Avant première exclusive & interview – Namdose, fruit détendu

Avant première exclusive & interview – Namdose, fruit détendu

La scène musicale indépendante s’auto nourrit au gré des humeurs, des envies mais avant tout des rencontres. En réunissant les talents maintes fois constatés chez les belges de BRNS comme chez la fratrie vendômoise de Ropoporose, Namdose en est un des tout derniers exemples en date. Avec une grande productivité et un amour indéniable pour le live en guise de points communs, les deux groupes ont pourtant été réunis à l’initiative de deux festivals, Les Nuits Botaniques et les Rockomotives, désireux de les voir se produire ensemble, dans une formation inédite, armés de morceaux composés pour l’occasion.
Mais ce qui devait rester un coup d’un soir s’est délibérément éternisé, jusqu’à rejoindre les rangs de Yotanka pour un premier album commun à voir le jour le 8 février. En six titres, le collectif y offre un reflet de ses inspirations denses et énergiques, mais aussi des particularités de chacun : les renversements et cassures de BRNS, et les ritournelles mélodiques de Ropoporose. Pourtant, rien ne sent la simple valeur ajoutée, tout s’imbrique le plus naturellement du monde pour offrir un mélange cohérent de math rock, de post rock et de pop. Comme si, de l’autre côté de l’Atlantique, Animal Collective, Blonde Redhead, les Flaming Lips, Arcade Fire et Clues décidaient subitement de croiser le fer. A cette occasion, on a totalement laissé la main aux auteurs de ce premier disque, pour une interview croisée menée de façon totalement libre et autonome par Antoine (pour BRNS) et le duo français.

Ropoporose : Vous pensez sortir encore beaucoup d’albums ou pas ?

BRNS : C’est une bonne question. Ecoute, on vient d’en finir un qui, finalement, est notre quatrième. Les albums passent comme les voitures, maintenant. La sortie de Wounded, en 2012, j’ai l’impression que c’était hier. Je ne sais pas ce que réservent les aléas mais j’aime assez cette idée que tu peux sortir des disques pendant un bout de temps, ça donne des photos de famille du groupe, tous les trois ans, environ.

Ropoporose : Pourquoi ne pas avoir présenté Wounded comme un véritable album pendant si longtemps ?

BRNS : On parlait à l’époque d’un ‘mini album’. C’était une manière pernicieuse de pouvoir profiter à la fois du fait qu’on ne grillait pas encore la carte du premier disque, et en même temps, comme ça se rapprochait du format album, on pouvait quand même avoir des chroniques partout, et d’éviter l’écueil de l’EP trop court.

Ropoporose : Etes-vous toujours aussi stratèges, ou bien laissez-vous parfois un peu les choses se faire d’elles-mêmes ?

BRNS : J’ai l’impression qu’aujourd’hui, être stratège, c’est surcommuniquer, agiter les bras tout le temps. A terme, je trouve ça très fatiguant. Plus on avance, plus l’industrie évolue dans un sens qui n’est plus qu’une stratégie liée aux réseaux sociaux. Je suis nostalgique du mystère du simple disque, qui plaît simplement.

Ropoporose : Je vais recentrer cette interview vers des terres plus douces. Comment vous-êtes vous rencontrés ?

BRNS : On est tous frères et sœurs.

Ropoporose : Et ça fait quoi d’être frères et sœur dans un groupe ? Moi et mon collègue on se demande.

BRNS : C’est entre la chamaillerie stérile et la clairvoyance.

Ropoporose : Vous auriez aimé faire un groupe comme Namdose avec un autre groupe que nous ?

BRNS : Justement, on pourrait faire ça avec Jul, pour être plus connus. On trouve que vous ne pesez pas assez en terme de fan-base.

Ropoporose : Merci. Une dernière question : Ecoutez-vous la radio ?

BRNS : Oui, j’ai une radio wi-fi dans ma cuisine, et j’écoute très souvent France Inter, France Culture et FIP. Ils passent beaucoup Clara Luciani.

Ropoporose : Merci. Une dernière question : un coup de cœur, un coup de gueule ?

BRNS : Notre coup de gueule c’est les emballages plastique. Coup de cœur évident : le recyclage.

BRNS : Première question : ça fait quoi d’avoir un backing band ?

Ropoporose : C’est assez agréable. C’est même génial. Car ça nous permet de solliciter d’autres gens pour nos propres idées. Après tout, c’est à ça que sert un backing band !

BRNS : On sait que vous aimez beaucoup Peter Kernel. Votre précédent opus s’appelle Kernel, Foreign Moon. Le prochain pourrait s’appeler Patrick Sébastien, Foreign Planets, non ?

Ropoporose : Non, je ne pense pas.

BRNS : En quoi vos side-projects (Namdose, Braziliers) pourraient-ils influencer votre manière de travailler à deux, dans un dispositif qui par définition est moins immédiat ?

Ropoporose : Naturellement, j’aurais tendance à penser que c’est dur de revenir à la composition à deux après une expérience plus collective, parce que ces expériences collectives nouent un rapport plus riche à l’expression. Par exemple, de pouvoir commencer les morceaux tous ensemble, il y a quelque chose de très puissant là-dedans. Pour autant, la concision est la contrainte dans laquelle on a toujours évolué et réussi à faire grandir notre musique. Et, finalement, ce qui est une contrainte sur papier s’avère être encore aujourd’hui un moteur créatif qui est certes plus fragile, mais qui se nourrit de toutes nos expériences à côté. Et je pense même que plus d’expériences annexes il y aura, plus Ropoporose sera l’écrin intime de notre vision musicale à Pauline et moi.

BRNS : C’est chiant de parler musique. Une bonne lecture à conseiller au public de Mowno ?

Ropoporose : Bien sûr. Le Jardin des Supplices d’Octave Mirbeau. Demande à la Poussière de John Fante. Ou n’importe quel dictionnaire du Rock.

BRNS : Tu vas bientôt venir habiter à Bruxelles, Romain, pas loin de chez nous. Ca nous fait plaisir hein, mais tu penses pouvoir nous donner la raison de ce déménagement ?

Ropoporose : C’est très simple. Je fuis la Touraine, j’ai trop bu à ses fontaines.

BRNS : On dit que la vie est trop courte pour boire du mauvais vin. Qu’en penses-tu ?

Ropoporose : Je suis d’accord. Vive les vins du Vendômois !


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