Best of – J Dilla aka Jay Dee en 10 titres et pas un de plus

Si les producteurs hip hop sont aujourd’hui devenus aussi bankeables que les Mcs, pas de doute que J Dilla y aura contribué, au même titre que certains de ses homologues les plus célèbres, parmi lesquels Dj Premier et Pete Rock, son modèle. Plus confidentiel que ces derniers ou que d’autres plus enclins à se mettre en avant, le natif de Detroit a toujours joué profil bas, laissant seulement son travail et sa réputation parler pour lui.

Baigné dès son plus jeune âge dans la musique par une mère chanteuse d’opéra et un père bassiste de jazz, il devient rapidement musicien lui aussi. Mais violoncelle, clavier, trompette, et violon ont eu beau s’imposer à lui, c’est la batterie que James Yancey affectionne dès ses premières années d’adolescent, pour le guider peu à peu vers la production. En 1988, il forme Slum Village, et bénéficie des bons conseils d’Amp Fiddler qui l’initie à la MPC. Puis le talent et le bouche à oreille font le reste : Q-Tip loue ses services pour A Tribe Called Quest, d’autres l’imitent, mais c’est en 1996 que Dilla devient définitivement un acteur incontournable de la scène hip hop en signant des productions pour Busta Rhymes, De La Soul et The Pharcyde. Par la même occasion, il impose progressivement sa patte, ses productions riches en détails, ses samples retravaillés comme personne, ses beats atypiques.

C’est en restant fidèles à tous ces collaborateurs – d’Angelo, Erykah Badu et Talib Kweli en sus – que Jay Dee traverse la fin de siècle. Dès 2001, en parallèle à son travail remarqué au sein de The Soulquarians, le producteur donne un autre élan à sa carrière : il sort plusieurs albums solo, déménage à Los Angeles et multiplie les collaborations, avec Madlib notamment sous le nom de Jaylib, mais se retrouve coupé dans son élan en raison de problèmes de santé grandissants. Constamment collé au train par sa machine à dialyse, il est même contraint de se produire en fauteuil roulant lors de sa dernière tournée européenne, avant de faire face à de longs séjours à l’hôpital dictés par la rare maladie du sang qui le frappe. C’est pendant ces hospitalisations qu’il aura notamment produit ‘Donuts’ – sorti le 7 février 2006, le jour de son 32ème anniversaire, soit trois jours avant sa mort – et ‘The Shining’, album posthume achevé en six mois par son proche collaborateur Karriem Riggins.

Déjà acclamé par toute la scène hip hop et au-delà, Il ne fallait pas plus que le talent et cette fin tragique pour élever définitivement J Dilla au rang de culte. Le 10 février 2016, au lendemain du dixième anniversaire de ‘Donuts’ et donc de sa mort, on ne peut s’empêcher de lui rendre hommage en revenant sur une riche mais trop courte carrière. En 10 titres, et pas un de plus.

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire