Beat Torrent, rencontre entre deux sillons

Beat Torrent ne sera désormais plus confiné au simple vocabulaire des pirates du web, mais aussi à celui du DJing. Atom et Pfel, tous deux membres du C2C avec qui ils ont remporté cinq fois le championnat du monde par équipe, forme ce nouveau duo axé sur le mix, et qui tape à grands coups de rock et d’electro. On les a coincés une petite demie heure, rien que pour vous…

beat11

La plupart des gens ont commencé à entendre parler de vous avec C2C. Est-ce que vous pouvez nous retracer vos parcours musical respectifs avant ce projet?

Pfel: C2C a été le premier groupe avec lequel on a pu faire de la scène, s’exporter et se faire connaître. Donc avant ça, le parcours peut se résumer à l’apprentissage des platines, même si on avait tous les deux un petit background musical. On a joué de la guitare plus ou moins amateur, intégré des formations à droite à gauche mais C2C a vraiment été le premier truc à nous focaliser sur le scratch musical.

Qu’est ce qui vous a poussé prendre vos distances avec C2C pour monter Beat Torrent?

Atom: Le truc, c’est qu’on avait toujours des demandes de dates pour C2C mais qu’on ne pouvait pas les assurer à quatre étant donné que, ces deux dernières années, Greem et 20Syl ont eu beaucoup d’actualité et qu’ils ont du s’absenter pour bosser l’album d’Hocus Pocus. De notre côté, on n’était pas en reste, Pfel a beaucoup tourné avec Beat Assailant, et moi j’exerçais comme ingénieur du son. Mais comme on savait que pendant un an et demi on n’aurait pas de date et qu’on ne pourrait pas jouer tous les quatre, on a profité d’avoir ce truc particulier pour lancer Beat Torrent.

Quels étaient les dj’s qui ont influencé vos débuts et qui continuent encore aujourd’hui?

P: A l’époque, c’était essentiellement les vidéos, les DMC, Qbert, Craze, A-Trak, Scratch Perverts… En gros, toute la clique de 95 à 2000. On ne les citera pas tous tellement il y en a, mais disons que c’est toute cette période, tous ceux qui ont apporté leur pierre au scratch à ce moment là nous ont influencés plus ou moins directement.

Après plusieurs titres de champions du monde ITF et DMC par équipe, est-ce que vous envisagez encore de participer à ce genre de compétitions?

A: On a un peu mis ça de côté parce que, désormais, notre but est de s’investir dans des projets et de tourner. A choisir, entre passer deux mois d’été à préparer un son et deux mois à faire la tournée des festivals, on préfère tourner.

Si vous deviez définir le style de vos mixes?

P: Tout ce qu’on a fait pendant un an et demi, c’était vraiment dans le délire club, dancefloor, amener la patate parce qu’on finissait souvent les festivals à trois heures du matin devant un public perché. Il fallait envoyer du lourd, mais on voulait aussi avoir une sélection la plus éclectique possible et pas forcément super pointue. On aime que les gens reconnaissent les morceaux qu’ils écoutaient quand ils étaient ados, quand on les remixe façon Beat Torrent. Et ce soir, on présente un tout nouveau show qu’on bosse depuis deux mois, un truc avec de la vidéo scratchée sur le son. C’est quelque chose qui se faisait déjà mais qui n’a pas été développé aussi loin je pense.
A: On a bossé avec huit ou dix graphistes, des mecs qui font de la 3D ou des choses comme ça, on leur a donné à chacun nos remixes, chacun a trippé sur des visuels qui ensuite on été centralisés par un gars qui s’appelle Tony Truand, et qui bosse vraiment sur l’aspect vidéo. Donc, il n’y aura pas de Vj’s à proprement parler puisque les Vj’s, c’est nous. Tout le travail se fait en amont pour que sur scène on ait plus qu’à manipuler des fichiers audio/vidéo sous Serato. L’idée, c’est de pouvoir agir simultanément sur le son et l’image à l’aide du vinyl.

Comment se fait le choix des samples utilisés pour vos performances? Est-ce que vous vous répartissez le travail?

P: On choisit des morceaux qu’on aime et qu’on juge potentiellement puissants sur scène.
A: Avec Beat Torrent, l’idée c’est vraiment de jouer sur des références, des trucs connus, pas de sortir l’inédit. De toute façon, aujourd’hui il y a très peu de Dj’s qui vont te sortir vraiment les perles. Avec Internet tout a changé, les données ne sont plus les mêmes.

Comment travaillez-vous vos prestations scéniques. Est-ce que vous tirez profit de votre aisance technique pour laisser une grande place à l’improvisation ou, au contraire, vous vous préparez autant que possible à l’avance?

A: On essaie au maximum d’englober tous les aspects du Djing qui nous ont fait kiffer, c’est-à-dire la sélection à la base, les mixes, le côté scénique, le fait de prendre le micro, les scratchs… Tout ça, c’est un bagage qu’on a déjà, et auquel on rajoute la vidéo désormais. On prépare nos sets dans l’optique de mélanger tout ça et surtout de déclencher un truc dans le public.
P: On a envie que les gens s’éclatent avec nous, pas qu’ils soient systématiquement en train de tendre l’oreille pour entendre le moindre petit scratch ou le moindre petit son. On essaie vraiment de rendre le truc accessible aux gens. Ceci dit, il y a quand même un fil conducteur qu’on suit du début à la fin, tout en sachant laisser une place à l’improvisation.

J’imagine qu’on doit souvent faire le parallèle entre vous et un groupe comme Birdy Nam Nam. Est-ce une comparaison que vous jugez valable?

P: A la limite, on compare plus facilement C2C à BNN parce que, comme eux, on est quatre, qu’on fait de la musique aux platines… Avec Beat Torrent, on est déjà plus dans le côté Dj’s, un aspect que BNN essaie un peu de gommer, notamment avec leur dernier album, en essayant plus de s’affirmer en tant que producteurs que comme Dj’s live qui manipulent les samples avec les platines. Donc au final, je pense que dans le son et dans l’approche de faire le son, il y a une différence notable. Seul le côté scratch nous rapproche.

Est-ce que comme eux, à terme, vous envisagez la sortie d’un album studio?

A: Avec C2C, ça fait longtemps, presque trois ans qu’on veut le faire. On a taffé des trucs, on a déjà des morceaux, et là on devrait s’y mettre pour de bon en ce début d’année. C’est compliqué parce qu’entre temps, chacun saute sur les opportunités qui se présentent. Hocus Pocus qui se voit proposer une licence avec Universal, c’est pas évident de dire non pour se focaliser sur le projet C2C.
P: Et puis, c’est bien que chacun ait grandi dans son coin pendant toute cette période. Si l’album était sorti l’an passé, à l’époque de le concevoir on aurait pas eu le même bagage musical et personnel qu’aujourd’hui. L’attente ne peut qu’être bénéfique.

À lire ou écouter également:

2 réponses à Beat Torrent, rencontre entre deux sillons

  1. Nolive 6 juin 2009 à 11 h 55 min #

    Ils sont vraiment top en live, beaucoup d’énergie!!

  2. thomas 7 août 2009 à 11 h 50 min #

    rdv au Bataclan à Paris avec Beat Torrent le 20 novembre !

Laisser un commentaire