Mudhoney en 10 titres et pas un de plus

Mudhoney en 10 titres et pas un de plus

Pearl Jam, Soundgarden et Nirvana ont beau s’être faits les ambassadeurs les plus reconnus du mouvement grunge comme de la scène rock de Seattle, tous – y compris le label Sub Pop qui en a hébergé la majorité – reconnaitront la paternité du genre à Mudhoney qui, le premier, s’est risqué au mariage du heavy metal, du punk et du garage. Si le succès de Mark Arm & co n’a pas été aussi fulgurants que celui des suscités, le quatuor reste 30 ans plus tard parmi ceux qui ont le mieux résisté à l’épreuve du temps.

Il faut remonter au début des années 80 pour retrouver les prémices de l’aventure Mudhoney, quand Mark Arm fonda Mr Epp & The Calculations, collectif composé de musiciens totalement amateurs, rapidement étiqueté d’ailleurs comme le pire groupe du monde. Loin d’être découragé, le combo sort un premier 45t en 1982, ajoute un guitariste au line up l’année suivante avant de sortir une cassette et de péricliter jusqu’à débrancher les amplis en 1984. Plus forte que tout, l’amitié qui noue alors le chanteur au nouveau venu Steve Turner débouche sur une nouvelle étape dans leurs parcours commun, celle de Green River, considéré au même titre que les Melvins comme un pionnier du punk-heavy metal. De ses trois ans d’existence (1985-1988), il ne laissera que deux Eps et un album.

C’est alors que le duo s’offre les services de Dan Peters (batterie) et Matt Lukin (ancien bassiste des Melvins) pour officiellement lancer Mudhoney dont l’approche s’inscrit dans la suite logique de leur précédente expérience. Très vite, Sub Pop sort un premier single, puis un premier Ep (Superfuzz Bigmuff) qui répond miraculeusement à une attente de plus en plus forte des radios en termes de rock. Le groupe incarne alors le son de Seattle rapidement qualifié de ‘grunge’, puis les choses s’emballent : l’Europe lui ouvre les bras, Sonic Youth l’invite en tournée, l’Angleterre succombe, et un premier album éponyme voit le jour en 1989 chez un Sub Pop encore balbutiant, à qui il faudra deux ans pour financer le successeur Every Good Boy Deserves Fudge (1991).

Désireux de ne plus voir son élan freiné, Mudhoney signe chez une major (Reprise) – comme nombre de ses copains de la scène de Seattle – pour mettre au monde un Piece of Cake (1992) qui, bien qu’affichant aucune concession musicale, froisse les vieux fans sans pour autant réussir à convaincre les publics de Nirvana ou Soundgarden. Les ventes, comme celles des deux autres disques prévus au contrat (My Brother The Cow en 1995, Tomorrow Hit Today en 1998), étant décevantes, le label lâche le groupe, tout comme Matt Lukin remplacé par Guy Maddison. Mais en 2002, Mudhoney est de nouveau sur les rails, retourne chez un Sub Pop assez aguerri pour sortir dignement Since We’ve Become Translucent, puis l’engagé Under a Billion Suns (2006) et Lucky Ones (2008) sonnant comme un retour aux sources. Principalement occupé par d’incessantes tournées, c’est en 2013 que le groupe refait véritablement parler de lui, à l’occasion d’un 25ème anniversaire marqué par la sortie de son neuvième album Vanishing Point, et du documentaire I’m Now que quelques festivaliers avaient déjà pu découvrir l’année précédente.

Faites les comptes : en 2018, c’est bien 30 ans de carrière que Mudhoney fête en mettant les petits plats dans les grands. En effet, au delà du récent Digital Garbage venu souligner l’évènement, le groupe a également sorti un peu plus tôt son premier album live officiel, enregistré à travers l’Europe en 2016. Et alors que les quatre de Seattle s’apprêtent à fouler les mêmes scènes en faisant notamment étape au Trabendo (Paris) ce 27 novembre 2018, retour sur 30 ans d’une oeuvre trop souvent sous estimée. En 10 titres, et pas un de plus.

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