Best of – Fugazi en 10 titres et pas un de plus

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A la fin des années 80, quelques temps après avoir mis fin à l’aventure Minor Threat, Ian McKaye s’alliait au bassiste Joe Lally pour repartir dans une toute autre aventure dont il ne pouvait soupçonner la destinée. Avec l’aide d’anciens Rites Of Spring – le batteur Brendan Canty et le guitariste/chanteur Guy Picciotto – recrutés sur le tard, ils mettaient sur les rails, le plus humblement du monde, un des groupes de rock les plus influents de notre ère, à la fois musicalement, mais aussi de par son éthique irréprochable. En effet, tout au long de sa carrière qui dura quinze ans, Fugazi a non seulement contribué à définir la notion de post hardcore et d’émo, défendu ardemment les valeurs de la culture Do It Yourself en préférant gérer sa carrière via son propre label Dischord plutôt qu’en cédant aux sollicitation de majors, mais soulignait aussi à chaque instant le plus grand respect pour ses fans. Contrôlant sans relâche le prix de vente de ses disques, de ses places de concert (toujours sans limite d’âge), jusqu’à l’attitude de son public qu’il voulait respectueuse à chacune de ses apparitions (certains slamers refoulés se voyaient même partiellement remboursés), refusant catégoriquement toute forme de merchandising, Fugazi a su construire – pierre par pierre – le monument qu’il est devenu, et qu’il est toujours malgré qu’il se soit déclaré en hiatus en 2002. Preuve en est l’enthousiasme qui entoure la sortie ces jours ci de ‘First Demo’, album regroupant ses premiers enregistrements datant de janvier 1988, et dont vous pouvez lire la chronique ici.

Depuis, Ian McKaye a fondé The Evens avec son épouse Amy Farina (The Warmers) et continue de produire sporadiquement. Brendan Canty a lui tenu la basse au sein de Garland Of Hours, pour le compte de Mary Timony, s’est remis à la batterie avec Bob Mould, pour finir à la guitare au sein de son nouveau groupe Deathfix. Après avoir sorti trois albums solo, Joe Lally vit désormais en famille en Italie et ne fait plus trop parler de lui. Plus mystérieux car discret, Guy Picciotto s’est investi dans la production (Blonde Redhead, Blood Brothers…) et n’est apparu en live qu’aux côtés de Vic Chesnutt après avoir participé à ses deux derniers albums.

Du haut de plusieurs tournées mondiales et quelques millions de disques vendus au jour d’aujourd’hui, Fugazi a donc su marquer les esprits par son approche novatrice et bruitiste du punk, ses compositions intelligentes, progressives et dissonantes, qu’il baignait volontairement d’un groove hérité du dub, voire du funk: une recette qu’il a fait évoluer durant six albums parus entre 1989 et 2002, un parcours hors du commun qui, un jour ou l’autre, devait forcément passer à la moulinette de nos fameux best of. Un exercice que l’on redoutait depuis le premier jour de cette rubrique, tant l’idée de devoir extirper dix titres (et pas un de plus) de cette discographie très majoritairement irréprochable paraissait peu concevable. Crève-coeur après crève-coeur, nous y sommes finalement arrivés, tout en ayant conscience qu’une dizaine d’autres sélections auraient été tout aussi plausibles. Et c’est tant mieux.

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