Best of – Motörhead en 10 titres et pas un de plus

28 décembre 2015, alors qu’on attendait impatiemment de pouvoir envoyer se faire foutre cette bonne année de merde, elle assénait un dernier uppercut en laissant Lemmy Kilmister définitivement sur le carreau. Au lendemain de son soixante-dixième anniversaire, trois jours seulement après avoir appris qu’il souffrait d’un cancer foudroyant, le charismatique frontman de Motörhead cédait sous les coups de la fossoyeuse après un long combat en plusieurs rounds, au cours duquel il aura multiplié les esquives tandis que les plaisirs et les vices de la vie le poussaient à sans cesse la provoquer.

Tout avait commencé à l’adolescence, quand écouter les Beatles lui mit le pied à l’étrier du rock et de la guitare. Tout au long des sixties, Lemmy multiplia les services rendus à nombre de groupes locaux anglais, avant de rejoindre Londres et devenir roadie pour The Jimi Hendrix Experience. Mais c’est alors qu’il officiait en tant que bassiste-chanteur pour les space rockeurs de Hawkwind que sa carrière prit son envol : viré après son arrestation à la frontière canadienne pour recel de substances illicites, celui qui jouait de la basse comme une guitare rythmique s’en allait fonder Motörhead, un groupe qui – dès ses premiers albums – réussit à rassembler les amateurs de punk comme de heavy metal.

Quarante ans plus tard, loin des superficialités de ses contemporains et des extravagances de mauvais goût de certains de ses vieux compagnons de route, Motörhead restait comme un pied toujours bien ancré dans le rock n’roll, le vrai et authentique : celui qui se passe de marketing, qui ne se compromet jamais, qui se joue simple et fort, au point de parfois fendre le plâtre des plafonds. Une anecdote parmi tant d’autres qui accompagneront toujours le souvenir d’un groupe si indissociable de son bassiste légendaire à la voix rocailleuse qu’il n’est désormais plus, lui aussi. Evidemment.

Il y a quelques mois, Motörhead sortait son dernier album ‘Bad Magic’. Plusieurs semaines plus tard, Lemmy le défendait encore sur scène alors qu’il venait de subir l’implantation d’un défibrillateur à la poitrine. Parce qu’il fallait bien vivre, mais surtout parce que cette incroyable force de la nature ne pouvait envisager sa vie sans la scène et les kilomètres de bitume à parcourir entre chacune. De son passage, lui et son groupe laissent une discographie longue comme le bras, mais aussi la plus folle définition du mode de vie ‘sex, drug & rock n’roll’ récitée par un mythe que la maladie a forcé à échanger l’adjectif ‘indestructible’ contre celui d’’intemporel’. 10 titres, et pas un de plus, à consommer avec un whisky et quelques cigarettes.

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