Deceased Squirrel On The Phone, des interviews de membres de Movie Star Junkies, Shield Your Eyes, Nope et That Fucking Tank, ainsi que de divers organisateurs de concerts. Discussion avec Vincent Pouplard autour de son travail, de ses motivations à produire le film, et de ce qu’il retient de cette expérience. Egalement à suivre, une playlist de dix titres que Papaye écoute dans son camion.

Peux tu d’abord te présenter, revenir sur ton parcours et ce qui t’a amené à l’image, au cinéma ?

Vincent Pouplard : J’ai commencé par faire des études de socio et à me passionner pour la photographie. Au gré de rencontres, j’ai commencé à bosser sur des tournages, puis à faire de la prod et à monter des projets d’éducation à l’image. J’ai toujours eu beaucoup d’amis musiciens, j’ai donc aussi collaboré avec eux pour des scénos ou des clips. Il y a six ans, je me suis formé à la réalisation documentaire et, depuis, je me concentre sur des projets personnels, en documentaire et en fiction.

Ta filmographie comprend à la fois des films et des documentaires. De ces deux exercices, y en a t-il un que tu préfères travailler ? Pourquoi ?

Mon coeur balance… Même si j’ai tourné un court-métrage de fiction ces dernières années, je travaille plus régulièrement en documentaire. Le tout, c’est de choisir la forme adaptée au récit que j’ai en tête. Et c’est vrai que le cinéma documentaire a quelque chose de plus directement accessible. C’est parfois plus facile d’enclencher un tournage.

‘Hurry & Wait’ suit Papaye durant vingt jours à l’occasion d’une tournée en Europe. Pourquoi avoir choisi ce groupe et pas un autre ?

Ca fait un bail que je baigne dans les récits de tournée des amis, et je connais Aymeric – l’un des guitaristes de Papaye – depuis de longues années. On s’était dit qu’un jour on trouverait l’occasion de me faire une petite place dans le camion… Et c’est la première qu’on a trouvé. Je connaissais déjà bien leur musique et leurs lives, j’adore leurs sets courts et intenses, leur musique nerveuse et bondissante. J’apprécie leur regard sur ce milieu… Il n’en fallait pas plus. Et je savais que ce serait un régal à monter.

Tu as tourné ce documentaire en mélangeant HD et 16 mm. Pourquoi ce parti pris esthétique ?

A la base, je ne savais pas quelle durée ‎aurait le film. J’avais embarqué avec moi 2h30 de rushs 16mm et j’étais bien décidé à n’utiliser que ça, avec du son non synchrone. Tourner en pellicule, avec un stock restreint, impose de faire des choix, et la tension que ça génère répond à celle que le groupe installe sur scène. Je savais que le réel allait se répéter chaque jour sous mes yeux (route, accueil, déchargement, concert, dodo, chargement, route… et ainsi de suite). C’était un bon atout pour observer les habitudes avant de tourner. Là encore, je m’étais fixé ce défi de tourner seul, dans ce format, et de développer les rushs moi-même. Les jours sont passés, et j’ai quand même fini par dégainer la caméra numérique, saisi que j’étais par des moments de vie quotidienne qui racontait beaucoup. Au final, les images numériques apportent quelque chose de plus immédiat au film, quelque chose de plus cru avec du son direct. Et elles entrent en dialogue avec le reste.

Quelle était ta motivation derrière ce projet ? Que cherchais tu à mettre en lumière ?

Je n’étais pas à la recherche d’éléments croustillants. Je souhaitais me rapprocher de leur quotidien. Je savais que les jours allaient défiler, qu’il y aurait des rencontres nouvelles dans chaque ville, que les univers culturels allaient basculer du tout au tout à chaque fois qu’on débarquerait quelque part. Je voulais traduire le sentiment d’une tournée en image et en son, donner à palper les corps terrassés de fatigue, la transe du public, la diversité des organisations en Europe et leurs problématiques… Toute cette forme d’économie et d’échange, donner de la visibilité à ce courant musical qui évolue loin du mainstream, et comprendre les logiques qui le fondent. Et puis, il y avait un côté défi de filmer en pellicule, de développer moi-même, d’être dans une économie en adéquation avec le sujet. C’est quasi tout auto-financé par une association dont je suis membre, à l’énergie et à l’envie !

Tu as donc partagé le quotidien du groupe pendant tout ce temps. Y a t-il des choses qui t’ont particulièrement marqué dans ce mode de vie assez singulier ?

Tu veux dire à part le froid, la neige, le camion à charger, 9000 bornes parcourues et les oreilles qui saignent ? J’ai surtout eu plaisir à passer trois semaines au coeur d’énormément d’envies qui s’expriment. Envies de jouer, de créer des moments collectifs heureux, et de découvrir de nouveaux territoires.

Est ce que ‘Hurry & Wait’ t’a donné l’envie d’explorer d’autres facettes du monde de la musique? Si oui lesquelles ?

Ce serait quelque chose de radicalement différent… Du genre, le quotidien de jeunes chanteurs baroque en apprentissage, ou une phase de création et de recherche pour un musicien au registre expérimental. Dans tous les cas, la singularité de l’espace visuel qui accueille les protagonistes et leurs pratiques sera un élément du choix. Juste l’ambition de révéler ce qui n’est pas ou peu vu.

On peut donc découvrir ici le documentaire en intégralité, et en avant première. Qu’en sera t-il de la suite? Comment comptes tu exploiter ce travail ?
Il est en ligne pour trois semaines en intégralité. Et après… Festivals de cinéma, de musique, pourquoi pas la télévision, un pôle de ressources en musiques actuelles comme support à conférence ou débat… Je pense que le film peut avoir une belle vie dans ces secteurs là. Je l’espère en tout cas.

Plus d’infos sur le travail de Vincent Pouplard sur sa chaine Viméo.
Plus de musique signée Papaye sur le Bandcamp du groupe.

Quitte à s’embarquer en tournée avec Papaye par l’intermédiaire du documentaire ‘Hurry & Wait’, autant savoir ce que le groupe écoute sur la route. Le trio nantais nous a ainsi concocté une playlist (assez surprenante) de dix titres qui lui font passer les kilomètres. En écoute ci-dessous.

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Une réponse à ‘Hurry & Wait’, le documentaire sur Papaye en tournée européenne. Interview et playlist.

  1. Harry Cover 1 mars 2016 à 9 h 56 min #

    Allez, la même avec un bon groupe !

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