Best of – Dinosaur Jr en 10 titres et pas un de plus

L’immense carrière de Dinosaur Jr tient autant de la légende que des orages qui l’ont traversée. Fort d’une longévité qu’aucun autre groupe aussi sous estimé que lui n’a jamais atteint, c’est souvent en son sein que le trio a rencontré ses obstacles, notamment dans la personnalité quelque peu réservée et léthargique de son frontman J Mascis pour qui le projet a toujours été l’incarnation de sa voix, de son écriture et de ses compositions simples, exécutées à volume très élevé.

Formé en 1984 sur les cendres de Deep Wound, groupe punk hardcore dans lequel évoluait déjà Mascis et Lou Barlow (basse), ce n’est qu’un an plus tard que Dinosaur Jr sort son premier album avec Murphy à la batterie, cultivant en parallèle une réputation live qui contribue à le lancer sur de bons rails. En 1987, l’éminent label SST l’accueille pour la sortie de ‘You’re Living All Over Me’, un deuxième album porté par le single ‘Freak Scene’, tremplin rêvé pour mener un public grandissant jusqu’à l’accouchement de ‘Bug’ un an plus tard.

Plus encore que dans les années fastes des années 90 ou, porté par l’effet Nirvana, certains journalistes vont jusqu’à qualifier J Mascis de parrain du grunge, c’est là que Dinosaur Jr contribue à révolutionner l’inde rock, en injectant au genre des contours noise mêlés à des soli mélodiques : une approche que la bande de Kurt Cobain emprunta également un peu plus tard, de façon sensiblement différente pour incarner le mouvement et rencontrer le succès inter-planétaire qu’on lui connait. Paradoxalement, c’est à peu près à la même période que les premières tensions entre Mascis et Barlow apparaissent, sur fond de manque flagrant de communication. Le bassiste, quelque peu poussé par Mascis, quitte alors le navire pour se réfugier dans Sebadoh, laissant ses deux compères de longue date orchestrer une longue valse de remplaçants en attendant l’arrivée de Mike Johnson, puis fuir pendant quelques temps les feux de l’actualité. En 1991, Mascis accouche seul de ‘Green Mind’, premier opus du groupe pour le compte d’une major, suivi en 1993 de ‘Where You Been’ en 1993, porté par le single ‘Start Choppin’.

Murphy imite alors Barlow pour rejoindre The Lemonheads, suivi un peu plus tard de Johnson, désireux de se focaliser sur sa carrière solo. Seul donc, Mascis s’attelle à l’enregistrement de ‘Without a Sound’ qui peina à tenir les promesses des précédents disques, contrairement à un ‘Hand It Over’ salué par la critique mais au succès commercial très relatif. Peu de temps après, Mascis met fin à l’aventure, au grand regret des fans qui devront attendre 2006 pour revoir le groupe sur scène dans son line up d’origine, et envisager une suite à une discographie déjà conséquente.

C’est en 2007, avec ‘Beyond’, que la machine redémarre pour de bon, ouvrant bien involontairement le grand bal des reformations qui sévit encore aujourd’hui. Depuis, et alors que chacun des membres continue de s’atteler à ses propres projets, Dinosaur Jr ne compte pas moins que trois albums, dont le tout dernier – ‘Give a Glimpse Of What Yer Not’ – vient tout juste de sortir sans jamais afficher de signes de vieillesse. L’occasion de se repencher sur une discographie longue comme le bras, et d’en tirer dix titres essentiels. Et pas un de plus. Une sélection très personnelle qu’on vous laisse adouber/critiquer/compléter en commentaire.

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