Carpenter Brut, poutre apparente

Carpenter Brut, poutre apparente

La salle du Splendid de Lille était pleine à ras bord. C’est presque devenu une routine pour Carpenter Brut, malgré lui nouveau roi de la synth-wave à la française. Quelques minutes avant un concert en trio qui fût comme d’habitude épique, nous avons attrapé l’homme qui se cache derrière ce projet pour discuter entre autres de son dernier album Leather Teeth, de son label, et de sa gestion relativement je-m’en-foutiste de sa popularité montante. Un mec de l’ombre pourtant expressif et loin d’être timide.

Carpenter Brut : J’espère que tu n’as pas prévu de me demander pourquoi je m’appelle Carpenter Brut, parce que je n’y réponds plus à celle-là !

Ce n’est pas prévu ! Parlons plutôt de ton nouvel album, Leather Teeth. C’est la vraie BO d’un faux film. Qu’est-ce que ça raconte, et comment ça se termine 

Alors déjà, ça ne se termine pas pour l’instant. Il y aura trois films, c’est encore une trilogie. Ça raconte l’histoire d’un jeune étudiant américain qui est amoureux de la cheerleader de la Fac, qui elle-même est amoureuse du quarterback grand, beau, musclé… Un peu comme toi (rires). Il n’arrive pas à la draguer, et comme il étudie les sciences, il veut fabriquer une potion et lui faire boire pour qu’elle tombe amoureuse de lui. L’expérience tourne mal, et il est défiguré. Suite à cet accident, il décide de devenir chanteur de hard-rock ou de glam-métal, pour pouvoir se venger de Kendra dans un premier temps, et des autres femmes en général. Ce n’est pas autobiographique, je préfère le préciser ! (rires)

C’est donc pour ça que l’album est un peu plus glamour que tes précédentes productions. Etait-ce pour le délire du film, ou est-ce que tu voulais voir plus de filles à tes concerts ?

Oula ! Tu sais, on en a déjà beaucoup. Tu peux demander au batteur qui est là, et qui a plutôt un œil d’expert ! (rires) Je voulais revenir sur cette période, ce pendant au heavy métal dans les années 80. Tu avais les Madonna et autres, et dans le heavy métal, tu avais aussi des groupes un peu extravagants. Evidemment, à l’époque je détestais ça, j’avais envie d’écouter des trucs violents, même si j’avais 13 ans et que je n’étais pas encore en âge d’être un puriste…

Si tu devais choisir un réalisateur pour ce film, tu prendrais plutôt Robert Rodriguez ou Sam Raimi ?

J’ai du mal à répondre cette question, car je pense que j’aimerais lui donner une approche un peu ringarde, tu vois. Je pense que c’est la BO d’un mauvais film !

Série B, minimum !

Largement, oui. Il me faudrait un mauvais réalisateur mais le problème, c’est qu’on ne connaît pas vraiment leur nom. Je voudrais qu’il ne soit pas bon parce qu’il n’a pas beaucoup de moyens, pas parce qu’il est nul… Ou alors, un Peter Jackson à ses débuts, à l’époque de Bad Taste. Ça serait rigolo une petite histoire d’amour un peu horrifique.

Et pour l’acteur principal, plutôt Bruce Campbell ou Ryan Gosling ?

Ah putain, c’est dur. Aucun des deux !

Toi peut-être ?

Aucun des trois ! (rires) Il me faudrait un acteur pas terrible et qui ne colle pas forcément bien au rôle. Celui qui joue dans Harry Potter par exemple ? (rires)

Je suis assez sensible à la durée des albums et, en général, j’aime les disques courts. Même si la compilation Trilogy dure 1h20, Leather Teeth dure une grosse demi-heure. Les albums les plus courts sont-ils les meilleurs ?

Le problème de la trilogie, c’est que les gens la prennent comme un album. Finalement, je ne sais pas si c’était une si bonne idée que ça. Effectivement, plus personne ne fait d’album de cette durée, qui déborde d’un CD. Du coup, les gens passent d’un disque qui dure cinq jours à un autre qui dure vingt secondes ! J’aime bien quand c’est court, et je n’aime surtout pas remplir pour rien. Slayer n’avait que ça à dire sur Reign in Blood : ça dure une demi-heure et ça reste un album pilier du métal. La durée ne fait pas le disque. Je peux comprendre que les gens soient frustrés, mais ils le sont aussi parce qu’on ne joue pas longtemps sur scène. On joue grosso modo 1h05, mais ce n’est jamais assez, ils en veulent toujours plus. Après, c’est plutôt quelque chose de rassurant ! Je préfère que les gens repartent frustrés que gavés. Aujourd’hui, il y a des films qui durent 2h40, juste pour que les spectateurs puissent avoir l’impression d’en avoir pris plein la gueule. En 1h45, tu as largement le temps de raconter une histoire.

J’ai l’impression que Carpenter Brut s’est révélé au moment des trois EP qui ont composé Trilogy. Avant ça, Carpenter Brut c’était quoi ?

C’était rien. Ça n’existait pas !

Et tu faisais quoi de ta vie ?

Plein de trucs, beaucoup de jardinage surtout (rires). J’étais dans la musique, mais de l’autre côté de la console, à la technique.

Avec le recul, comment es-tu sorti si vite de derrière les fagots ?

En fait, tu passes beaucoup de temps à conseiller des trucs aux groupes quand tu les produis. Tu leur donnes des conseils, ils les suivent ou pas, ça les regarde. Je me suis dit que j’allais tenter de faire de la musique et que je verrais bien. C’est vrai que ça a fonctionné quasiment tout de suite, mais je n’ai pas encore le recul nécessaire. J’ai envie de te dire que ça a démarré sans embûche, vu que les gens ont vite apprécié le délire. Quand tu commences et que tu as des retours, même si tu en as cinq positifs, tu continues en te disant que c’est pas si mal. Maintenant, je commence à être plus connu qu’avant, et j’ai aussi plus de gens qui me chient à la gueule, c’est normal. La machine est lancée, je n’y fais plus trop attention… Je m’y intéresse quand même quand la critique est constructive et qu’il ne s’agit pas d’agression, de haine ou de jalousie. Par contre, j’aime bien regarder les retours des concerts ! J’essaie de capter le tempo des gens pour savoir à quel moment ils seront un peu fatigués et à quel moment je peux calmer le jeu. Je te parle de ceux qui bougent, pas de ceux qui croisent les bras dans le fond de la salle, ça ne m’intéresse pas. Maintenant, tu ne payes plus pour écouter de la musique, mais pour voir un concert tu es obligé de payer. Tu essaies donc de rendre un truc qui vaut le coup ! Tu vas voir le dernier concert dans une heure, tu vas te prendre une chiée ! (rires)

Puisque tu aimes prendre la température du public, je pense qu’il y a au moins autant de fans d’électro que de fans de métal qui viennent te voir en concert. Est-ce que tu arrives à palper les deux univers ?

Oui ça se voit ! J’ai vu ça en lisant les avis : il y a des gens, sûrement ceux habitués à regarder un concert, qui détestent le public de Carpenter Brut. Malgré l’impression que tu peux avoir à travers les pogos par exemple, les métalleux sont de ceux là, alors qu’à un concert d’électro, ça danse de partout. Il y a parfois un petit conflit entre le pogo et la danse pénard. Genre laisse-moi kiffer à l’endroit où je suis, puis d’un seul coup tu te prends le coude d’un métalleux qui en fout partout avec sa bière. Il y a des gens qui ne supportent pas ça ! Nous, ça nous fait marrer de voir les petites meufs au premier rang, puis les gros bourrins derrière. Tu as aussi les mecs qui protègent leur chérie et qui prennent les coups dans la gueule. Je trouve ça marrant ! Pour moi, il faut qu’il se passe quelque chose dans un concert, il faut que ce soit électrique. Evidemment, je n’ai pas envie que ça parte en baston, mais on essaye de pousser les gens dans leurs retranchements, il faut que la musique développe une émotion. C’est drôle, parfois tu peux voir des geeks qui en sont peut-être à leur premier concert et qui commencent à parler jeux vidéos avec un métalleux. Il peut y avoir des rapprochements !

Oui, il s’agit de deux publics qui ne se croisent peut-être nulle part ailleurs qu’en festival…

Ou ils se croisent chez Micromania ! (rires)

L’un des gros clichés du métal est de poser sur la pochette ou dans le livret du CD. Tu viens de ce milieu mais tu es tout l’inverse, puisque tu préfères largement rester dans l’ombre. Pour être honnête, je n’avais jamais vu ton visage avant de te voir en concert !

Oui, en fait ce n’est pas moi Carpenter Brut, je suis le chauffeur de bus ! (rires)

Cette façon de cacher ton visage me rappelle plutôt Kavinsky ou Daft Punk, qui sont pour moi parmi les plus grandes stars masquées. Respectes-tu cet état d’esprit ?

Les plus grandes stars masquées après Zorro quand même… Il y a un truc que je n’aime pas, c’est me mettre en avant. Je fais des concerts parce qu’il y a des gens qui m’ont demandé d’en faire, mais je n’aime pas être dans la lumière. Ce que je propose aux gens, c’est de la musique, ça n’est pas une photo de moi ! Je sais que ça a toujours un peu de mal à passer parce que des mecs me demandent des photos promos, et je n’ai pas que ça à foutre que de chercher des fringues ou un lieu pour le faire. Et puis tiens, j’ai changé de paire de lunettes, j’ai changé de coiffure, ma barbe est plus longue, il faut refaire la session promo… Après tu retombes dessus, tu te dis merde, en 2012 j’avais cette gueule ! D’une certaine manière, je pense que ça aide la musique à rester intemporelle. J’évite de tomber dans les schémas classiques de la session promo avec les photos, les tu fais quoi, c’est quoi ton nom, t’habites où… Tu vois, je ne sais pas qui tu es, je ne sais pas comment tu t’appelles, ça ne nous empêche pas d’échanger. Quand je lis une chronique dans un journal, je ne vais pas m’amuser à regarder la tête du mec qui a écrit le bordel. Au début, je n’avais même pas de nom, puis ça s’est su, et maintenant les gens savent qui on est, mais je trouve que ce n’est pas intéressant de savoir ça. Comme je disais à Fier Panda l’autre jour, quand tu vas bouffer au resto, tu ne demandes pas à voir la tête du chef, ni de visiter les cuisines ! J’essaie vraiment de me bagarrer avec ça.

C’est pour ça qu’il y a un gros travail sur les visuels ?

Oui, en ce moment je fais tout un focus sur Bret Halford. Je ne vais pas commencer à apparaître, il faut que les gens restent concentrés sur l’histoire ! C’est comme le logo Nike. A force d’être partout, on sait que c’est Nike. C’est pour ça que je préfère mettre mon logo plutôt qu’une photo de moi qui date d’il y a quatre mois. C’est de la com en fait (rires). C’est la stratégie du fainéant !

Tu ne peux pas nier que Carpenter Brut grossit à vue d’œil… Comment fais-tu pour conserver cette distance ?

C’est une bonne question… La réponse, c’est que je n’en ai strictement rien à foutre. A un moment, tu es obligé de te détacher de ça. En fait, ça ne fait rêver que les gens qui ne le font pas.
Le batteur : Même si on est pote et que l’on bosse depuis longtemps ensemble, on reste des musiciens qui travaillent. Ça ne nous fait ni chaud ni froid d’avoir une espèce de popularité personnelle. On sert un projet qui grossit, et on fait tout pour. Par contre, le côté lumière sur notre petite personne, on s’en fout.
Carpenter Brut : Tout ça me dépasse un peu. Je n’ai pas fait ça pour espérer un jour jouer à l’Olympia ou à Coachella ! J’en ai tellement rien à branler. Maintenant, on le fait, je ne te dis pas que c’est nul, je suis même hyper content. J’irai faire ma photo devant l’Olympia pour m’en souvenir, mais je n’irai pas la poster sur les réseaux sociaux, tu vois ? Quand je serai en train de mourir de je ne sais pas quelle merde, je me dirai, voilà, on a fait l’Olympia !
Le batteur : Le projet grossit, et on fait de plus en plus de dates, mais notre vie reste la même. On a la même femme, les mêmes gamins, les mêmes potes…
Carpenter Brut : C’est justement tout ce qu’il faut garder. C’est aussi important d’avoir des potes qui s’en tapent un peu de Carpenter Brut. J’ai mon label, c’est ma femme qui gère, et on fait ça tout le temps. J’aime aller voir des gens qui ne parlent pas ou peu de ça. Ils sont forcément un peu curieux, on en parle cinq minutes, puis on passe à autre chose. On a un beau tour bus, on est tous intermittents, on gagne notre vie en tournant, comme n’importe quel mec qui fait son travail.

Il y a l’Olympia, et vous repartez aussi en tournée aux Etats-Unis…

Les Etats-Unis, c’est vrai que ça fait rêver du monde. La première fois qu’on y est allé, on était comme des gamins. Après, on n’y va pas en vacances non plus… On y va pour bosser, il faut que le show soit bon, il faut que la technique suive. En fait, tu passes beaucoup plus de temps à écrire des mails pour louer du matos que de te dire ‘super, on va aux States !’. J’ai mangé les meilleurs sushis de ma vie à San Francisco. C’est ça que je retiendrai des States ! La date de San Francisco, je ne m’en souviens même pas ! (rires) Elle était sûrement très cool, mais je me souviens surtout des sushis que j’ai bouffés là-bas.

Parlons de ton propre label, No Quarter Prod. As-tu une dent contre les maisons de disque, ou est-ce simplement une volonté de rester indépendant ?

A mon avis, indépendant ne veut pas dire grand-chose. Je dirais plutôt ‘libre’, parce que tu es toujours dépendant du marché ! Je n’ai de compte à rendre qu’à moi-même, et ça me permet de financer comme je veux. En s’auto-finançant, on a un clip comme Turbo Killer ! Un label n’aurait peut-être pas voulu prendre le risque de mettre de l’argent sur la table pour un clip comme celui-là. Avec les mille balles qu’il aurait bien voulu nous lâcher, on aurait eu un clip moisi. Et puis, si on ne vend pas de disque, c’est notre problème… Mais bizarrement, on en vend, et on prend une bonne partie de la somme, contrairement à un label qui aurait ses bouches à nourrir. On évite tous ces intermédiaires qui font qu’à la fin, tu te retrouves avec pas grand-chose, même si tu as vendu plein de disques… On a monté No Quarter Prod parce qu’on commençait à vendre beaucoup trop de disques sur Bandcamp, donc il fallait que ça devienne plus officiel. L’argent est rentré petit à petit, on a pu créer un poste, débloquer un salaire… Maintenant, ça tourne bien, et on va même bientôt créer un deuxième poste.

T’es-tu fait taquiner par quelques majors ?

Pas tant que ça finalement. J’ai eu quelques demandes de labels, mais on refuse quasiment tout ce qu’on nous propose. On a eu une demande de Metal Blade. On était content mais on leur a dit non. On préfère bosser seul. Mais c’est rigolo, il y a des labels qui ne comprennent pas. Ils se demandent qui est ce mec sans label et sans promo qui est numéro un sur Amazon. D’où il sort ? C’est quoi ce bordel ? Pourquoi il n’est pas chez nous ? (rires) Je ne vais pas te mentir, je n’ai pas trop d’affection pour les labels. Ceux qui proposent les artistes les plus intéressants sont souvent les plus confidentiels. Les mecs ne gagnent pas leur vie en faisant ça, et ça reste destiné à un petit cercle de gars qui connaissent. Du coup, il n’y a que les gros labels qui mettent les groupes en avant, parce qu’ils ont les moyens, et ils nous mettent généralement les mêmes daubes pour ne pas se planter. Tu as même des algorithmes sur Spotify qui calculent que si ton refrain n’est pas arrivé au bout de trente secondes, tu peux te faire dégager de la playlist parce que les gens zappent. Apparemment, ça a été compliqué de playlister Maniac sur Spotify, parce qu’il existe qu’en live. Dans leurs playlists, ils te dégagent dès qu’ils entendent des applaudissements ! Bref, c’est déjà assez compliqué comme ça de faire de la musique, j’aurais pu t’en parler des heures, mais ça me fait chier.

Tu composes seul, et tu as deux musiciens qui t’accompagnent, seulement en live. Pourquoi ne pas les emmener en studio avec toi ?

Adrien a quand même amené le riff de Beware of the Beast. Je voulais un riff de guitare, et tu ne peux pas le faire au synthé. Sinon, ils ont aussi leur truc de leur côté, tout le monde fait un peu son truc dans son coin. Je n’ai pas envie d’avoir de compte à rendre au batteur ou au guitariste. Je veux faire ce que je veux, sinon j’aurais monté un groupe ! Sur le dernier album, j’avais parfois des idées que les autres ne comprenaient pas, et j’avais envie de leur dire de me laisser aller au bout. C’est un truc que je mûris depuis un an. Je n’ai pas envie d’avoir des gens qui passent pour dire : ‘tu aurais mieux fait de faire comme ça‘. Mais je n’en veux à personne, je suis le premier à le faire ! Je me démerde tout seul, et l’intérêt c’est que si ça plante, c’est uniquement de ma faute. Et si tu réussis, c’est pareil (rires).

Pour tes clips, les réalisateurs ont-ils carte blanche ?

Sur le clip de Anarchy Road, je n’aurais pas voulu cette fin. Ils ont essayé de me convaincre, je leur ai dit ok, et je regrette ! Le clip est cool, ce n’est pas ça le problème, mais sur ce petit détail, ce n’est pas exactement ce que je voulais. Ça me frustre un peu, c’est pour ça que je ne veux pas inclure les autres. Si je suis frustré, je dois savoir pourquoi. Ça peut être parce que je n’ai pas la technique, parce que je n’ai pas assez bossé… Je ne veux pas en vouloir aux autres.

Maniac est à mon avis le meilleur hommage aux années 80 que tu aurais pu faire…

C’est même le meilleur morceau du set, heureusement qu’on l’a celui-là ! (rires)

As-tu d’autres idées de covers ?

Je me suis posé la question ! Est-ce qu’on joue sur les covers ? Je pense que je ferai un petit skeud de reprises un jour. Pour le live, on y a réfléchi, mais je ne voudrais pas que l’on tombe dans la caricature du groupe qui fait systématiquement une reprise à la fin du concert. A la limite, Maniac, on est obligé de la jouer à chaque fois. Parce que déjà, elle est cool, et les gens l’attendent… On la fait quasiment tout le temps, surtout quand le concert est raté ! (rires) C’est un titre que j’adore, il est efficace. On a un peu dépoussiéré le morceau de base qui n’a pas vieilli musicalement, mais qui a perdu un peu d’impact au niveau du son.

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