Ty Segall en 10 titres, et même deux fois plus

Ty Segall en 10 titres, et même deux fois plus

Résumer la discographie de Ty Segall en 10 titres est un exercice rendu impossible par le rythme acharné auquel le californien sort ses albums. A raison de plusieurs par an, parfois dans le cadre de collaborations ou sous un nom différent de celui qu’il porte depuis le 8 juin 1987, l’Ange Blond est devenu le Petit Poucet de notre temps, celui qui dépose les disques sur son passage pour en faire autant de repères temporels pour l’auditeur.

Et cet amour pour le rock remonte bientôt à deux décennies, quand une de ses voisines a eu la bonne idée de lui mettre quelques disques de Black Sabbath et Alice Cooper entre les mains. Depuis, c’est de l’électricité qui coule dans les veines d’un Ty Segall qui y a non seulement trouvé une passion, mais aussi un moyen d’échapper à une adolescence un tantinet difficile. Et deux rencontres auront cadenassé ce destin de rockeur insatiable : celle avec son vieux pote de lycée Mikal Cronin dont il reste inséparable aujourd’hui, puis celle avec John Dwyer qui sortit son premier album solo éponyme sur son label Castle Face en 2008, une fois achevée l’aventure de son premier groupe Epsilons.

Dès lors, le pied pour de bon à l’étrier, Segall ne s’arrête plus : 45tours en édition limitée et splits lui permettent d’occuper l’actualité garage rock entre chaque LP, d’abord espacé d’une année (le sixties Lemons en 2009, Melted en 2010, le plus doux Goodbye Bread en 2010). Un rythme pour le moins raisonnable qu’il casse volontairement en 2012 en signant pas moins de trois albums : Hair avec White Fence, Slaughterhouse avec le Ty Segall Band, et Twins encore considéré aujourd’hui comme un des meilleurs témoignages de son talent. Bien à l’aise sur cette cadence de sortie, Ty Segall ne relève pas le pied : 2013 voit la naissance du groupe Fuzz ou il officie en tant que batteur, ainsi que la sortie de l’acoustique Sleeper marqué par le décès de son père et une mère en perdition. Manipulator lui emboîte le pas en 2014, avant que 2015 marque le retour de Fuzz et la sortie de son Ep Mr Face.

Dès lors considéré comme un des acteurs essentiels de la scène rock, au même titre que Thee Oh Sees avec qui il partage une approche boulimique de la composition, Ty Segall est érigé plus ou moins malgré lui en ambassadeur du revival garage-psyché qui fait rage alors, et chacune de ses réapparitions est scrutée. C’est le cas de Emotional Mugger en 2015 ou, en marge d’un nouveau projet baptisé Gøggs, et accompagné de son groupe comprenant notamment Mikal Cronin, Kyle Thomas (King Tuff) et Cory Hanson (Wand) – il opte pour une approche plus expérimentale, avant de s’accrocher à toutes les branches du rock au fil d’un nouvel album éponyme (2017), comme de Freedom’s Goblin bordé d’une richesse d’arrangements inédite chez lui.

C’est celui-là, ponctué de son oeuvre toute entière, que Ty Segall viendra défendre ces prochaines semaines auprès de son fidèle public européen. De Lille à Barcelone, en passant par La Rochelle, Nîmes, Paris et Clermont Ferrand, l’Ange Blond carambolera de nouveau son rock si généreux avec sa bonne humeur légendaire. De grands moments en perspective qui ne viendront pas contredire une réputation glanée depuis déjà bien longtemps. En cette intense période d’examens, on vous offre donc aussi l’occasion de réviser vos classiques. En 10 titres, et même deux fois plus.

EN CONCERT

29.5 – CLERMONT FERRAND – La Coopérative de Mai
30.05 – LILLE – Aéronef
31.05 – LA ROCHELLE – La Sirène
01.06 – BARCELONE (ES) – Primavera
02.06 – NIMES – This Is Not a Love Song Festival
14.06 – PARIS – Bataclan

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